
Un panneau a été posé mercredi dernier en fin de journée à l’embouchure de l’Eau Froide. Par mesure de précaution, un autre a été installé à l’Ouchettaz toute proche. | L. de Senarclens – 24 heures
Dans quelques jours, Nicolas Imhof quittera son poste de chef de l’éducation physique et du sport après 21 ans à la tête de ce service. Le néo-résident de Brent, pourtant hyper actif et vaillant, prend, à 59 ans, une retraite anticipée. Rencontre à Vevey, où il a longtemps œuvré.
Nicolas Imhof, pourquoi partir en pleine force de l’âge du Service de l’éducation physique et du sport vaudois?
– Justement parce que dans la force de l’âge, je veux simplement profiter de la vie et assouvir mes passions. Mes parents sont morts alors que j’étais jeune, avant la fin de leur carrière…
Pourtant vous occupez un très beau poste et ce depuis longtemps, au cœur de l’État de Vaud.
– Je suis même le plus ancien chef de service en activité. Et c’est en effet un beau poste, avec surtout des collaborateurs passionnés qui partagent au quotidien la même passion du sport.
Quelles sont les missions du patron du sport vaudois?
– C’est très complet. C’est d’abord mener la politique du sport dans le canton. C’est aussi contrôler et animer l’éducation physique, organiser et développer le programme Jeunesse et Sport Vaud (J+S) et également le sport pour tous. Mon service assure un lien très important avec les associations sportives et les clubs. Nous collaborons et émettons un avis sur la construction, le développement, l’amélioration et l’utilisation des infrastructures sportives. Enfin, nous favorisons l’accueil de fédérations, actuellement 58, et nous nous occupons de l’organisation des manifestations sportives nationales et internationales sur sol vaudois.
Quelles furent les manifestations qui ont marqué vos deux décades?
– La Gymnaestrada en 2011 avec 19’000 participants, les Jeux olympiques de la Jeunesse en 2020, auxquels personne ne croyait, mais qui furent une incroyable réussite populaire, et l’obtention pour 2025 de la Fête fédérale de gymnastique dans notre canton.
Quelles ont été les avancées pour le sport vaudois ces dernières années?
– Il y en a eu pas mal. On peut relever la multiplication des cours de formation Jeunesse et Sport, la constitution d’une Loi cantonale en 2012, la création de la Maison du sport vaudois à Leysin. On peut encore citer la politique de soutien aux sportifs d’élite et de la relève. Enfin, l’élaboration du contre-projet gouvernemental à l’initiative populaire «Pour une politique sportive vaudoise ambitieuse». Un gros boulot. Je pars là-dessus.
Qu’est-ce qui a changé dans la perception de l’éducation physique et du sport, à l’échelon cantonal?
– La politique sportive est devenue beaucoup plus transversale. Elle touche désormais à l’aménagement du territoire, la santé, la formation, la sécurité, la mobilité. Les interventions parlementaires au Grand Conseil se sont aussi multipliées.
Et y a-t-il des retards au niveau du sport vaudois?
– Notre canton manque cruellement d’infrastructures sportives. 55% des clubs le disent et 25% sont dans l’obligation de refuser de nouveaux membres. Ce manque était déjà présent à mon arrivée en 2004. Il l’est toujours.
Lors de votre carrière, les politiques vous ont-ils plutôt soutenu ou ont-ils semé votre chemin d’embûches?
– Ça s’est toujours bien passé. Principalement avec les différents conseillers d’État qui ont dirigé le service. De Jacqueline Maurer-Mayor à Christelle Luisier Brodard en passant par Philippe Leuba et le regretté Jean-Claude Mermoud. Comme pour le World Trade Center, je me souviens très précisément où j’étais et ce que je faisais quand j’ai appris sa mort soudaine. Cela fut un énorme choc.
En parlant de personnalités, quelles sont celles qui vous ont le plus marqué dans l’exercice de vos fonctions?
– Quatre, principalement. Des êtres profondément intelligents et travailleurs, des bêtes politiques: Thomas Bach, le président du CIO, David Lappartient, celui de l’UCI, ainsi que Pierre-Yves Maillard et Christelle Luisier Brodard.
À partir du 1er septembre, comment vont se remplir les journées du jeune retraité Imhof?
– Passer plus de temps avec mon épouse, écouter de la musique en roulant dans ma voiture électrique, jouer davantage au tennis de table et probablement donner un coup de main à la fédération. Je souhaite également retourner en Écosse, mon pays préféré. Enfin, lire, randonner, et faire du pain, beaucoup de pain. J’adore ça.
Et la politique? Un mandat de conseiller communal à Montreux, ça vous tenterait?
– Je ne sais pas encore. Je me suis inscrit à la section locale des Verts libéraux pour l’instant.
Originaire de Rivaz, il est né le 22 mars 1965 en région parisienne à Lagny-sur-Marne: «Comme Thierry Rey, le premier judoka français champion olympique!» À 8 ans, il part vivre sur la Riviera avec sa mère et sa sœur. Marié deux fois, il n’a pas d’enfant. Après le gymnase à Burier, Nicolas Imhof décroche une licence en sciences politiques à Lausanne. Il remporte l’Anneau d’Or, récompense accordée par la TSR au meilleur jeune commentateur sportif amateur. Pigiste pour de nombreux journaux romands, il travaille ensuite dans une agence de communication comme texter, notamment un an au Parlement à Berne. Engagé par le Veveysan Yves Christen, ancien syndic et président du Conseil national, le jeune Imhof sera 6 ans durant secrétaire du Parti radical (PR). Conseiller communal, député, son parti le choisit pour l’élection à la Municipalité veveysanne en 2002. On parle aussi de la syndicature. Mais les coups bas internes d’une faction veveysanne PR le font renoncer. Amoureux depuis toujours du tennis de table, il est l’un des fondateurs du Swiss Open de Lausanne, puis du Top 16 européen à Montreux. Il fut aussi président de la fédération suisse. Sa plus grande passion? C’est la musique. Toutes les musiques. Principalement le rock progressif. «Le foot me fait bondir, mais la musique me touche au plus profond de mon être, parfois aux larmes.»
