« Il est temps que la cité boélande se place sur l’échiquier régional »

Le projet «Ville du Jeu» étant un objectif de cette législature, Vincent Bonvin est fier de pouvoir présenter ce projet, fruit d’une étroite collaboration avec les acteurs sociaux, culturels et économiques.  | N. Desarzens

La Tour-de-Peilz
Devenir la «Ville du Jeu»: c’est la volonté affichée des autorités. Dans cette perspective, elles soumettront une demande de 461’000 francs au Conseil communal le 24 juin prochain. Explications.

Imaginez une avenue de la Gare réaménagée avec du mobilier ludique, des jeux de boules en bois à disposition des enfants, une croisière ludique, ou encore une chasse au trésor à l’échelle de la ville. Si l’idée de faire de la commune une «Ville du Jeu» n’est pas nouvelle, celle-ci ayant déjà été évoquée à de nombreuses reprises au sein du Conseil communal et inscrite dans le plan de législature 2021-2026, cette ambition semble enfin se concrétiser.

«Les étoiles s’alignent, confirme Vincent Bonvin, municipal de la culture. Cela fait cinq ans que nous travaillons sur cette vision, en collaboration avec les différents acteurs institutionnels, culturels et économiques présents sur notre territoire. Il  est temps que La Tour-de-Peilz se place sur l’échiquier régional.» 

Justement féru de ce jeu de plateau, Vincent Bonvin souhaite positionner la ville comme une destination ludique. Encadrée de part et d’autre de Vevey, Ville d’images, et de Montreux, Ville de musique, la troisième agglomération du district est trop souvent considérée comme une «cité-dortoir». «Or, il y a là une complémentarité exceptionnelle. Cette vision permettra une intégration et une visibilité accrues de La Tour-de-Peilz dans l’écosystème de la Riviera», déclare l’édile vert.

En résumé: que le jeu, sous toutes ses formes, devienne un catalyseur d’attractivité, de cohésion sociale et de vitalité économique. 

Le château comme figure de proue 

Le Musée suisse du jeu, abrité au sein du château depuis 1987, est l’une des pièces maîtresses de cette stratégie ludique. Depuis l’arrivée de son nouveau directeur, Selim Krichane, en avril 2023, l’institution a presque triplé sa fréquentation. Et la nouvelle mouture du «Château des jeux» en un festival étendu sur trois jours fait ses preuves: l’événement a attiré quelque 10’000 visiteurs lors de sa deuxième édition l’an dernier. 

«C’est bien la preuve que le jeu au sens large attire du public, poursuit le municipal. Dès lors, nous souhaitons pérenniser le festival, en partenariat avec le musée et la bibliothèque-ludothèque l’ABCDé.» La troisième édition aura d’ailleurs lieu du 4 au 6 septembre 2026.

Bien que le musée soit un partenaire naturel et indispensable au projet «Ville du Jeu», la stratégie ne repose pas entièrement sur le rayonnement de ce dernier. «Des petits commerces à la promotion économique, tous les acteurs du terrain sont mobilisés pour ce plan d’action», relève Vincent Bonvin.

«Gamification» urbaine 

Centrée sur la population locale, l’idée n’est pas d’ériger la commune en «Disneyland de la Riviera». Cette stratégie veut au contraire créer du lien social et améliorer l’attractivité régionale. Un projet «gagnant-gagnant», selon la Municipalité. 

Menée par le bureau morgien Mayko, une étude permet d’établir une vision à moyen terme. Objectif? Que La Tour-de-Peilz soit la destination ludique de référence en Suisse d’ici à 2030. Des premières actions s’apprêtent à débuter dès cette année, notamment avec le réaménagement de l’avenue de la Gare, ou encore la création d’un «escape game» au sein de l’Hôtel Bon Rivage.

L’approche consiste à intégrer des mécanismes divertissants dans l’espace public, soit une «gamification» urbaine, afin de transformer l’expérience des usagers. «Jusqu’à présent, les initiatives ludiques demeuraient ponctuelles, sans réel fil rouge. Or, cette stratégie s’accompagne d’un plan d’action, souligne Vincent Bonvin. Nous avons des petits joyaux dans cette commune, et c’est important de les mettre en valeur, grâce à une mise en réseau.»

Un calendrier permet de se projeter sur ces cinq prochaines années, afin de concrétiser les 18 actions imaginées. Verdict le 24 juin prochain, lors du vote du Conseil communal.

 

Depuis son engagement sur les decks en 2020, Jean Juliachs n’a pas mis une seule fois les pieds dans l’eau. Les paris sont ouverts pour la saison 2026.  | N. Desarzens