
Après 6 ans de disette en Formule E, Sébastien Buemi a retrouvé le goût de la victoire sur le circuit de Monaco début mai. | DR
Cette victoire après une si longue disette, c’est un soulagement pour vous?
– Ces dernières saisons, j’étais souvent tout proche, 2e, 3e, par moment cela n’a pas été facile… J’étais dans le dur. C’est la preuve que dans la vie, il faut toujours y croire, ne jamais lâcher. La course a eu lieu sous la pluie. J’étais 8e sur la ligne de départ, puis j’ai remonté tous mes concurrents. Une fois en tête, j’ai creusé un écart de cinq secondes. Toutes les étoiles se sont alignées ce jour-là.
Dans votre palmarès figurent notamment quatre victoires aux 24 Heures du Mans en Endurance. Ce nouveau succès en Formule E est-il autant chargé émotionnellement?
– Sur ce plan, je pense même que c’est le moment le plus fort que j’ai vécu en compétition. Après 2015 et 2017, c’est ma troisième victoire à Monaco. Aucun pilote de Formule E n’a réussi cela, ce qui rend l’histoire encore plus belle. C’est un circuit que j’affectionne, sans oublier que Monaco reste la Mecque du sport automobile. Pour nous, c’est la course la plus prestigieuse, la plus médiatisée de l’année. On court en pleine ville sur le même circuit que le GP de F1, qui aura lieu le 25 mai prochain. Les tribunes étaient pleines et il y avait plein de stars. La princesse Charlène m’a remis la Coupe, et puis le soir, lors du dîner de gala à l’Hôtel de Paris, j’ai dû en tant que vainqueur monter sur scène et faire un petit discours. Des moments inoubliables!
Vous avez remporté le titre de champion du monde de Formule E en 2016. Vous pensez pouvoir rééditer cette performance un jour?
– J’en rêve bien sûr, mais je sais que cela va être très difficile. Actuellement, je suis 10e du classement général (sur 22) et il reste encore des GP à Tokyo, Shangaï, Jakarta, Berlin et Londres. Le problème, c’est que mon écurie Envision Racing manque de constance. La voiture n’est malheureusement pas toujours aussi rapide qu’à Monaco.
Pilote professionnel depuis l’âge de 20 ans, vous avez presque tout fait dans le sport automobile. À 36 ans, votre passion reste intacte?
– J’ai évolué dans ma vie, mais oui, je reste à fond là-dedans! J’aime ce monde-là, la vitesse, me battre. Piloter n’a jamais vraiment été un travail pour moi, c’est davantage un hobby.
Vous avez trois garçons de 9, 7 et 2 ans. Rêvent-ils de devenir pilote comme leur père?
– Je ne suis pas assez souvent à la maison. Mais quand je suis là, j’emmène souvent les deux aînés faire du karting sur le circuit de Vuiteboeuf, et ils adorent cela. Donc on verra plus tard. Ils sont encore petits.
