
Le MhV conserve depuis plus de 100 ans une collection de clés, serrures et coffrets anciens. Réuni au 19e siècle par le Veveysan David Doret et légué au musée en 1913, cet ensemble figure parmi les plus remarquables de Suisse. Aujourd’hui, alors que la clé tend progressivement à se dématérialiser sous la forme de cartes, de codes ou d’identifiants numériques, il est essentiel – et c’est là l’une des missions du Musée historique de Vevey – de conserver et présenter ces objets qui, sous leur forme matérielle, appartiendront peut-être bientôt au passé», déclare Fanny Abbott, la directrice de l’institution.
Collectionneur invétéré et grand connaisseur du Fonds Doret, Jean-Josef Brunner a enrichi cette anthologie depuis 10 ans. Ce retraité de Lyss (BE) a fait don en deux fois de 90 clés en tout, toutes époques confondues. Le Seelandais rassemble depuis 70 ans ce si précieux élément du quotidien. «Un peu par hasard. J’avais 23 ans quand ma maman, originaire de Sion, m’a donné une clé magnifique d’une cave à vins. Ma passion est née ce jour-là. J’ai arrêté le reste.»
Lui qui possède plus de 300 passe-partout vient de prêter un nouveau pan important de sa collection. Ce dernier fait la part belle aux clés médiévales et d’église. «J’ai choisi les plus belles.» Le musée veveysan les présente dans deux nouvelles vitrines.
Tout un symbole
«La clé est un objet symbolique synonyme de liberté, d’indépendance, d’ouverture sur les autres. On l’évoque depuis Saint-Pierre et l’accès vers le paradis, aussi dans de nombreuses coutumes à travers les siècles. Au Moyen Âge, les autorités remettaient celles de la ville aux envahisseurs, afin que les murs ne soient pas incendiés et la population massacrée», détaille Jean Josef-Brunner, qui a consacré des livres à sa marotte.
Le prêt actuel fait donc la part belle aux clés médiévales et d’église. «Les premières témoignent de l’évolution des formes et du décor pendant le Moyen Âge, de l’époque carolingienne au XVe siècle, tandis que les secondes révèlent la dimension religieuse et symbolique de l’objet, à travers leur fonction de protection de lieux sacrés et les motifs inspirés de la foi chrétienne qui les ornent», résume Fanny Abbott.
Finalement, cette nouvelle présentation permet d’aborder l’objet comme un instrument technique, «mais également comme un objet esthétique, porteur de sens, qui est sacré. Comme l’autel, les reliques, les objets liturgiques, le trésor paroissial», conclut la directrice.
Welcome Back 👋
Sign in to access your account and continue where you left off.
Welcome aboard 🚀
Create your account to access everything you need.
