Brasserie veveysanne cherche désespérément locaux veveysans

Rester à proximité du centre-ville est important pour le brasseur Romain Rouchouse afin de rester cohérent avec la valorisation actuelle du circuit court. | Noémie Desarzens

Bières
En sursis depuis cinq ans, la brasserie du Haut-Lac souhaite se reloger en ville. En quête d’un espace avec loyer abordable, la prospection a tout d’une mission impossible.

«Cela fait cinq ans que l’on recherche activement, même agressivement, de nouveaux locaux.» La quête de Romain Rouchouse, brasseur et cofondateur de la microbrasserie du Haut-Lac, est loin d’être terminée, tant la pénurie de locaux abordables est importante à Vevey.

Installés depuis 2016, les brassins du Haut-Lac se trouvent dans les anciens locaux de l’entreprise PanGas, au nord des voies de chemin de fer. Problème: ce bâtiment a été racheté et va être prochainement détruit, forçant la brasserie à trouver un nouveau toit. 

«À la base, nous devions trouver de nouveaux locaux d’ici à la fin de cette année, poursuit le brasseur veveysan. Nous venons de recevoir un avenant qui prolonge la location jusqu’à fin 2025. Une bonne nouvelle, mais à force d’être en sursis, impossible de se projeter pleinement et sereinement dans l’avenir», déplore Romain Rouchouse.

Le loyer, nerf de la guerre

Comme brasserie artisanale, nul besoin de confort, les conditions peuvent être spartiates et «pas besoin d’avoir de bâtiment chauffé». Malgré ces critères, impossible de trouver des locaux adaptés en ville. «Je passe par le cadastre et je contacte ensuite les propriétaires, détaille le brasseur. Depuis deux mois, je dois être à une quinzaine de demandes. Tous me disent qu’ils vont raser leurs anciens bâtiments pour construire des locatifs, plus rentables.»

Redirigée vers la zone industrielle de la Veyre, la brasserie n’arrive pas à trouver un emplacement au centre-ville. «Nous sommes poussés à l’extérieur, alors que nous faisons partie intégrante de la vie sociale de la ville. C’est frustrant.» 

Romain Rouchouse semble dépité face à la contradiction sociétale actuelle, qui veut valoriser le circuit court, l’artisanal et le local sans donner les moyens d’y parvenir. «Je trouve insensé que des assurances et des agences immobilières aient pignon sur rue en plein centre-ville et que les artisans soient mis à la périphérie. Quelle ambiance voulons-nous pour le cœur de Vevey?» 

Rester abordable malgré tout

La petite société fabrique ses bières artisanalement et les vend localement. En huit ans d’existence, les prix des bières du Haut-Lac n’ont connu aucune augmentation, malgré l’élévation des prix des matières premières et le renchérissement du coût de la vie. «Nous sommes vraiment une brasserie artisanale, nous continuons à brasser à la main avec une deuxième fermentation en bouteille, sans carbonisation forcée. Alors forcément, les coûts de production restent maîtrisables.» 

Et se mettre à plusieurs petites structures afin de mutualiser les coûts? «Nous avons eu une rencontre entre cinq microbrasseries au début du mois de mars. Nous avons notamment évoqué la mise en commun des bouteilles en verre. Mais pour nous, c’est impossible par manque de place. Et la logistique rend la mutualisation compliquée.»

Pour l’heure, Romain Rouchouse tente de faire de petites économies là où c’est possible. Il propose ainsi à ses différents partenaires de reprendre les cartons de livraison. Quant aux canettes en alu, bien moins chères comparativement aux bouteilles en verre, le brasseur se tâte encore. «Pourquoi pas pour une série…» Même avec la situation actuelle, le brasseur ne perd pas espoir: celui de trouver des anciens locaux en ville de Vevey prochainement.

En chiffres: Cette brasserie artisanale veveysanne, c’est…


Environ 1’500 bouteilles par semaine.

Quelque 500 litres hebdomadaires

7 cuves pour fermenter et brasser

5 bières différentes

2 amis brasseurs, Romain Rouchouse et Grégoire Bolay

1 eau-de-vie, «La Fleur de Bière»

1 hydromel

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