Comment réduire le «goût de bouchon» lors des pics d’hiver ?

Le chaos du retour de stations du dimanche 14 janvier avait paralysé Yvorne. Un groupe de travail va être constitué pour plancher sur des solutions.
 | Dervey – 24 heures

Routes congestionnées
Au terme d’une table ronde à Aigle, le Conseil d’État a annoncé jeudi dernier la constitution d’un groupe de travail sur les effets collatéraux des retours de week‑ends.

La gabegie du 14 janvier dernier dans l’Est vaudois, les appels au secours des Communes congestionnées jusque dans leurs chemins vicinaux – en premier lieu Roche et Yvorne – et les réactions politiques qui ont suivi n’ont pas laissé le Conseil d’État indifférent. «Nous ne pouvons pas rester les bras croisés», a notamment lancé Nuria Gorrite en ouverture de la table ronde qui s’est tenue jeudi dernier à Aigle sur la question de «l’accessibilité hivernale durable des stations».
Il convient toutefois de commencer par la fin. Son homologue Isabelle Moret, cheffe du Département de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine, a en effet annoncé la création «d’un groupe de travail» chargé de trouver des solutions, avec pour objectif premier de rédiger une «charte». «Cette soirée n’est pas une fin, mais un début, a-t-elle lancé. Cette charte devra assurer un suivi, la recherche de résultats, établir un calendrier.» Et d’annoncer ledit document pour la fin de l’année.

Les transports publics avant tout
Entre les deux allocutions, un florilège de représentants des Communes concernées, des acteurs économiques et autres spécialistes de mobilité et durabilité ont échangé devant une soixantaine d’invités pour esquisser quelques pistes.
L’une d’elles ne fait pas un pli pour l’ensemble des orateurs: développer les transports publics. Offres combinées, réductions des tarifs, augmentation du nombre de trajets et des cadences, amélioration du matériel roulant, etc. En somme, tout ce qui peut convaincre le skieur ou randonneur d’opter pour le bus et le train plutôt que pour sa voiture, cette dernière étant encore le premier choix à près de 85%.
«Dans le Chablais, nous avons une chance incroyable: les Transports Publics du Chablais», a claironné Jean-Marc Udriot, député et syndic de Leysin, en faisant allusion aux trois lignes de train historiques de l’Aigle-Leysin (AL), Aigle-Sépey-Diablerets (ASD) et Bex-Villars-Bretaye (BVB). Il est notamment question du prolongement de l’AL et de l’ASD jusqu’au départ des télécabines à l’horizon 2033 pour éviter les transbordements.
Les autres idées n’ont pas manqué, des plus originales aux plus réalistes: une télécabine ou un tunnel de transit depuis Aigle, des mesures pour encourager les automobilistes à partir à horaires décalés le dimanche soir en profitant des services en stations, le covoiturage, une meilleure coordination des feux à Saint-Triphon, voire même une action auprès des concepteurs de systèmes de géolocalisation. «Une des problématiques, c’est l’équipement à transporter, a ajouté la municipale d’Ollon-Villars Caroline Ganz de Meyer, d’où le développement de l’offre de casiers en stations pour le stocker. À Villars, ils sont pleins de saison en saison.»
Il a aussi été question d’un sujet «tabou»: la réduction et/ou la plus grande taxation des places de parc, comme la syndique d’Ormont-Dessous a dit le préconiser aux Mosses. À l’heure des questions, le Montreusien Romain Pilloud, de l’Association Transports et Environnement Vaud, l’a suivie. «Si les places en station sont gratuites, évidemment que les gens vont s’encolonner pour monter en stations.»

Pour un compromis train-voiture
Reste qu’il convient de ne pas opposer la voiture aux transports publics à l’heure où le tourisme est florissant, clament des milieux économiques qui en appellent à «un juste équilibre». «Le problème des bouchons ne se retrouve que sur quelques jours par hiver, il n’y a pas lieu de tout remettre en question, et je me vois mal dire à une famille avec quatre enfants de prendre les transports publics pour venir skier», a ajouté le Villardou Sergei Aschwanden, député et directeur de l’Association touristique Porte des Alpes.
Sylvain Guillaume-Gentil, directeur de Transitec, bureau spécialisé dans les questions de mobilité, a pour sa part confirmé que les événements tels que ceux du 14 janvier restent «des phénomènes de pointe», tandis qu’un autre de ses chiffres a fait briller un acteur important par son absence: le Valais. «Seuls 15% des automobilistes circulant sur le viaduc de Chillon sont en lien avec les Alpes vaudoises, contre 55% avec le Valais, le reste avec la France ou la plaine du Chablais.»
Lors de sa synthèse, Pierre-Yves Gruaz, chef de la Direction générale de la mobilité et des routes, a encore pointé deux pistes: une signalisation dynamique sur l’A9 pour une adaptation des vitesses en fonction du trafic et l’activation de la bande d’arrêt d’urgence entre Vevey et Montreux, solution prévue à l’horizon 2028-29.

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