Vivre ou ne pas vivre avec le loup

Dans «Le dernier survivant», les cinéastes Cédrik Strahm et Martin Ureta partent à la rencontre du meilleur ennemi de l’Homme, en Suisse et en Éthiopie. Une production qui explore notre rapport au sauvage.
L’Ukrainienne Anna Fedorova électrisera les Ondes

Des nouveautés et une programmation de niveau international feront le sel du festival classique printanier, dont la première vocation est de démocratiser la grande musique.
Des hallebardes veveysannes bientôt pointées vers le ciel de Rome

Début mai, les Cent-Suisses de la Fête des Vignerons seront les invités de la Garde pontificale du Vatican. Une grande première dans les deux siècles d’histoire du corps d’honneur veveysan.
«En play-off, rien n’est jamais acquis»

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L’abondance des sangliers est contenue

Agriculteur et municipal à Noville, Pierre-Alain Favrod constate l’étendue des sillons de 20 cm labourés par les sangliers dans un champ bordant les Grangettes. Les bêtes s’acharnent dans les cultures par petits troupeaux ou familles de 7-8 bêtes avec leurs marcassins durant la nuit et se réfugient dans la réserve à la moindre perturbation. Photo: P. Combremont La pression monte au Service vaudois de la chasse, depuis l’annonce faite en début d’année concernant le sanglier. Une publication de quelques mots seulement, avertissant que, «compte tenu du bilan de la chasse, de l’évolution des dommages, en baisse, et de l’abondance estimée des effectifs», la période de tirs ne serait, cette année, pas prolongée. La traque de ce gros gibier s’est ainsi terminée fin janvier. L’attention est donc rivée sur le nombre d’animaux tués l’an passé par les chasseurs et sur les «prélèvements» faits en parallèle par les gardes-faune cantonaux dans certaines zones sensibles, protégées ou les réserves. Car les chiffres, de 2020 à 2022, avaient montré une forte expansion du sanglier sur le territoire vaudois, mais aussi de ses déprédations records. Un pic de dégâts Les montants ont en effet dépassé le million, puisqu’ils ont atteint 668’348 francs en dédommagements et plus de 347’000 francs en frais de prévention. Ceci pour l’installation de clôtures notamment. Un pic de dégâts exceptionnel à l’échelle suisse, loin au-dessus des autres cantons touchés, comme Argovie et le Jura. Le plan de lutte, qui avait été adopté pour les années 2017-2021, avait alors été reconduit et activement poursuivi jusqu’à fin 2023. Stratégie d’action: une chasse ouverte, avec l’absence de quotas, qui privilégie la traque, avec ou sans chiens, et l’affût, plutôt que les battues. Cela passe aussi par une communication et une coordination entre les agriculteurs et les chasseurs, mais également avec les milieux forestiers et de protection de la nature. Il impliquait aussi une surveillance renforcée des zones protégées et des réserves, où le sanglier prospère. Un projet de capture et de suivi des sangliers est par ailleurs mené depuis plusieurs mois au niveau vaudois, à l’initiative de l’Office fédéral de l’environnement. Cela en rapport avec le risque de propagation de la peste porcine africaine. Un collier émetteur a notamment été posé sur une laie dans la région du Mormont. Cette balise devrait permettre d’étudier le comportement du sanglier, et surtout documenter ses déplacements. «Le sanglier est très intelligent» Aujourd’hui, ces mesures de régulation ont apparemment atteint leurs objectifs. Selon les derniers chiffres de la campagne 2023, le nombre de sangliers abattus par les chasseurs est passé de 1’527, il y a trois ans, à 953 cet hiver. De leur côté, les gardes-faune ont dû tirer 266 bêtes dans les zones protégées, communique Denis Rychner, porte-parole de la Direction de l’environnement. Soit à peu près trois fois moins qu’en 2020. Dans le même temps, la courbe des indemnités pour les dégâts a baissé, pour se fixer à 460’000 francs en 2023. Quant aux frais de prévention, ils se sont montés à 250’000 francs pour les clôtures et 47’000 francs pour l’achat de matériel de protection l’année dernière. Au vu de cette évolution positive, «un nouveau plan de gestion du sanglier pour ces prochaines années va sortir», indique Frédéric Hofmann, le chef de la section Chasse, pêches et espèces. Les chasseurs, eux, partagent le même constat d’une «diminution légère des effectifs», comme le relève Alexandre Lachat, de Diana Riviera. Mais le sanglier est un animal très intelligent: «Sur le terrain, nous observons surtout qu’ils se réfugient de plus en plus près des habitations, où nous ne pouvons pas nous approcher. En plus, après les premiers jours de tirs, ils retardent leurs déplacements, plus tard les soirs, et en pleine nuit», témoigne-t-il. Dans la région, le périmètre le plus critique est celui de Noville et Chessel, où les champs et les cultures maraîchères bordent la réserve des Grangettes. Moins de sangliers? Agriculteur directement touché, mais aussi municipal et député, Pierre-Alain Favrod en est persuadé: «C’est momentané. C’est un animal préhistorique, assez extraordinaire, qui peut s’adapter à tout.» Au moindre coup de feu, il se réfugie bien sûr dans la réserve. «On ferait mieux de la clôturer, plutôt que nos champs, ce serait presque plus simple», lâche-t-il en souriant, regrettant qu’on n’y fasse plus de battue, comme avant, mais seulement des prélèvements ciblés. Un animal qui s’adapte à tout En outre, «avec des hivers qui seront toujours plus sans neige, les sangliers trouvent toujours une nourriture facile à la même place». Quant à changer de cultures? «Regardez, même en Ardèche où il n’y a pas de maïs, ils prolifèrent», relève l’agriculteur de Noville, qui a aussi constaté ses dégâts dans des pâturages de montagne à L’Hongrin. Certes, la plantation plus fréquente de chênes dans les forêts les y attire et les garde éloignés pour un temps. «Mais plus il mange de glands, plus il doit ensuite aller rebouiller les champs et trouver des vers blancs pour son équilibre alimentaire.» Et les clôtures de protection s’avèrent-elles efficaces? Pierre-Alain Favrod nuance aussi. «Oui, on est dédommagés. C’est bien joli, mais poser un câble à 35 cm du sol, à genoux, c’est un tue-chrétiens! Un travail de titan pour ensuite les entretenir, faucher sous le fil et les surveiller chaque jour. Cela protège les semis et les cultures au printemps, mais quand l’épi commence à lever, cela n’arrête toutefois pas les sangliers. Ils envoient le(s) gros devant et défoncent le piquet.» Pas d’opposition à la régulation Au vu des derniers chiffres, les tirs seront-ils prochainement réduits? Pour les chasseurs, il est nécessaire de ne pas abandonner la pression sur l’animal: «Il apparaît indispensable de maintenir ces tirs de régulation, voire même les prolonger», estime le représentant de la Diana Alexandre Lachat. Une option que les défenseurs de l’environnement et de la diversité, à l’instar de Pro Natura, ne combattent pas: «Dans un monde idéal, la régulation devrait d’abord se faire par des prédateurs tels que le lynx ou le loup. Mais en l’occurrence, le sanglier n’est pas menacé. C’est une espèce
Un garage atypique qui oeuvre à la réinsertion sociale

Un professionnel donne des instructions à l’un des jeunes en formation. À droite, le patron du garage, Etienne Perez-Rejon. / Photo : C. Jenny Le patron, en plus d’être garagiste, est également MSP (maître socio-professionnel). Il a suivi une formation spéciale, étalée sur trois ans, pour pouvoir accueillir dans son atelier des jeunes qui, pour des raisons diverses, ont une trajectoire de vie semée d’embûches. Ces stagiaires ou apprentis s’initient à la mécanique et, pour certains, de suivre une formation complète. «Lorsque je n’étais que mécano, j’avais déjà envie de partager les facettes de mon métier avec les autres. Et comme, de par mon parcours personnel, j’ai toujours été habité d’une fibre sociale, j’ai souhaité en faire profiter des jeunes qui n’ont pas la possibilité de suivre une formation standard», explique ce Blonaysan au cœur d’or. Il a ainsi décidé d’ouvrir son propre garage d’abord à Villeneuve, puis à Chailly. Après d’autres formes d’accompagnement et sa formation de MSP, il a convaincu l’Office cantonal de l’AI de signer un partenariat lui permettant de former des jeunes aux travaux d’un garage. «Ça n’a pas été facile de prouver le bien-fondé de ma démarche, mais depuis 2021, je suis agréé comme formateur avec un contrat officiel. Et actuellement, les six employés fixes du garage Resocar (Reso pour réseau social) accompagnent une dizaine de stagiaires et d’apprentis. «L’idée de principe est de leur permettre de découvrir ce métier, durant une durée limitée. Ensuite, avec leur répondant de l’AI, nous cherchons à ce qu’ils puissent trouver une activité ailleurs» explique le patron. L’exemple de Kim, l’apprentieLes jeunes que nous avons rencontrés lors de notre passage sont à l’évidence heureux d’apprendre tout en étant mis en valeur. Et certains vont même jusqu’au bout de leur formation. Comme Kim, une jeune femme qui arrive au terme de sa troisième année d’apprentissage et qui va prochainement passer ses examens finaux. «Les apprentis suivent les cours normalement et, du fait que les pros prennent le temps qu’il faut pour bien leur inculquer toutes les notions du travail de mécanicien, non seulement ils suivent bien, mais ils sont même en avance!» se réjouit Etienne Perez-Rejon. C’est aussi avec fierté qu’il nous présente Alexandre, dans le garage depuis un an et demi, et qui souhaite à son tour entreprendre prochainement la formation de MSP, tant il apprécie d’accompagner les autres. Deux collègues MSP au fémininLe patron est entouré de deux femmes, Nathalie Oguey et Océane Buchs, qui sont également MSP et œuvrent au bureau. Ce sont elles qui gèrent tout le volet administratif de ce garage atypique, et donnent aux jeunes également un bagage pour leur apprendre des tâches aussi diverses qu’établir un CV pour postuler ailleurs ou faire de la facturation. Ces deux femmes disent aussi apprécier d’œuvrer dans un tel cadre: «Il faut juste d’abord bien se connaître soi-même pour pouvoir aider les autres». Les jeunes adresseront une requête tantôt auprès de la plus âgée des deux MSP féminines ou iront vers la plus jeune. Un garage qui fonctionne un peu comme une famille. Tout en assurant le même sérieux qu’un garage standard car toutes les tâches sont contrôlées par les professionnels. Et Etienne Perez-Rejon est tellement content de la formule qu’il l’a duplifiée dans un autre garage, à Bulle, où il remplit le même rôle de MSP mais en ayant confié la responsabilité professionnelle du garage à une autre personne. Une voiture spéciale pour un rallye spécial Au moment où ces lignes paraîtront, Etienne Perez-Rejon, accompagné d’un ami, seront sur le point de gagner le sud de l’Espagne, puis Tanger pour participer à un rallye en boucle d’une semaine et 2000 kilomètres au sud du Maroc. Un rallye humanitaire qui sera composé de 90 véhicules de toute l’Europe, uniquement des VW Golf d’anciennes générations. La voiture du duo vaudois a été entièrement préparée au garage Resocar de Chailly. Elle a belle allure et a été évidemment un peu adaptée aux exigences d’une conduite dans le désert. Les jeunes employés dans le garage ont contribué activement à la préparation de ce véhicule spécial, décoré d’enseignes de sponsors. Et de prénoms de personnes chers à Etienne Perez-Rejon qui se réjouit de vivre cette expérience: «c’est une première pour moi et nous allons emporter un important matériel – jouets, matériel scolaire, etc. – que nous avons récolté et que nous distribuerons au fil des étapes». GALERIE PUBLICITÉ Suggestions d’articles Plus d’articles
De l’art protéiforme de penser le monde de demain

Un dessin au crayon de papier? Non, des urinoirs 3D en fil de fer, l’œuvre The Closet du duo Philipp Schaerer et Reto Steiner. Photo : K. Di MatteoLa nouvelle édition de Bex & Arts se tient actuellement et jusqu’au 24 septembre. La manifestation triennale expose des sculptures et installations contemporaines en plein air. Elles sont visibles dans le parc Szilassy, au lieu-dit Soressex. Ce domaine a une belle histoire, largement évoquée notamment par Freddy Gerber dans le livre «Gens de Bex».Tombées amoureuses de Bex alors qu’elles résident à Lausanne, la noble anglaise Lady Hope et sa fille Elizabeth acquièrent le terrain de Soressex en 1837. Une maison de maître, flanquée de divers pavillons et d’une serre, est édifiée. Les deux femmes y vivent, rejointes par le mari de la fille, Louis Billard. Ce dernier était le cocher et avait sauvé Elizabeth mise en danger par un cheval qui s’était emballé.Le couple qui ne peut pas avoir d’enfant adopte Laura Correvon. Cette dernière rencontre le baron Jules de Szilassy. C’est un diplomate hongrois venu en soins à Vevey. Ils se marient en 1869 et auront 8 enfants. Laure décède lors de son dernier accouchement en 1886. Jules meurt trois ans après, les enfants s’installent en Hongrie. Le dernier, Charles, meurt sans descendance. Il lègue au mitan du XXe siècle la propriété à l’Etat de Vaud et souhaite que quelque chose soit fait en faveur de l’enfance malheureuse.Le Canton est officiellement propriétaire depuis 1969. Le premier Bex & Arts date de 1981. À partir de 2008, l’ex-domaine des Szilassy accueille des adolescents dans le cadre d’un accompagnement éducatif ambulatoire individualisé. Enfin, depuis 2011, un foyer d’accueil est installé dans l’ancienne maison familiale rénovée. Source: Archives communales de Bex, bexarts.ch GALERIE PUBLICITÉ Suggestions d’articles Plus d’articles
