
Ce samedi, dans la foulée de son assemblée générale, l’Association Jeunesse Aiglonne (AJA) fêtera ses 40 ans avec un joli programme ludique, sportif et festif. À cette occasion, Cyril Zoller quittera «hyper-sereinement» la présidence. Il sait laisser un mouvement requinqué à sa successeure, Morgane Kohli, après les turbulences qui l’ont agité au moment où il est arrivé, il y a neuf ans.
«Je suis notamment très heureux que nous ayons pu réinvestir nos locaux de la rue du Collège il y a quelques années, après en avoir été délogés», explique celui qui est aussi conseiller communal. Durant cette petite décennie, l’hyperactif Aiglon aura œuvré avec succès à «reconstituer un climat de confiance au sein de l’équipe, avec les autorités, et à consolider les activités de l’AJA, en créant des conditions de travail plus agréables pour l’équipe encadrante».
Celle-ci se compose désormais de six personnes, dont Célia Dumoulin, la coordinatrice depuis 2009. «Au local, l’accueil est libre, les jeunes peuvent venir librement après l’école, jouer, se poser, discuter avec l’équipe d’animation, créer du lien social. Certains viennent depuis 15 ans. Ce lieu est un repère pour eux.»
Mais, continue-t-elle, «l’AJA doit continuellement évoluer avec son temps et la société, pour toucher tous les groupes de jeunes. Les journées sport ne concernant pas tout le monde, les après-midi filles non plus, pourquoi pas une animation numérique à l’avenir?»
Certains groupes sont toutefois plus difficiles à apprivoiser que d’autres et tous les jeunes ne fréquentent pas le local. D’où les vélos acquis par l’association, pour aller à leur rencontre dans les quartiers. «Aujourd’hui, nous échangeons avec environ 800 d’entre eux sur l’ensemble de la commune, dont une centaine fréquente régulièrement nos locaux.»
Comme une famille
Ces résultats ravissent la Commune, elle qui couvre les salaires du personnel et la location du local. Pour preuve, son aide a passé de 175’000 à 250’000 francs en dix ans. «En contrepartie, nous avons formulé certaines demandes, comme favoriser la venue d’un plus grand nombre de filles, proposer des activités aux 7-10 ans durant les vacances, accueillir des 7-8P à midi pour compléter l’offre des UAPE, etc., explique Maude Allora, municipale de la jeunesse. L’AJA, c’est bien plus qu’un local!»
L’augmentation du nombre de postes a aussi permis à l’association d’être plus active sur le front de la recherche de fonds, elle qui doit couvrir seule ses frais de fonctionnement. Entre les demandes aux sponsors, les fondations et les contributions des lotos aiglons, la manne a doublé: d’environ 35’000 à près de 70’000 francs. L’action de l’AJA tend même à se régionaliser puisque des collaborations – dont une gestion commune des finances – ont vu le jour avec les homologues d’Ollon et Bex (Anim Ollon et Le Minot).
Après les hauts et les bas de ces 17 ans d’expérience, Célia Dumoulin savoure le chemin parcouru. «Le plus beau, c’est entendre des jeunes vous dire: <Chaque jour je venais à l’AJA, vous étiez là, vous me disiez bonjour, me demandiez comment ça allait à l’école, et ça m’a fait énormément de bien, parce que je n’avais pas forcément ça à la maison>. On est comme une famille pour eux.»
