
La question du stationnement continue d’échauffer les esprits dans le chef-lieu du district. Après le référendum lancé par la droite début juillet (voir encadré), la gauche veveysanne monte au front.
Au cœur des désaccords: la tarification du quartier de Plan-Dessus. Neuf points sont ainsi relevés par décroissance alternatives (da.) et soutenus par les Vert.e.s et le PS. «Cette mesure de la Municipalité vise à la fois à préserver les places pour les habitants du quartier, mais aussi à leur offrir un cadre d’habitation plus agréable en réduisant la circulation et le stationnement intempestif», précise la coprésidente du groupe décroissance alternatives Hélène Gandar.
Un «manque de bonne foi»
Dans un communiqué, les trois formations de gauche dénoncent les arguments «fallacieux» avancés par le comité référendaire. «Quand ils ne sont pas contredits par une étude sur le stationnement à Plan-Dessus, ils le sont par l’expérience des autres quartiers», dénonce la conseillère communale.
«La question des places de parc est un sujet polarisant et hautement émotionnel, poursuit l’élu socialiste Vincent Matthys. Nous nous questionnons sur les objectifs de la droite avec ce référendum.» Son affiche rejette la tarification les dimanches et les jours fériés. Pour la gauche, il s’agit d’un autre message mensonger. «Le stationnement à Plan-Dessus restera gratuit ces jours-là.»
En outre, ces partis fustigent le «manque de bonne foi» du comité référendaire, qui justifie notamment leur opposition par l’absence d’amélioration dans la disponibilité des places de parc. «Des places sont disponibles en périphérie du quartier, au parking de la Cour aux Marchandises. Sans oublier la création d’un autre parking à l’automne en haut de la rue de Fribourg», relèvent-ils.
Pour un quartier vivant
Concernant la plantation d’arbres à Plan-Dessus plutôt que la pose d’horodateurs, cette demande du comité référendaire fait sourire Léandre Séraïdaris, habitant du quartier. «Des élus pro-bagnoles se découvrent une fibre écologique! Ils taisent le fait que la Municipalité a déjà prévu d’en doubler le nombre, avec les refontes des rues à venir. Mais pour pouvoir planter des arbres, il faut d’abord libérer de l’espace, ce qui entraîne une diminution des places de parc.» Dans cette optique, l’Exécutif propose d’ailleurs le report du stationnement en périphérie, afin de diminuer le nombre de places occupées toute la journée par des pendulaires.
Pour les partis de gauche, les autorités ont pris soin d’analyser les enjeux du stationnement à Plan-Dessus et proposent ainsi des solutions libérant l’espace public pour le redonner aux piétons et à la végétation. Et Léandre Séraïdaris de conclure: «Tout le monde y gagne avec ces mesures. Il semble évident que ce référendum ne défend pas les intérêts de la population de Plan-Dessus, c’est une opération politicienne!»
«Y en a marre!» Voici en résumé ce qui a motivé le lancement d’un référendum par la droite veveysanne (voir notre édition 162, 10 juillet). Dans sa ligne de mire: la tarification du quartier de Plan-Dessus. «L’Exécutif agit comme un rouleau compresseur dans sa politique de la mobilité, estime la référendaire Sarah Dohr (Vevey Libre). Ce n’est pas une incitation, mais une obligation à changer les modes de déplacement, sans tenir compte des besoins des citoyens.» Le comité référendaire a jusqu’au 12 août pour récolter 2’041 signatures.
