
Filipe Fernandes, président du CS Ollon, continue d’espérer en un deuxième terrain de foot à onze pour soulager le club et lui permettre d’assurer plus sereinement tous les entraînements et matches du club. | K. Di Matteo
L’herbe du stade des Verchy, à Ollon, est jaune et famélique à certains endroits. La faute à la canicule. La pelouse impeccable qui a vu s’affronter le FC Sion et Etoile Carouge le 27 juin en match de gala pour les 80 ans du club local, puis Servette et l’Olympique Lyonnais à huis-clos une semaine plus tard, n’est en tous les cas plus qu’un souvenir.
Président du CS Ollon, Filipe Fernandes fait confiance aux talents de la voirie d’Ollon pour donner le maximum, «mais selon l’évolution de la situation, la Commune pourrait nous demander de ne plus y jouer ou s’y entraîner pendant quelques semaines». Or, le club ne dispose que de ce terrain à onze pour ses équipes juniors et d’actifs.
Il y a deux ans, tous ses espoirs reposaient sur la votation populaire, consécutive au référendum lancé contre le projet de réaménagement de l’ensemble du complexe sportif des Verchy. Celui-ci incluait une deuxième aire de jeu, en lieu et place du petit terrain d’athlétisme cher aux écoles et sportifs amateurs. La campagne des riverains et autres opposants avait toutefois abouti à un résultat sans appel: 2’076 non au projet pour 745 oui.
Pour ne rien arranger, le Mérinat, le terrain d’entraînement en bordure du principal, a cédé la place à un parking du collège et n’a jamais été compensé. Julia Macheret, municipale de l’aménagement du territoire et du sport, n’a toutefois pas oublié l’idée. «Dans le cadre de l’évolution du secteur Perrosalle–Verchy, nous pourrions retrouver une surface engazonnée et plane qui offrirait une possibilité supplémentaire d’entraînement, pas nécessairement un terrain homologué pour des matches, mais une surface sportive qui pourrait convenir à différents utilisateurs: le foot, l’école, la crèche.»
Redimensionnement forcé
Depuis la votation du 22 septembre 2024, le CS Ollon «a donc dû se redimensionner et freiner un peu le développement, notamment d’une équipe féminine», explique le président. Sans surprise, les effectifs s’en sont ressentis, certains et certaines préférant aller là où l’herbe est plus verte.
Ledit coup de frein s’est traduit par la suppression de l’équipe de juniors A, dont l’effectif a intégré l’une des deux équipes d’actifs évoluant en 5e ligue. Idem pour celle de juniors B, une mauvaise surprise due à des départs en série.
Ces dernières années, le CS Ollon a tenté la carte de location de créneaux horaires sur le terrain d’Yvorne, puis à Aigle, «mais les enfants rechignaient à aller à Yvorne, et à Aigle, on nous a dit que c’était déjà assez difficile à tourner comme ça avec leurs propres équipes», reprend Filipe Fernandes.
Pour le président, «l’objectif reste quand même, dans un futur assez proche, qu’on puisse construire un terrain synthétique à onze. L’été, ça va, mais l’hiver, quand il pleut fort 3-4 jours, la Commune nous dit d’arrêter, de repousser des matches, qu’il faut récupérer en soirée de semaine, ce qui n’est pas simple et ne ravit pas le voisinage…»
Un vague espoir
Du côté de la Commune, on ne veut pas donner de faux espoirs. «Nous sommes en contacts réguliers avec le club, mais la Municipalité lui a signifié qu’il n’était plus question de représenter un projet de terrain synthétique au vu de la volonté exprimée par la population et la clarté du résultat de septembre 2024, lance Julia Macheret. Il est acté que nous allons continuer de valoriser les infrastructures actuelles, tout en continuant de réfléchir à la suite.»
Selon l’élue, un budget majoré de 10% a été prévu pour l’entretien et des créneaux horaires gratuits sont prévus dans la nouvelle salle de gym triple pour la préparation d’hiver. Mais pas de nouvelle aire de jeu en vue. «Nous ne disposons de quasiment plus aucun terrain affecté à de l’activité d’utilité publique, d’autant plus après l’adoption du nouveau Plan d’affectation qui nous a contraints à réduire notre potentiel de construction.»
Deux maigres pistes demeurent toutefois, à moyen terme. «Les discussions au niveau du Canton sur une modification de la Loi sur l’aménagement du territoire (LAT) pourraient voir certaines parcelles agricoles affectées en zone d’utilité publique, mais rien n’est acquis.»
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