Le centre de natation à 59 millions fait débat

Le projet Papillon, qui comprend un centre de natation et une triple salle de sport, sera soumis au vote le 27 septembre.  | D4 Atelier d’Architecture SA/Image de synthèse

Châtel-Saint-Denis
Le projet de nouveau complexe sportif a été soumis aux questions du public. Ses porteurs en défendent la nécessité avant la votation du 27 septembre.

La facture fait réfléchir, mais ne semble pas effrayer. Mercredi soir 2 septembre, à l’Univers@lle de Châtel-Saint-Denis, une centaine de personnes ont profité d’une séance d’information pour examiner dans le détail le futur complexe sportif.

Coûts, déficit d’exploitation, accès des écoles éloignées ou encore tarifs des salles ont nourri les échanges, sans faire émerger de véritable opposition au projet. Le crédit de 59 millions de francs sera soumis au vote le 27 septembre. Les porteurs du projet ont répondu aux interrogations, tout en rappelant le besoin de cet investissement pour la Veveyse (voir édition 261, 08.07.26).

Coût annuel

Le point ayant suscité le plus d’interrogations est celui du déficit d’exploitation, «car une piscine ne rapporte pas d’argent», a rappelé Savio Michellod, président de l’Association des communes pour le Cycle d’orientation de la Veveyse (ASSCOV). Les écoles, les clubs, les prestataires privés et les usagers constituent les principales sources de recettes, avec un tarif préférentiel pour les habitants du district. 

«Le déficit d’exploitation est estimé de 200’000 à 500’000 francs par an, selon la fréquentation des Veveysans et des classes. Le centre compte aussi employer 8,6 équivalents plein-temps», a précisé Dominik Hugi, spécialiste en infrastructures sportives et cofondateur de Synergies Sports.

«On a vraiment poussé la réflexion sur le fonctionnement du centre et approfondi le calcul des frais d’exploitation. Cela nous permet d’avoir une estimation relativement précise de ce que le projet coûtera aux Communes chaque année une fois réalisé», a assuré Savio Michellod. 

Pas d’impact sur les impôts

Les dépenses annuelles, estimées à 3,5 millions de francs sur la base haute de 500’000 francs de déficit annuel, seraient par ailleurs supportables sans augmentation d’impôts au regard des comptes 2025 cumulés des neuf Communes du district, qui affichaient un bénéfice de 5 millions de francs. «Ce projet n’entraînera pas une hausse d’impôts, les faits et les chiffres actuels nous démontrent le contraire», a appuyé le président de l’ASSCOV. 

Il a également listé plusieurs garde-fous, à commencer par le respect du budget total de 70,5 millions de francs. S’y ajoutent un objectif de réduction des coûts de 4,5 millions, le respect de la limite d’endettement de l’ASSCOV et la transparence.

En cas de oui dans les urnes, la mise à l’enquête est prévue en 2027. Les appels d’offres s’échelonneront entre 2027 et 2029, tandis que les travaux devraient se dérouler de 2028 à 2031. La mise en service du complexe est prévue au deuxième semestre 2031.