Lorent Tolaj se rapproche de la Premier League anglaise

Lorent Tolaj a marqué 22 buts la saison dernière!  | DR

Football
Transféré à Bristol pour plus de 4 millions cet été, le Montheysan de 24 ans a fait ses débuts samedi en Championship, un tremplin vers la Premier League. Il est tout près de réaliser son rêve de gosse, après bien des galères. Bientôt l’équipe suisse? Il raconte.

Le Montheysan Lorent Tolaj a toujours rêvé de jouer un jour en Premier League, le plus prestigieux des championnats, et à 24 ans ce rêve n’est plus très loin aujourd’hui. Samedi dernier, l’attaquant chablaisien a fait ses grands débuts en Championship, la 2e division britannique, avec Bristol City. Un grand moment, même si son équipe chez elle s’est inclinée 0-2 face à Millwall, 3e la saison dernière. «On a bien commencé, puis il y a eu une expulsion et la partie a complètement changé. Mais le championnat est long, il nous reste 45 matches», nous glisse Lorent le lendemain. La ferveur si britannique de l’Ashston Garden ne l’a pas déçu. «Il y avait plus de 20’000 spectateurs, c’était bruyant, très fort.» Titularisé à son poste d’avant-centre, Lorent n’a pas réussi à inscrire un but, sa marque de fabrique, un don depuis toujours. «Mais j’ai été à l’origine de deux ou trois jolies combinaisons.» Lorent Tolaj avait 16 ans à peine quand il a quitté les juniors du FC Sion pour rejoindre ceux de Brighton, le club de Premier League. Malgré les galères, qui l’ont même relégué en 5e division à 21 ans, il n’a jamais baissé les bras. Et cet été, son transfert de Plymouth Argyle en 3e division à Bristol pour 4,5 millions de francs, ce qu’aucun club en Suisse ne pourrait s’offrir, a récompensé sa persévérance. «Lorent a été tout en bas et aujourd’hui, il est très, très haut», se félicite Brahim, son papa, propriétaire d’une carrosserie à Bex, qui a toujours soutenu son fils. Le montant du salaire de Lorent à Bristol? «87’000 francs mensuels!», confie le papa, non sans fierté. «Je suis content pour moi, mais aussi pour ma famille», ajoute l’avant-centre chablaisien.

Composée de clubs bien connus du foot mondial, comme Ipswich Town, Southampton ou Derby County, dotés de budgets inatteignables en Super League suisse, la deuxième division anglaise baptisée Championship, très médiatisée Outre-Manche, est l’antichambre de la Premier League, un tremplin idéal. «À moins d’un gros pépin physique, d’une blessure - et je croise les doigts, Lorent va y arriver», déclare le papa. 

Un buteur dans le sang

Si le Chablaisien a été sollicité par Bristol, douzième la saison dernière de la Championship, mais aussi par d’autres clubs de renom cet été, c’est grâce à une dernière saison de feu avec Plymouth Argyle, où il a signé pas moins de 22 buts! Marquer, il toujours eu ça dans le sang. «C’est son truc, il sait se placer dans la surface, attirer les ballons», souligne son papa, qui fut son premier entraîneur en junior à Monthey. Avec l’équipe suisse des M19, il avait, par exemple, empilé huit buts à lui seul lors d’un match contre Gibraltar, un record. «Cet instinct de buteur, je l’ai en moi, mon poste c’est le numéro 9, j’ai toujours joué en pointe», enchaîne Lorent.

À 16 ans, si jeune, il n’a pas hésité une seconde quand il a reçu des offres d’Angleterre. «J’ai dit oui direct. L’Angleterre, c’est le pays du foot par excellence. Je voulais me challenger avec les meilleurs, même si je savais que je prenais un risque.» Peu après son arrivée à Brighton, deux blessures l’ont écarté des terrains pendant plus de dix mois. Puis le club s’est contenté de le prêter, quatre saisons durant, à des équipes de seconde zone à travers tout le pays, jusqu’à la fin de son contrat en 2023. Sans club, au fond du trou, la tentation de rentrer en Suisse l’a alors taraudé et c’est Brahim le papa qui l’a persuadé du contraire. «J’ai passé quatre jours seul avec lui en Angleterre, en lui faisant comprendre que quitter ce foot-là signifiait un rêve envolé à jamais, que cela allait bien finir par tourner.» Le fils l’a entendu. «Rentrer m’aurait détruit intérieurement.» C’est alors, faute d’autre choix, qu’il s’est retrouvé à Aldershot, en 5e division, tout en bas de l’échelle. Avant de rebondir, et comment!

Soutien familial

Sa famille a toujours été derrière lui, dans les bons comme dans les mauvais moments. «Quand Lorent a quitté la maison à 16 ans, ma femme et sa sœur aînée sont restées une année et demie avec lui en Angleterre, alors que je m’occupais de la carrosserie avec Valon, mon fils aîné», raconte le papa. 

Aujourd’hui, au vu d’une cote en hausse constante, l’équipe suisse n’est plus une utopie pour ce chasseur de buts, si rare dans le foot. «C’est clairement un objectif que j’ai dans ma tête, poursuit Lorent. J’espère qu’on me donnera une opportunité. Plus jeune, j’ai porté le maillot de toutes les sélections suisses des M15 aux M19.»

Même s’il en est parti voilà huit ans, le Chablaisien reste très attaché au Monthey de son enfance. «Dès que j’ai trois-quatre jours de libre, j’y retourne pour voir ma famille, mes amis. Monthey restera toujours ma ville.»

GALERIE