De la Perle de l’Adriatique aux trésors des Balkans

Une dizaine de lecteurs de Riviera Chablais Hebdo, ainsi que plusieurs excursionnistes français ont participé au programme de visites prévues sur la semaine. Ici, l’équipe est réunie au Monténégro, dans la ville médiévale de Stari Bar. / X. Crépon

Voyage lecteurs
Fin septembre, vous étiez une dizaine de lecteurs à tenter l’aventure sur les flots à plus de 1’000 km de la Rivera et du Chablais. Une croisière organisée avec de nombreuses visites guidées de villes ravissantes et de vestiges archéologiques. Petit aperçu, on embarque!

Après une partie de la journée dans les airs et dans les aéroports, notre équipe de lecteurs est conduite jusqu’au port de Dubrovnik. Dans le bus qui mène jusqu’à celle appelée autrefois Raguse, les yeux s’écarquillent malgré la fatigue. Les kilomètres de côte et ses roches de couleurs jaune-orangé contribuent au caractère pittoresque du lieu et contrastent avec l’étendue d’eau qui nous fait face. Pour certains, c’est une première. L’Adriatique… Cette mer séparant les péninsules balkanique et italienne au calme apparent semble nous attendre pour une expérience palpitante.
Au programme: huit jours de croisière avec de nombreuses excursions. Nous voguerons jusqu’à la Grèce, pour remonter progressivement les côtes albanaises et monténégrines, avant de revenir à notre point de départ, la Croatie. Le pas sûr, nous embarquons pour passer la nuit sur une déesse des mers: la Belle de l’Adriatique, l’un des 50 bateaux du croisiériste CroisiEurope (photo 2). À taille humaine, avec ses 170 passagers et sa quarantaine de membres d’équipage, ce dernier narguerait presque les gros mastodontes des compagnies internationales situées à quelques mètres.

Un paradis blanc à portée de chaussures
La première étape n’est pas une escale, mais l’un des points d’orgue de notre voyage. Nous avons la journée pour découvrir la «Perle de l’Adriatique». Avec ses remparts de pierres blanches de près de 2 km de long qui la protègent, la vieille ville de Dubrovnik et ses 800 habitants a un charme à nul autre pareil (photo 1). Le dramaturge britannique George Bernard Shaw l’avait bien compris: «Ceux qui recherchent le paradis sur terre devraient absolument se rendre à Dubrovnik.» C’est donc avec humilité que nous passons la porte du Pile et pénétrons dans cette cité avant l’arrivée de nombreux autres touristes en fin de matinée.
Après une visite rapide du Couvent des Dominicains – un cloître construit dès le XIIIe siècle où les moines novices viennent désormais confirmer leurs vœux de religion pendant une année – nous nous dirigeons vers Le Palais des recteurs, jadis siège du gouvernement et aujourd’hui transformé en musée dédié au passé glorieux de la ville. Sa particularité? Une architecture Gothique incluant des éléments Renaissance et Baroques. Endommagé par l’explosion de poudre à canon qu’il abritait, ainsi que par un tremblement de terre en 1667 qui a détruit la majeure partie de la cité, il a été rénové à plusieurs reprises. Ce palais a également été utilisé comme salle d’audience, armurerie, arsenal, et prison, mais aussi comme lieu de culture. On se retrouve ensuite au sein de son atrium qui a une résonance particulière. Il accueille chaque année un festival de musique de chambre. Chanteur dans un chœur, le Leysenoud Claude Gaulis essaie quelques échos. Christian Ivaldi, un excursionniste parisien qui nous accompagne cette semaine, est ému. «J’y ai joué en tant que pianiste pendant une semaine. Ce sont des souvenirs mémorables!»
Avec un air de Vivaldi dans la tête, nous nous dirigeons vers le troisième point de la visite: la cathédrale de l’Assomption de la Vierge Marie qui abrite un magnifique autel de marbre violet, ainsi qu’une salle au trésor contenant plus de 180 reliquaires et des pièces d’orfèvrerie. L’heure tourne et nous retournons au bateau, départ pour Corfou!

Attention à la Gorgone!
Après avoir navigué plus de 200 milles nautiques, soit plus de 370 km, nous débarquons sur l’une des sept îles éoliennes, Corfou. Nous passons entre l’ancienne et la nouvelle forteresse construite par les Vénitiens au XVIe siècle, avant de traverser la péninsule de Kanoni. Au loin, la guide nous montre deux îles, celle de Vlacherna surmontée par un monastère, ainsi que Pontikonissi, également appelée l’île de la souris. Selon une légende, cette dernière serait le bateau d’Ulysse que Poséidon transforma en pierre, histoire que l’on retrouve dans l’Odyssée d’Homère.
On poursuit cette journée dans les fables mythologiques en découvrant une majestueuse Gorgone taillée sur l’un des frontons du temple d’Artémis, l’une des pièces exposées au musée archéologique de la ville (photo 3). Prête à nous attaquer, nous arrivons finalement à éviter son piège pour nous enfuir dans les petites ruelles de la capitale de l’île. Les excursionnistes en profitent pour acheter des produits locaux tels que de la pâte de kumquat, le fruit de Corfou, ou pour s’arrêter dans un café (photo 4). La Grèce, c’est désormais terminé, nous larguons les amarres pour l’Albanie.

Bienvenue en Shqipëri
Surprise, nous avons aujourd’hui un guide plein d’humour. «Dans quel pays nous trouvons-nous aujourd’hui?» L’ensemble du car répond l’Albanie à l’unisson. «Et non, bienvenue en Shqipëri! (ndlr: le pays de l’aigle bicéphale).» Le ton donne la couleur. Enseignant en histoire, notre hôte du jour nous interrogera toute la journée. Une technique qui trouve son public, la majorité des excursionnistes en redemandent. Il est temps de quitter la côte pour nous enfoncer à l’intérieur des terres, jusqu’au parc national de Butrint, premier site albanais à avoir été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1992. S’ouvrent alors à nous plusieurs ruines sur 9 hectares qui couvrent l’histoire de cette ville antique habitée par les colonies grecques, romaines, ainsi qu’une période sous domination byzantine et vénitienne (photo 5).
Ce lieu est le plus visité du pays. Et on comprend très vite pourquoi. Son parcours au travers d’une nature préservée est remarquable. Il nous conduit tour à tour devant un baptistère, un théâtre – où une tortue d’eau nous fait l’honneur de sa présence –, une basilique et à la porte du Lion, qui garde avec attention l’entrée menant à un édifice surplombant la plaine. De là, nous pouvons voir un paysage à couper le souffle sur les champs en contrebas et tout au fond, sur les dernières pierres de l’ancien château du terrible régent Ali Pacha.
«C’est une très belle découverte, s’enthousiasme la Montheysanne Jocelyne Spahr. Je reste émerveillée par ce paysage insoupçonné, mais surtout par l’histoire de cette terre qui a vu tellement de civilisations passer. On nous avait dit le plus grand bien de l’Albanie. C’est confirmé!»

Un pays marqué par le communisme
L’après-midi, nous arpentons le dédale de la cité médiévale ottomane de Gjirokastra, plus au nord. Surnommée la ville de pierre, elle compte une ribambelle de villas construites par de hauts fonctionnaires entre le XVIe et XVIIe siècle. Culminant à un peu plus de 300 m d’altitude, son château – le plus grand du pays–, dispose d’un panorama sur la vallée du Drinos et sur l’architecture de la ville entre passé et modernisme. Les visiteurs posent leurs yeux sur des canons, chars et une multitude d’armes d’assaut (photo 6 et 7).
Dans cette citadelle, l’on retrouve le musée de l’armement et les prisons qui ont servi sous le régime d’Enver Hoxha, homme politique stalinien (1908-1985) qui transforma l’Albanie en État communiste. En 1944, il devient commandant en chef de l’armée et président du gouvernement provisoire. La chute de son règne laisse des traces encore visibles aujourd’hui. «Du jour au lendemain, la population s’est retrouvée sans travail et ayant la propriété d’un lopin de terre et d’une vache. Elle n’était tout simplement pas prête», résume notre guide. À plusieurs reprises pendant notre voyage, nous avons d’ailleurs pu observer les effigies d’Enver Hoxha régulièrement vandalisées. Le trajet du retour se fait attendre, la journée a été longue et épuisante. Les passagers du bus tombent rapidement dans les bras de Morphée avant de retrouver leur hôtel flottant.
Les jours suivants, la visite de l’Albanie se poursuit, avec d’autres excursions historiques comme celle du site d’Apollonia d’Illyrie, cité antique fondée vers 600 avant J.-C. et centre culturel d’importance à l’époque romaine (photo 8). César y envoya son neveu Octave, futur empereur Auguste, y parfaire son éducation. S’ensuit une balade au sein de Berat, la ville aux mille fenêtres, appelée également «la ville blanche», puis à la forteresse un peu plus en amont (photo 9). Nous terminons dans cette contrée par Tirana, la capitale, symbole de la dictature renversée, avant de prendre la direction du Monténégro.

Un immanquable du nom de Kotor
Nous débarquons à Bar, petite ville portuaire juste après une grosse averse. La veille, la mer a été plus mouvementée que les derniers jours. Remettre le pied sur terre nous fait le plus grand bien. Nous commençons cette journée en rendant visite à un vénérable. Un ancien qui a plus de 2’000 ans au compteur. Cet olivier situé à Mirovica est présenté comme le plus vieux d’Europe, selon la croyance locale. Notre regard porte ensuite plus au nord, sur une ancienne ville: Stari Bar, c’est là que nous allons!
Après une petite grimpette, nous arrivons au cœur de cette cité lovée au pied du mont Rumija. La guide nous rappelle l’histoire récente du Monténégro, né sur les cendres de l’ex-Yougoslavie. Ce n’est qu’en 2006 que ce pays a pris son indépendance par voie de référendum. Stari Bar, elle, a été construite au VIe siècle, mais se trouve désormais inhabitée. Détruite en 1979 par un séisme, il n’y reste principalement plus que des ruines.
Après une petite pause bien méritée devant l’église de St John le Baptiste, nous parcourons ces vestiges, et nous prenons le temps d’observer un aqueduc de 17 arches construit sous l’Empire ottoman. Il a été entièrement rénové après le tremblement de terre. «On a beaucoup aimé les remparts de Dubrovnik, mais cette petite ville de Stari Bar, ça vaut aussi clairement le détour», lancent Catherine Favey et Vincent Blanc de Brent, alors que la fin du voyage approche. Ne reste plus qu’un site époustouflant: les bouches de Kotor.
Nous nous y faufilons avec notre bateau qui paraît bien petit devant l’immensité de ce paysage montagneux et de ces baies marines. On trouvait autrefois dans ces bouches de nombreuses bases navales austro-hongroises et yougoslaves. Les multitudes de petites cachettes permettaient aux navires de guerre de sortir en deux temps trois mouvements afin de surprendre leurs ennemis.
Arrivés au port, les excursionnistes visitent les rues étroites de Kotor, ainsi que ses petites places. Certains font le choix de visiter le musée des chats, nous grimpons plutôt à la forteresse de Kotor, afin d’éliminer une partie des calories emmagasinée toute la semaine grâce à la cuisine raffinée des équipes de cuisine, mais surtout pour profiter d’un panorama splendide sur toute la baie à l’heure du coucher du soleil (photo 10).
Nous resterons sur cette image qui met fin à un voyage qui a tenu toutes ses promesses. «Nous avions beaucoup entendu parlé de ces bouches de Kotor, le point culminant de notre voyage, relève le Montheysan Jean-Luc Spahr. On nous l’avait vendu comme <The place to be>, et bien c’est effectivement le cas. Nous avons découvert grâce à cette croisière des paysages extraordinaires!»


Plus d’infos sur les prochaines croisières de la compagnie:
www.croisieurope.ch

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