
À l’instar de ses homologues suisses, le barrage de l’Hongrin, à La Lécherette, doit concilier avec des niveaux d’eau très bas. | DR
La situation du barrage de l’Hongrin colle on ne peut mieux au titre de cette rubrique: sur le fil, en termes de niveaux d’eau. À l’instar de la plupart des centrales hydro-électriques de Suisse, les taux de remplissage sont bas cet été, voire très bas. En cause, évidemment, le changement climatique et de trop faibles précipitations hivernales.
Une situation que Nicolas Rouge, responsable de la société Forces Motrices Hongrin-Léman (FMHL), qui exploite le barrage, observe depuis 2-3 ans. «Nous sommes tributaires des apports naturels, mais nous avons heureusement cette particularité de pouvoir pomper l’eau du Léman jusqu’à l’Hongrin, afin de le remplir. Malgré cela, en ce moment, au vu des demandes en énergie, nous ne parvenons pas à remonter le niveau autant que nous le voudrions.»
Résultat: là où il devrait refaire le plein périodiquement, le lac en est à 40% de sa capacité maximale, alors qu’en moyenne décennale il devrait être à plus de 60%. «Il nous faudrait dix jours complets sans turbiner pour pouvoir le remplir, mais la demande est telle que ce n’est pas possible», reprend Nicolas Rouge.
Or, même s’il sert d’appoint aux structures dites «prioritaires» comme la Grande Dixence et autres centrales nucléaires ou parcs éoliens, le barrage de l’Hongrin, mis en service en 1970, ne produit pas moins de 700 millions de kilowattheures annuels (l’équivalent de la consommation de 150’000 ménages), via 8 kilomètres de galeries jusqu’au Léman et aux usines de Veytaux, avec un dénivelé de 900 mètres de chute pour produire le courant. Sa «double voûte» haute d’une centaine de mètres – techniquement, les barrages sont au nombre de deux, chacun courbé dans la verticalité et l’horizontalité – retient 52 millions de m³ d’eau à 1’255 mètres d’altitude.
Entre turbinage et pompage, les FMHL font donc le maximum. Elles espèrent pouvoir réapprovisionner suffisamment leur lac d’ici à fin septembre, lorsque le besoin en énergie repartira de plus belle avec l’arrivée de l’automne. Mais qui sait: elles devront peut-être attendre la fin de l’année et la quinzaine des Fêtes pour avoir suffisamment les coudées franches, afin d’envisager un remplissage complet. «Durant les Relâches, les industries sont toutes fermées et toutes les grandes centrales productrices disponibles, explique le responsable. L’été, au contraire, est marqué par une production photovoltaïque importante, mais aussi par l’arrêt de nombreuses installations pour l’entretien et la maintenance, notamment les centrales nucléaires en Suisse.»
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