Il remporte le titre pour sa petite sœur disparue

Malgré son deuil, Keylan Dubuis a tenu à participer aux Championnats du monde de hip-hop freestyle. Et il a remporté sa catégorie!   | International dance organization

Hip-hop
Keylan Dubuis, d’Ollon, s’était promis de gagner pour Kymia, décédée il y a un mois. Il est devenu champion du monde des moins de 12 ans mercredi dernier.

Il est des drames indicibles à même de vous faire chuter durablement. La perte d’une petite sœur pourrait légitimement en être un. Au-delà de sa souffrance sourde, Keylan Dubuis, 12 ans, qui avait fait le buzz en 2019 en devenant champion du monde des moins de 7 ans alors qu’il n’en avait que 5, a transformé sa détresse en motivation supplémentaire.

«La réussite est la meilleure des vengeances face à cette vie qui m’a pris Kymia», lançait jeudi dernier au téléphone l’habitant d’Ollon depuis Kielce, en Pologne, au lendemain de son titre de champion du monde IDO (International dance organization, l’une des associations de référence) en catégorie moins de 12 ans.

Pour les parents et la fratrie de quatre, la perte de l’être cher il y a un mois aurait dû condamner l’aventure polonaise de Jennifer Dubuis et de ses neuf protégés de la Jenna Dance School d’Aigle. «La douleur est toujours bien là et le sera toujours, ajoute, émue, Jennifer, la maman et coach du champion du monde. Mais Keylan nous a dit qu’il n’était pas question d’annuler. Il avait fait la promesse à sa sœur de gagner ce titre et il était déterminé à réussir pour elle.»

Un regard vers le ciel

Pour les Dubuis, l’expédition est devenue familiale et a largement dépassé la dimension sportive. Et ce n’est pas non plus l’annulation de leur avion à Bâle en dernière minute qui allait les empêcher de trouver un plan B pour être à l’heure aux qualifications du lendemain matin, et  à Keylan d’honorer sa promesse en finale.

Pour décrocher son titre, le quintuple champion suisse et disciple de Cédric Borges (alias «Stalamuerte», cador suisse de la discipline) a symboliquement improvisé une figure avec un regard vers le ciel. «Pour dire à Kymia que c’était pour elle», ajoute-t-il.

«Quand, après la finale, ils ont annoncé le résultat, je suis littéralement tombée, il y avait bien trop d’émotions, raconte Jennifer. Après ces dernières semaines, vivre ce moment de liesse, avec tous nos proches et les parents des élèves, ça a été très fort. Les vidéos des organisateurs le rendent bien d’ailleurs. Il y a eu beaucoup de larmes, de joie et de tristesse, ça a été les montagnes russes… Mais je suis heureuse qu’on ait écouté Keylan et pu vivre ce moment de communion ensemble.»

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