
L’ôdieuse compagnie propose à des jeunes sans emploi de croire davantage en eux. | l’ôdieuse compagnie
La Rampe a six objectifs: apprendre à maîtriser une présentation devant un public, à travailler en groupe, à donner du sens à ce que l’on dit, à gérer les impondérables, ainsi qu’à améliorer son rapport à soi et sa confiance en soi. Tout cela en 20 mardis après-midi étalés sur six mois, au Théâtre Waouw à Aigle.
En point d’orgue, cinq représentations théâtrales programmées en avril 2025. «Nous voulons pousser les jeunes à oser aller vers l’autre et prendre la parole, pour faciliter leurs entretiens d’embauche et leur accès aux entreprises», s’enthousiasme Yann Mercanton, créateur du projet pilote avec Ingrid Theytaz. Les deux metteurs en scène et coachs en insertion professionnelle sont convaincus que le théâtre peut les aider à surmonter leur timidité, leur manque de dynamisme, à gérer leurs frustrations, comme leurs émotions. «Il s’agit de leur donner la possibilité de se rêver autrement.»
Les candidatures sont ouvertes aux 15-25 ans de la région Riviera-Chablais actuellement sans emploi. «Nous offrons dix places aux intéressés qui ont une réelle envie de s’engager, précise le formateur belgo-suisse. Par exemple, à celles et ceux qui sont en SeMo (ndlr: Semestre de motivation), qui n’ont pas trouvé de place d’apprentissage et suivent une formation post-obligatoire. Durant le projet, si certains décrochent un stage, ils auront la possibilité de quitter La Rampe et de revenir une fois leur contrat terminé.»
Jouer la vie active
Après trois ans passés en tant que coach en insertion, Yann Mercanton constate que la plus grosse difficulté des futurs employés est de «savoir être en entreprise. Prendre un téléphone, parler de façon correcte, exposer une situation, exprimer un besoin et conclure une conversation téléphonique paraissent être une évidence pour nous. Cela ne l’est pas pour eux. Ils ne maîtrisent pas les outils de la rhétorique, car ils échangent surtout par messages, lors de communications embryonnaires. Habiter leur corps et s’exprimer est un réel défi pour certains.» Parfois aux services sociaux, souvent isolés, sans perspectives, ils ne voient pas de solutions.
À cause des réseaux sociaux, ces jeunes se disent conditionnés par le regard des autres, peinent à imaginer leur existence sans jugement. «Nous tenons à leur démontrer que s’exposer n’est pas si compliqué. Et qu’une fois qu’on a réussi, on s’endurcit et on peut affronter des tâches bien plus difficiles.»
Les participants mémoriseront des textes choisis dans les écrits de Xavier Durringer. «Cet auteur a presque un langage de rue. Ils devront s’approprier une manière de s’exprimer qui n’est pas la leur, comme ils le feront avec un vocabulaire professionnel par la suite.» À noter: tout sera gratuit! «Nous demandons une chose: aller jusqu’au bout de la démarche.»
Infos et inscriptions: Ingrid Theytaz, 078 801 65 77
