
Au départ de Montreux, le nouveau marathon des Rochers-de-Naye propose une boucle exigeante de 42 km pour 3’088 mètres de dénivelé. En clair: ça grimpe fort et ça descend raide. | DR
Les 6 et 7 juin prochains, les départs auront lieu, non pas devant la gare comme d’habitude, mais à la place du Marché. C’est important?
– Oui, absolument. Le Marché couvert est aussi emblématique de Montreux que la statue de Freddie Mercury, par exemple. On va pouvoir y faire vivre le village de départ.
Autre nouveauté: la course sera répartie sur deux jours, avec, avant La Classique de dimanche, un marathon le samedi. Une grande première.
– C’est le fruit d’un travail de deux ans. Les coureurs emprunteront un beau parcours de 42 km pour un dénivelé de 3’088 mètres, alternant montées et descentes. Au lieu d’aller jusqu’aux Rochers-de-Naye, ils bifurqueront vers Les Avants, passeront notamment par les Cols de Soladier et de Jaman, puis retour en plaine à Veytaux pour rejoindre Montreux.
Surfez-vous sur la mode des trails?
– Oui, mais c’est un trail accessible de 42 km qui n’a rien d’extravagant, circoncis à la région. Pas de 300 ou de 400 km comme cela se fait ailleurs. Nous sortons de nulle part, nous devons encore nous faire connaître. Alors que l’objectif pour cette première est d’attirer 200 coureurs, nous étions déjà à 171 inscrits à deux semaines du départ, c’est encourageant.
Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette aventure en 2018?
– C’est à la suite d’un repas avec Francis Brülhart, le créateur et l’âme de Montreux-les Rochers-de-Naye. Il avait peur de voir sa course mourir, faute de trouver un successeur. Enfant de Montreux, je me suis lancé.
Vous êtes coureur vous-même?
– Pas du tout! Je n’ai même aucune affinité avec la course à pied. Quand je jouais au foot, je détestais tout ce qui était condition physique. Mais j’aime découvrir de nouveaux environnements. Sans projet, j’ai l’impression de végéter, de m’endormir.
Parmi les nouveautés que vous avez lancées, il y a la Hike and Fly depuis 2024, combinant course à pied et vol libre.
– Alors que 2018 a été une année record pour notre course, avec 1’280 inscrits, le nombre a chuté à 400 en 2021, après le Covid. Les gens se déshabituent très vite. Il s’agissait donc de ne pas laisser la course pécloter, de lui donner une image plus «fun», et la Hike and Fly y a participé. Sonchaux étant un spot très connu du vol libre, c’est comme ça que l’idée m’est venue. Depuis 2024, ils sont une trentaine à s’élancer dans les airs depuis les Rochers-de-Naye, atteints à la force du mollet. Nous approchons les 900 participants cette année. Au niveau financier, nous avons ainsi un petit coussin de sécurité.
Autre nouveauté: La Directissime introduite l’an dernier, sur le secteur le plus pentu entre Caux et le sommet.
– Pour capter de nouveaux coureurs, l’idée de départ était de créer un kilomètre vertical, des courses très tendance aujourd’hui. Mais l’appellation est soumise à des règles très strictes, à savoir 1’000 mètres de dénivelé pour 5 kilomètres au maximum, ce que notre topographie ne permet pas. La Directissime fait quand même 970 m de dénivelé pour 5,5 kilomètres, en longeant la ligne de chemin de fer. C’est raide et très physique, croyez-moi!
L’atout numéro un de votre course réside forcément dans son décor de rêve, entre lac et montagne. Recevez-vous de nombreux témoignages à ce sujet?
– On me dit que Montreux est la plus belle ville du monde, ce que j’approuve totalement. De là, les coureurs s’attaquent non pas à une petite colline, mais à une vraie montagne. Les gens apprécient aussi beaucoup la super ambiance créée par nos bénévoles aux différents points de ravitaillement.
Combien sont-ils?
– Tout le monde est bénévole, y compris le comité. Le jour de la course, ils sont entre 120 et 150 sur le parcours. Sans eux, rien ne serait possible. Traditionnellement, le dimanche soir après la course, un repas les réunit à l’Hôtel Suisse Majestic. C’est moi qui sers les boissons à toutes les tables, quitte à recevoir quelques reproches du personnel à qui je vole le travail. C’est ma manière de dire merci. Au moment de prendre la parole, je suis toujours très ému.
Vous quitterez la présidence l’an prochain, lors de la 45e édition. Quel est le souvenir le plus fort que vous en garderez?
– Il y en a tellement que je n’arrive pas à en sortir un en particulier. Je citerais plutôt ce moment si particulier lorsque de la voiture de tête, j’entends le coup de pistolet du départ à 7h30 le dimanche. On met beaucoup d’énergie depuis septembre, et là, tout à coup, j’ai le sentiment d’avoir vraiment accompli quelque chose.
