
Situés dans les bois à l’extrémité du domaine, ces anciens aménagements hydrauliques ont été démolis en 2021. | AIC Ingénieurs Conseils
Un chantier «délicat» est en passe de débuter dans la forêt située à l’est du Château d’Hauteville, à Saint-Légier-La Chiésaz. «Travailler là-bas ne sera pas évident», prévient Nicolas Delachaux, architecte responsable de la réhabilitation de ce domaine, propriété depuis 2019 de l’Université Pepperdine. «Le site est en pente, difficilement accessible et il s’agira de minimiser l’impact de cette intervention.» L’objectif des travaux? Le réaménagement du ruisseau de la Scie.
Passant sous l’autoroute A9 avant de ressortir dans cette zone boisée, cet affluent de l’Ognona a une importance historique. Et pour cause, depuis le XVIIe siècle au moins, une partie de son eau est déviée en direction d’un bassin situé à quelques pas en aval. Une retenue hydraulique qui a jadis permis d’alimenter un moulin aujourd’hui disparu, avant de devenir un bassin d’agrément propice aux promenades. «On y voit d’ailleurs des vestiges de ce qui a été un pavillon romantique», précise Nicolas Delachaux.
Il y a quatre ans, ces aménagements hydrauliques séculaires ont été victimes de pluies hivernales. «En janvier 2021, une énorme crue a complètement détruit la prise d’eau qui permettait d’alimenter le bassin», explique l’architecte. Les berges du ruisseau lui-même ont aussi été détériorées par cet événement, perdant en stabilité. «L’eau s’est frayée un chemin différent et des arbres sont tombés.»
Pour la vie sexuelle des salamandres
Les travaux projetés visent donc principalement à renforcer ces rives sur une soixantaine de mètres. «Le but est de permettre aux étudiants de faire leur jogging en toute sécurité.» Autre objectif: rétablir l’amenée d’eau vers le bassin. Car ce dernier, qui ne se remplit désormais qu’au gré des pluies, est considéré comme un «biotope d’importance régionale». Il abrite notamment des tritons palmés et des salamandres tachetées, dont le succès de la reproduction est lié à une alimentation permanente en eau.
Le chantier nécessitera le défrichement temporaire d’une surface de 600 mètres carrés, soit l’abattage de trois arbres matures et une dizaine de ligneux de taille moyenne. Les travaux de renforcement du ruisseau sont à la charge de la Commune de Blonay-Saint-Légier. Leur coût est estimé à près de 240’000 francs. La réfection de la prise d’eau, chiffrée à 18’500 francs, sera quant à elle financée par l’Université Pepperdine. Le projet est à l’enquête publique jusqu’à lundi.
