Des potagers partagés au service du lien social

Remise des diplômes de la volée 2025 des agents Châtel Sympa. La cérémonie s’est tenue en présence de la déléguée cantonale IMR, des conseillers communaux, des représentants de L’êtrier et de la déléguée à la cohésion sociale.  | Commune de Châtel-Saint-Denis 

Châtel-Saint-Denis
Il s’agit du dernier projet participatif mené par les «agents sympas» du chef-lieu de la Veveyse. Depuis deux ans, ils multiplient les initiatives pour rapprocher les habitants.

À Châtel-Saint-Denis, entre les collines et les prairies, la campagne semble offrir à chacun un coin de terre à cultiver. Pourtant, la Commune ne dispose pas de jardins familiaux, ces parcelles mises à disposition des habitants par les Municipalités, apparues à la fin du XIXe siècle.

Alors que le jardinage connaît une popularité croissante, motivée par un désir de retour à la nature, de bien-être physique et mental – comparable aux effets du sport – et par des préoccupations écologiques, trois agentes du projet participatif «Châtel Sympa» (voir encadré) ont lancé un projet de potagers partagés, dont la première séance d’information aura lieu ce mercredi 14 janvier.

Jardiner ensemble

«L’idée est née parce que plusieurs d’entre nous ont exprimé l’envie d’avoir un endroit où cultiver des légumes, alors qu’ils n’ont pas accès à un jardin», explique Gloria Arici, l’une des initiatrices du projet. Le but est de permettre aux propriétaires de terrains inutilisés, qui n’ont pas le temps ou l’énergie de les entretenir, de les partager avec des individus désireux d’en prendre soin, et ainsi de créer des partenariats concrets. Au-delà de la simple mise à disposition d’un lopin de terre, la démarche vise à renforcer le lien entre Châtelois, à transmettre des savoir-faire, ainsi qu’à soutenir la biodiversité locale.

Depuis début janvier, la population est invitée à manifester son intérêt. «Pour le moment, les retours montrent qu’il y a davantage de personnes souhaitant jardiner que de terrains mis à disposition», constate Marie Masset, déléguée à la cohésion sociale et coordinatrice de «Châtel Sympa». 

D’ici au printemps, la recherche de terrains va se poursuivre et les propriétaires intéressés sont invités à se manifester. «Si nous nous rendons compte qu’il n’y a pas suffisamment de jardins, il faudra réfléchir ensemble à d’autres alternatives, comme des potagers en bacs», anticipe Gloria Arici.

Participation active

On doit aussi aux agents sympas les rencontres mensuelles «Grüezi! Et si on bavardait…» en Schwyzerdütsch au restaurant Le Châtel, la «Boîte Sympa» qui met des jeux à disposition des enfants et des parents au Grand Clos, ainsi que «Des mailles et des mots», des moments de tricot intergénérationnels. 

Plus récemment, se sont ajoutés les concepts de café ou de fondue suspendue (voir édition 235, 7 janvier 2026). Certains événements issus de ce programme tendent à devenir annuels, comme le Repair Café, reconduit pour une deuxième édition le 14 mars 2026, et la Fête des Voisins le 29 mai. «C’est vraiment eux qui mettent les projets en place, indique la déléguée à la cohésion sociale. De notre côté, à la Commune, nous les soutenons pour la logistique et la communication.»

Potagers partagés, séance d’information me 14 janvier (18h30), salle de l’Aigle (bâtiment de l’administration communale).

www.chatel-st-denis.ch/fr/vivre-a-chatel-st-denis/communication/actualites-communales/seance-d-information-les-potagers-partages

Une formation citoyenne

Agente sympa depuis la mise en place du programme en 2024, Gloria Arici a suivi une formation d’une valeur de 1’000 francs, entièrement prise en charge par la Commune, et dispensée en collaboration avec l’espace de formation fribourgeois «L’êtrier». Organisée en 10 modules répartis sur six rencontres, elle aborde l’estime de soi, la responsabilité, la diversité culturelle et les codes sociaux, afin de préparer les participantes à mieux interagir avec les habitants et à exercer leur rôle d’agente sympa. «Ce qui m’a motivée, c’était d’apprendre à connaître les autres habitants, de me rapprocher un peu plus de la Commune et d’être plus proactive dans ce qui peut se passer sur le territoire», confie-t-elle. «Les agents sympas entretiennent un contact privilégié avec l’administration communale et peuvent relayer certaines demandes des habitants. Certains vont même jusqu’à proposer des projets pour y répondre, comme dans le cas des potagers partagés, mais il n’y a pas d’obligations», précise Marie Masset. Les deux premières sessions de formation, organisées en 2024 et 2025, ont affiché complet, témoignant de l’intérêt pour cette démarche. La Commune compte désormais 24 agents sympas. «Les participants, de tous âges et horizons, forment un réseau d’habitants mêlant anciens et nouveaux arrivants, hommes et femmes, jeunes, seniors et parents», souligne la Châteloise. Face à cet engouement, une nouvelle session est prévue pour septembre-octobre 2026.

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