«Prévenir les violences sexuelles relève de notre responsabilité»

Les prépartifs du Giron du Chablais (1-5 juillet) vont bon train à Aigle. Au-delà de l’aspect infrastructures, les organisateurs disent avoir aussi à coeur de soigner le volet préventif sur le front des risques des violences sexuelles.  | K. Di Matteo

Giron du Chablais
Le harcèlement dont sont victimes des femmes dans le cercle des Jeunesses inquiète, après une enquête du quotidien 24heures. Quelles mesures sont prévues à Aigle où près de 35’000 personnes sont attendues du 1er au 5 juillet?

Les préparatifs du Giron du Chablais, qui aura lieu du 1er au 5 juillet dans un champ du syndic Grégory Devaud, «sont dans la dernière ligne droite», selon Alexandre Begon, président du comité d’organisation. Le site avance bien, le carnet de fête est prêt, la communication bat son plein, près de 35’000 personnes, selon l’affluence attendue, trépignent à l’idée de festoyer au chemin des Combasses, non loin de l’autoroute A9.

Mais au-delà de l’énorme logistique à prévoir pour ce type de manifestation, un autre volet occupe l’esprit des membres des huit Jeunesses campagnardes de la plaine qui portent le projet: celui de la prévention contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. Pointées récemment par une vaste enquête du quotidien 24heures, avec force de témoignages, elles sont revenues de plus belle dans le débat sur les discriminations dans le milieu des Jeunesses.

Évolution des mentalités

Alexandre Begon se dit, à l’instar de toute l’équipe du Giron, «parfaitement conscient du problème». «Il est inutile de faire comme si cela n’existait pas, même si une minorité de harceleurs fait du tort à l’image de l’entier des Jeunesses. Ces violences font partie des formes de danger auxquelles nous devons faire face, au même titre que les drogues ou l’alcool, et c’est une thématique que nous avons empoignée il y a déjà quelques années. Elles tendent à faire passer les Jeunesses pour un milieu qui n’évolue pas, mais c’est faux. Nous faisons le maximum pour les prendre en considération, il en va de notre responsabilité.»

Le volet préventif fait du reste partie intégrante du cahier des charges imposé pour ce type de manifestation par la Fédération vaudoise des jeunesses campagnardes (FVJC) et tout un train de mesures est prévu, assure le président. Quelles sont-elles?

La plus importante est le dispositif d’aide discrète «Angela». Le principe? Si une personne se sent harcelée, suivie, menacée ou simplement mal à l’aise, elle peut s’adresser à un membre du personnel et «demander Angela». Quelque 1’500 bénévoles des Jeunesses ont du reste reçu des cartes de visite avec les grands principes du dispositif. Ce dernier est parfois tourné en dérision, mais il a fait ses preuves dans des festivals, tels que le Montreux Jazz ou le Paléo, assure la FVJC.

«Durant le giron, nous prévoyons aussi des panneaux, reprend Alexandre Begon. Certains trouvent que le ton humoristique dessert le message, mais je ne suis pas d’accord. Ce sont des messages et des slogans qui utilisent les codes de communication des jeunes. L’humour a plus d’impact, il permet de discuter.»

Parmi les autres mesures, il ajoute des campings éclairés, des rondes d’agents de sécurité, un personnel sensibilisé ou encore une «safe zone» avec canapés, où les potentielles victimes peuvent être accueillies.

Premières mesures en 2019

Du côté de la FVJC, le vice-président Corentin Zingg rappelle que les premières actions datent de 2019, avec des émissions de radio notamment, pour créer le débat sur des thèmes comme les violences et le harcèlement. «La présidente Lucie Theurillat (ndlr: 2022-2025) avait même fait de la lutte contre les inégalités et discriminations sous toutes ses formes son cheval de bataille.»

Le vice-président tient donc à s’inscrire en faux lorsqu’il a pu lire ou entendre que les Jeunesses cherchent à favoriser une «omerta» sur le sujet des violences faites aux femmes, soit une forme de loi du silence. «Au contraire, nous les combattons, comme il est de notre devoir, en termes de prévention également. Ce sont des jeunes, souvent des ados, en pleine construction et nous avons le devoir, non pas de les éduquer, mais de les informer et de leur mettre à disposition des outils, sans être juge ou policier.»

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