Les deux cheminées de Tamoil ont été démolies à l’explosif

Hautes de 100 mètres, les deux cheminées de l’ancienne raffinerie ont été détruites jeudi 21 mai par explosifs.  | ElevateVision.ch

Collombey-Muraz
Érigés en 1963, ces derniers vestiges de l’ancienne raffinerie de pétrole ont été dynamités jeudi 21 mai. Retour sur un épilogue symbolique.

Il est 13h59 ce jeudi à côté des tennis de Collombey-Muraz, quand Patrick Frye reçoit par talkie-walkie le signal de la prochaine mise à feu des charges explosives, placées au pied des deux cheminées rouge et grise de l’ancienne raffinerie Tamoil. 

Le directeur opérationnel à l’international de Cardem, société française de déconstruction, dirige la manœuvre à 200 mètres des grandes colonnes, qui vont être détruites par 50 kilos de poudre insérés dans le béton, via 250 trous. 

Pour des raisons de sécurité évidentes, le survol de drones au-dessus de l’ex-raffinerie est strictement interdit et passible de sanctions. Les rues avoisinantes sont fermées entre 13h30 et 14h30 et sont quadrillées par les forces de police qui gèrent l’ensemble de la sécurité.

Il n’y a pas de vent, les conditions sont idéales. Afin de minimiser la dispersion de poussière, le pourtour des deux cheminées a été massivement arrosé. À 14h pétantes, les employés lancent un tir dit d’effarouchement, destiné à faire fuir la faune alentour. Quatre secondes plus tard, la première tour s’effondre sur le côté, direction Martigny, à la manière d’un arbre. Il ne faut pas plus de temps pour que la seconde passe de vie à trépas.

Phase finale du démantèlement

En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, c’en est fini des cheminées de l’ex-raffinerie pétrolière qui balisaient la plaine du Rhône. Situées dans le gigantesque périmètre de près de 150 hectares de la multinationale, elles étaient connues de tous les habitants et gens de passage. «Elles servaient encore de point de repère pour les aérostiers décollant de Château-d’Oex», informe Stéphane Trachsler, directeur général de Tamoil. 

Cette opération est la phase finale du démantèlement du site industriel, débuté en 2021. Quelques chiffres permettent de mesurer l’ampleur: les 54 citernes désossées avaient la capacité de 200 piscines olympiques! S’il avait été un temps question de conserver une des deux cheminées, témoin du patrimoine industriel chablaisien, «l’idée a rapidement été écartée, poursuit Stéphane Trachsler. Les constructions étaient beaucoup trop vétustes et auraient demandé un coût important pour leur maintien». Les gravats, 4’000 tonnes en tout, sont en cours d’évacuation par camions, via Aigle et Monthey. Le béton sera concassé et recyclé dans la construction.

La fin d’un symbole

Quelque 200 personnes étaient présentes pour assister à la destruction de ces tours: invités de Tamoil et de la Commune, écoliers en pause, employés, ainsi que les médias ont assisté en direct à la fin d’un symbole architectural du Chablais, construit il y a 63 ans. «C’est avec un brin de nostalgie que nous voyons ce dernier vestige de notre raffinerie disparaître, elle qui a contribué largement à l’activité économique de la région et à faire vivre de nombreuses familles durant presque six décennies», dit encore Stéphane Trachsler.

Conjointement avec le dirigeant, le président de la Commune de Collombey-Muraz, Olivier Turin, a pointé vers l’avenir. «Un nouveau départ se profile, avec l’exploitation future de ces immenses parcelles, dont Tamoil, très majoritairement, et notre Commune sont les seules propriétaires.»

Un plan directeur a été dévoilé il y a des années déjà. Ce dernier est évolutif et devra tenir compte de l’évolution de la pollution dans la région, notamment celles des PFAS, et de la correction du Rhône. «L’idée est d’attirer des entreprises locataires actives dans les nouvelles technologies. La zone est identifiée comme stratégique pour toute la Suisse. La mobilité douce en sera l’un des maîtres-mots», résume l’édile.

Si une poignée d’entreprises a déjà fait part de son intention de s’installer rapidement sur le territoire de feu la raffinerie Tamoil, il faudra, outre la gestion de la pollution et le remodelage du fleuve, attendre de connaître les règles d’implantation qui seront contenues dans le Plan d’affectation cantonal. Il sera dévoilé normalement d’ici à la fin de l’année.

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