« C’est un tout qui a favorisé notre départ»

Ancien gérant du Ve, Cédric Schaer est rassuré que l’enseigne perdure.  | N. Desarzens

Vevey
Ouvert il y a 20 ans, le bar de la gare était une institution dans la région. Il a fermé ses portes cet été. Le repreneur est désormais connu: il s’agit de l’entreprise vaudoise Holy Cow!

Partis sans faire de bruit à l’aube des vacances estivales, les trois associés du Ve peuvent désormais affirmer que leur établissement continuera à accueillir la jeunesse de la région, mais sous une forme différente. Le moment était «opportun»: l’ancienne poste sera toujours un bar, mais marqué du sceau de la marque Holy Cow! «Nous sommes très heureux de continuer à faire vivre cet endroit», rebondit le président de la chaîne Guy Bardet.

Car entre la Fête des Vignerons, la crise sanitaire et le deal de rue, les anciens associés ont aligné les mauvaises surprises et ont vu leurs finances s’amoindrir. «Tout ne s’est pas passé comme prévu et nous avons perdu pas mal d’argent, confirme le gérant Cédric Schaer. Après la FeVi, les affaires ont repris, mais le Covid a marqué un coup d’arrêt brutal.» Si le bar a pignon sur rue dans le quartier de la gare depuis 2004, les derniers patrons ont géré l’établissement ces cinq dernières années.

Quartier «complexe»

Après cette période derrière les fourneaux, la fatigue et le «déni de la Commune face à la problématique du deal» (voir encadré) ont provoqué le besoin d’un nouveau chapitre pour les anciens tenanciers. À entendre les repreneurs, que les habitués des lieux soient rassurés: l’essence du Ve sera maintenue. «Cela plaira aux Veveysans, réagit Guy Bardet. Nous reprenons certes le bail, mais nous souhaitons poursuivre l’histoire et l’esprit du lieu.» 

Cette enseigne nocturne a souvent été le théâtre de tensions. «Il est vrai que le quartier est complexe, mais cela fait partie de la dynamique du lieu, relève l’ancien gérant. C’est donc un tout qui a favorisé notre départ.» 

Avec l’expérience de l’entreprise de burgers à Lausanne, l’ouverture prochaine à Vevey ne suscite «aucune inquiétude» chez le repreneur. Il reconnaît néanmoins l’existence du problème. «Nous pouvons aussi compter sur l’expérience de Cédric Schaer, avec qui nous collaborons pour la reprise.» Ce dernier lui apporte déjà un premier conseil: «Nous avons été trop laxistes au début. Nous leur préconisons notamment de se doter d’un bon service de sécurité.»

Lifting complet

Protégé, le bâtiment a besoin d’une rénovation quasi intégrale. «Par manque de moyens, nous n’avons jamais pu entreprendre des travaux d’importance», détaille Cédric Schaer. Et Guy Bardet de conclure: «Nous allons requérir le feu vert de la Ville concernant le projet de rénovation. Nous sommes confiants, vous ne serez pas déçus!»

«Il faut appliquer les lois!»

«Le deal de rue, ça suffit! Tolérance zéro!» La pétition mise en ligne la semaine dernière a le mérite d’être claire. Un texte pour faire entendre la grogne populaire face au problème du deal de rue à Vevey dans l’hémicycle du Grand Conseil vaudois. Pour contrer la présence du trafic et des trafiquants de drogue, trois axes sont proposés: un contrôle permanent des lieux publics où se déroulent ces transactions; des sanctions, comme la privation de périmètre, émises contre les dealers; et la protection de la jeunesse. «Ces solutions existent déjà dans notre arsenal législatif, il faut donc l’actionner», insiste Marianne Dind. Autrice de ce texte aux côtés de Sarah Dohr, la juriste montreusienne déplore le manque de volonté et de priorisation politiques. «Nous voulons attirer l’attention du Canton pour qu’il remette ce dossier sur le sommet de la pile», souligne celle qui est également déléguée UDC. Selon les pétitionnaires, il faut que l’État délie sa bourse. «Nous savons que la Commune ne peut pas faire face à la situation toute seule, il faut donc que le Canton augmente ses contributions.» «Attendre que la situation change n’est pas tenable, ajoute l’élue communale Sarah Dohr (Vevey Libre). Nous devons réussir à réguler cette présence néfaste du deal dans l’espace public.»

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