La plage de la Maladaire pourrait être restaurée

La Municipalité de La Tour-de-Peilz envisage d’étendre la plage de galets de la Maladaire. Une transformation qui répond «aux paramètres environnementaux, sociaux et économiques» du lieu selon le vice-syndic Vincent Bonvin.  | M.-L. Dumauthioz – 24 heures

La Tour-de-Peilz
Un avant-projet de transformation de la plage de la Maladaire est actuellement à l’étude. L’objectif est de faciliter l’accès au bord du lac tout en le préservant.

Elle ravit les habitants tout comme les touristes du camping. La plage de la Maladaire, située entre La Tour-de-Peilz et Clarens, pourrait bien s’agrandir. La Municipalité boélande a accepté, en juin dernier, d’ouvrir un crédit de 41’000 francs afin de financer l’étude de la revitalisation et de la restauration de la grève. 

La plage de galets côté Clarens devrait se prolonger jusqu’à l’entrée du camping en longeant le pied du mur qui délimite la pelouse. Cette transformation découle d’un postulat soumis par Maria Luceron en juin 2022. 

L’élue du Centre, des Indépendants et des Vert´libéraux (LCIVL) se faisait le relais d’Henri-Daniel Champier, président de l’Association «Le Chemin des Galets», auprès de la Municipalité.

Le pêcheur professionnel milite depuis longtemps pour reconstituer les grèves du Léman. D’après lui, la diminution des poissons est due à la disparition des frayères naturelles – des zones où les poissons se réunissent pour pondre leurs œufs – formées par l’accumulation de galets déversés dans le lac par les rivières alpines. 

Or, ces galets sont une matière première précieuse pour le secteur de la construction. «Le Service des eaux, sols et assainissement prélève chaque année environ 5’000 m³ de matériaux d’alluvions», indique le postulat. De plus, 70% des rives du Léman sont urbanisées. Les grèves naturelles ne représentent plus que 3% du lac. 

Un projet à affiner

«La plage de la Maladaire est un lieu idéal pour ce projet de renaturalisation, notamment parce qu’elle se situe dans un creux par rapport à la géographie du littoral», précise Maximilien Walter, chef du Service de l’urbanisme et des travaux publics.

Si elle a été envisagée, la création d’une roselière a dû être écartée en raison de la force des courants. «La grève de galets est le projet qui répondait le mieux aux paramètres environnementaux, sociaux et économiques de la Maladaire», souligne Vincent Bonvin, municipal en charge ad interim du Service de l’urbanisme et des travaux publics. 

Si les rives sont de compétences communales, la gestion du lac est du ressort du Canton. «L’étude de faisabilité effectuée par l’État a démontré que le projet était possible, mais il doit être affiné», complète Maximilien Walter. 

Enlever un peu de pression

Quiconque s’est déjà baigné à la Maladaire, sait que le lac y devient vite profond. L’avant-projet doit déterminer si l’agrandissement de la grève à cet endroit est une modification pérenne. La force du courant et des vagues, le vent, etc. sont autant de paramètres à prendre en compte. L’écobilan des travaux pèsera aussi dans la balance.

À noter que la Confédération et le Canton soutiennent financièrement les Communes qui s’engagent à revitaliser les rives du lac. En avril 2024, de grands travaux de renaturation ont eu lieu à Saint-Sulpice. Ils ont été subventionnés par le Canton à hauteur de 60% et par la Confédération à hauteur de 35%. Un projet novateur pour restituer les rives du Léman à la nature. 

À la Maladaire, la renaturation ne sera pas «sauvage». L’agrandissement de la plage pour les baigneurs et l’amélioration du biotope pour les poissons essaient de conjuguer le meilleur des mondes.  

«Le but est d’améliorer l’accès au bord du lac tout en le préservant. L’accès à une plage plus grande apporterait une plus-value au camping, ainsi qu’aux habitants de la région, relève Vincent Bonvin. Cela permettrait aussi de soulager la pression qui pèse sur les rives du lac qui sont de plus en plus prisées l’été.»

 

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