
Un double toboggan offre une nouvelle dose d’adrénaline aux visiteurs. | Salines Suisses
«L’or blanc n’a pas fini de faire briller les Alpes vaudoises», s’exclame la présidente du Conseil d’État vaudois, Christelle Luisier Brodard. Cette fois-ci, on parle bien ici de sel et non de neige.
Vendredi dernier, les Mines de Sel de Bex ont officiellement inauguré leur nouveau parcours de visite. Les travaux, entamés en novembre 2025, ont permis d’entretenir les infrastructures souterraines et de rénover le train des mineurs, mais surtout de repenser l’expérience proposée au public.
«Notre ambition était de concevoir une expérience capable d’émerveiller tous les publics, des plus jeunes aux adultes», explique Andreas Baud, directeur adjoint des Salines Suisses. Pendant les sept mois de chantier, le site est toutefois resté ouvert grâce à un parcours temporaire.
Ça glisse et ça explose!
Ce jour-là, dans l’obscurité des entrailles rocheuses, les partenaires et les autorités bellerines et cantonales ont pu découvrir en avant-première le nouveau circuit. En tête du cortège, Christelle Luisier Brodard a ouvert la marche, suivie du président du Grand Conseil, Stéphane Montangero, et du syndic de Bex, Alberto Cherubini.
Du processus de fabrication aux anecdotes inédites, le guide Pascal a su immerger les visiteurs dans ce monde souterrain avec un sens du récit bien rodé. Dans une première salle plongée dans la pénombre, une roche illuminée devient pièce maîtresse. Grâce à un jeu de lumières soigneusement orchestré, une pierre d’apparence banale est valorisée. C’est de ce type de roche qu’est extrait le précieux sel. Plus loin, la Salle des fondateurs met en scène les figures marquantes de l’histoire du site.
Puis place aux sensations avec la nouveauté phare: le double toboggan. Les invités s’élancent à tour de rôle. «Ça y va dis donc!», lance l’un d’eux. Puis à l’heure de parler des forages, Pascal sort une fameuse poudre noire. «Vous voulez voir comment ça pète?» Sous les regards amusés des invités, une explosion est simulée à l’aide d’effets sonores et lumineux qui résonnent dans la galerie.
Quelques mètres plus loin, une petite fontaine permet de goûter la saumure. «Seulement du bout des doigts, si vous ne voulez pas finir aux toilettes», plaisante le guide. La conseillère d’État se lance la première. «Ah oui, quand même!», réagit-elle aussitôt en plissant les lèvres face à l’intensité du goût salé.
170’000 visiteurs espérés
Cette inauguration s’inscrit dans le projet Salina Helvetica, porté par Salines Suisses, afin de valoriser le patrimoine salin du pays. Cette première phase de transformation des mines bellerines a représenté un investissement de 15 millions de francs. Mais il ne s’agit que d’un début. Deux phases supplémentaires seront consacrées aux nouveaux aménagements extérieurs et à la mobilité du site (voir encadré).
Pour 2028, les Mines prévoient par exemple une gare qui permettra aux visiteurs d’entrer directement dans le site à bord du train des mineurs, sans devoir effectuer le trajet à pied comme aujourd’hui. Sur ce plateau, une «Place des cantons», ornée des 26 drapeaux, devrait également voir le jour. Enfin, la maison bernoise sera rénovée, tandis que de nouvelles animations destinées aux familles viendront compléter l’offre pour «susciter des émotions».
Dernière mine en activité du pays, le site accueille aujourd’hui 85’000 visiteurs par an. À terme, Salines Suisses ambitionnent de doubler ce chiffre.
Le calendrier ne pouvait guère être plus favorable. Deux jours avant cette inauguration, le Conseil communal bellerin a accepté un préavis sur la modification du Plan d’affectation des Mines de Sel du Bouillet. L’objectif est de repenser entièrement l’accueil des visiteurs et la mobilité. «Le Plan partiel d’affectation actuellement en vigueur, adopté en 2006, ne permet plus de répondre de manière satisfaisante aux besoins actuels», précise le préavis. L’accès aux Mines sera donc métamorphosé: à l’avenir, les visiteurs ne pourront plus s’y rendre directement avec leur véhicule motorisé. Ils seront invités à venir en train ou en voiture en stationnant à la gare de Bex, où un parking communal est prévu, avant de rejoindre le site en navette. Le trajet en bus serait directement intégré au billet d’entrée. La route actuelle, trop étroite et sujette aux éboulements, sera remplacée par une nouvelle, située à l’ouest, du côté de la Gryonne. Celle-ci permettra notamment une meilleure circulation des vélos. Le parking existant sera dévolu aux stationnements de courte durée pour des achats à la boutique, ainsi que pour les employés. Les flux de circulation seront séparés, afin de libérer le plateau touristique de la présence de véhicules motorisés. À noter que ce projet a fait l’objet de deux oppositions. Celle du collectif d’habitants des Dévens a été retirée, tandis qu’un accord a été trouvé avec l’Association transports et environnement (ATE), selon le futur syndic Michael Dupertuis.
