
Fanny Smith est dans les starting-blocks en vue des JO de début février. Son hiver, c’est beaucoup la famille, du chocolat (pas des bonbons!) et de la fondue. | Schöffel-Pascal Gertschen
Pas facile de trouver un créneau avec Fanny Smith! La Villardoue de 33 ans, double médaillée de bronze olympique de skicross, file tout schuss d’entraînement en entraînement, de course en course, sans parler de la préparation aux Jeux olympiques de Milano Cortina qui sont en vue, du 6 au 22 février.
Entre deux séances, elle a tout de même pris le temps de siroter un chocolat chaud, le temps de nous passer un coup de fil pour évoquer certains de ses plaisirs hivernaux.
Quand on court le monde tout l’hiver pour participer à des compétitions de skicross, un Noël, ça ressemble à quoi?
Ça se passe à Villars en famille, et chaque année on a le même rituel. Mon grand frère fête son anniversaire le 24 décembre. On skie entre nous, on fête son anni et on fait le Noël le 25, tout en simplicité. On est cinq en famille, il n’y a pas de cousins-cousines, donc on est sept avec les proches. Cette année, c’était pas mal, on a tout fait le 24, sans compter qu’on a tiré au sort les cadeaux, c’était génial! C’est moins galère que d’en trouver pour tous.
Sans parler de skicross, contre quoi seriez-vous d’accord d’échanger l’un de vos globes de cristal sur l’étagère au-dessus de la cheminée?
Je ne suis pas tellement trophées. Je les conserve, évidemment, mais je ne les expose pas, ils restent dans leurs boîtes. Quand j’aurai raccroché les skis, on verra. Mais pour l’instant, je ne trouve pas ça spécialement esthétique. C’est ce que j’accomplis qui me plaît. Le résultat n’est que de relative importance.
Est-ce qu’il vous arrive encore de rêver de mettre un pain à Daniela Maier ou à un des juges qui vous avait privé d’une médaille de bronze toute à vous aux JO de Pékin?
Non, loin de moi cette idée (sourire). Faut passer un peu à autre chose quand même. Cela va faire quatre ans. On continue de me poser la question, mais ça ne change rien, la médaille est à moi et j’en suis super fière. Le reste… Le chemin pour l’obtenir a été un peu atypique, mais sur la ligne, j’étais troisième.
Sur votre photo de profil Wikipedia, on vous voit sur un podium avec un pot de bonbons. Expliquez-nous à quel point vous êtes gourmande.
Ah, cette fameuse photo (rires)! Si vous connaissez quelqu’un qui peut la changer, je veux bien. On a essayé, mais ça ne passe pas. C’était à Arosa. Avec la médaille, ils nous avaient donné un bocal à bonbons. Alors que moi, j’adore le chocolat et pas les bonbons! À Innichen, on nous offre du speck, en Valais une meule de fromage, là-bas, c’était un bocal à bonbons.
Sur le circuit américain, combien de fois vous a-t-on dit que vous aviez de la chance de vivre «in Sweden»?
Honnêtement, ça n’arrive pas vraiment. Et dès que vous parlez de chocolat, de montres, là, d’un coup, tout le monde comprend.Avec votre grand-maman Betty, que vous adoriez, vous étiez parties en Crète. En hiver, où l’emmèneriez-vous si elle était encore là?
En Laponie, pour les aurores boréales. Sinon, un safari. C’est d’ailleurs ce que j’avais prévu, avant qu’elle ne soit malade.
Elle était anglaise, de Manchester. Quand on a essayé de vous embaucher dans le team Grande Bretagne, vous leur avez répondu «ça va le chalet»?
Cela avait été une option proposée par mon ancien manager, qui était anglais. Il cherchait une solution qui m’offre les meilleures conditions pour exercer mon sport au plus haut niveau. C’était un moment où j’avais besoin de changement, mais ça n’avait pas été plus loin.
Pour revenir à Manchester, la footballeuse qui vibre en vous est plutôt supportrice des Sky Blues de City ou des Red Devils de Manchester United?
(Elle grimace) Là, on n’évolue pas sur le bon terrain, je ne suis pas du tout foot.
La meilleure fondue à Villars, c’est où et pourquoi là?
À la maison, entre amis, faite par mon copain fribourgeois. Du coup, on n’a rien à dire. Le fromage vient de Fribourg et elle est plutôt onctueuse. Paraît que les Vaudois la font trop liquide (rires).
Si vous choisissiez la vie d’ermite sur ce qui reste du glacier des Diablerets et que vous aviez droit à trois trucs, ce serait quoi et pourquoi?
De la poudre de cacao pour le chocolat quand il fait froid, ma paire de skis, quand même, et mon lit.
Pour la saison à venir, qu’avez-vous demandé au Père Noël?
La santé. C’est bateau, mais aujourd’hui, pour le reste, on a tout ce qu’il faut.
L’hiver c’est:
Mon terrain de jeu.
Ce que j’adore en hiver:
La neige fraîche et ses paysages féériques. Entre Le Muveran et les Dents-du-Midi, on est bien servis. Mais de manière générale, avec la neige, tout est plus beau, tout est si clair.
Ce que je déteste en hiver:
Quand il pleut. Et puis faire et défaire ma valise, ce que je fais beaucoup en cette période.
Mes résolutions pour l’année 2026:
Vous pouvez faire sauter cette question, je ne suis pas du tout résolutions ou fan de gri-gri. Je vis le moment présent.

