Ollon réfléchit à la pose de caméras

Le sujet de l’installation de caméras de surveillance sur le territoire d’Ollon est de retour au Conseil communal d’Ollon, 14 ans après un premier refus en votation populaire.  | Adobe Stock

Vidéosurveillance
Un postulat PLR demande à la Municipalité l’étude de la pertinence d’un tel dispositif à Villars et Ollon et, si oui, où précisément.

Quatorze ans après, les choses ont-elles changé? En décembre 2012, le Conseil communal d’Ollon refusait de débloquer 323’000 francs pour installer 26 caméras destinées à lutter contre les incivilités à Villars. Le 12 juin dernier, lors de sa séance extra muros au Parlement vaudois à Lausanne, l’assemblée boyarde a rallumé le débat en acceptant à une large majorité un postulat du PLR Grégory Méan demandant d’étudier «sérieusement l’opportunité d’installer un système de vidéosurveillance dans les secteurs sensibles» sur sol communal.

Celui qui est également directeur de l’école privée La Garenne, à Villars, pointe notamment des rues commerçantes, les gares, certains parkings publics et autres «espaces exposés aux incivilités». S’il se dit convaincu que «la vidéosurveillance ne doit pas remplacer la présence humaine ni le travail de proximité des polices, elle peut constituer un outil complémentaire moderne et proportionné».

Recrudescence des cas vaudois

Dans son argumentaire, il invoque les dernières statistiques de la Police cantonale, qui montrent une recrudescence sur le plan vaudois, ou le fait que «de nombreuses Communes suisses ont progressivement développé des dispositifs de vidéosurveillance ciblés». D’autres ont toutefois dit non, comme Vevey en votation populaire, en juin 2025.

Avec ce texte accepté par près de deux tiers des élus, la Municipalité a donc mandat de poser un diagnostic, proposer un dispositif et d’en estimer le coût. Pour le syndic Patrick Turrian, ne pas prendre en considération l’idée d’une étude aurait constitué un déni de sécurité vis-à-vis des habitants de la commune.

Un avis qu’il a exprimé et qui a, aux dires de plusieurs élus, tué le débat dans l’œuf. «Je suis resté sur ma faim, lance notamment Léonard Farine (Verts). Mais nous aurons l’occasion d’en débattre vraiment quand une proposition sera présentée.»

«Disproportionné»

Sylvie Progin (PS) a été la seule à s’opposer ouvertement au principe de vidéosurveillance. «J’ai repris les chiffres de nombre de délits pour Ollon sur le site de l’État de Vaud et ils disent que la tendance est au contraire baissière, explique-t-elle. J’ai analysé depuis 2017, et 2025 est même la 2e année la plus tranquille.»

Au-delà de ces chiffres, la socialiste conteste la pertinence d’un recours aux caméras. «Toutes les études montrent qu’elles n’amènent rien. En 2012, les débats avaient été longs, les arguments les mêmes et les caméras avaient été refusées. Déjà alors, l’inquiétude venait surtout de commerçants et d’écoles privées. S’ils veulent installer des caméras dans leurs vitrines ou locaux, il n’y a rien à redire, mais imposer un tel système à toute la population, c’est totalement disproportionné.»

Du côté de l’UDC, on est au contraire persuadé que l’idée vaut la peine d’être creusée. «La Commune a été le théâtre d’une dizaine de cambriolages ce printemps, dont plusieurs commerces, ajoute le conseiller communal Oscar Bonzon, qui sera municipal à partir de la semaine prochaine. Ce n’est pas dramatique, mais ce n’est pas rien non plus, sans parler d’incivilités régulières. Nous sommes d’avis qu’il faut étudier la chose.»