Le ciel de Château-d’Œx se pare de ses plus belles couleurs

Après une première journée marquée par des vents forts, les ballons ont pris leur envol dimanche.  | FestivaldeBallons-ChateaudOex

Pays-d’Enhaut
Après une première journée perturbée par le vent, la 45e édition du Festival International de Ballons a pris son envol dimanche. Reportage.

Sous un ciel d’un bleu éclatant, les montgolfières de Château-d’Œx s’envolent une à une au-dessus des cimes enneigées, ce dimanche matin. «Bon vol, Marc!», s’écrie le commentateur du festival au micro, ses yeux rivés vers l’immense ballon qui entame doucement son ascension vers le ciel. À bord, les passagers, le sourire aux lèvres, saluent la foule en agitant la main. Les flammes des brûleurs se mêlent aux murmures du vent, créant une symphonie de puissance et de légèreté. Chaque jaillissement semble embraser le ciel. Depuis 10h ce matin, les équipes suisses, mais aussi françaises, anglaises ou encore américaines, s’affairent sur le terrain de décollage. 

Après une première journée contrariée par des vents forts, qui n’ont permis que des vols captifs (où les ballons sont maintenus au sol par des cordages, ne s’élevant qu’à une vingtaine de mètres), le moment tant attendu est enfin arrivé. Aujourd’hui, l’excitation est au rendez-vous, tant pour les pilotes que pour les visiteurs, qui, impatients, attendent leur tour. Cependant, la fenêtre météo est restreinte, les prévisions annonçant une hausse des vents d’altitude dans l’après-midi. «La sécurité avant tout», rappelle Julien Magnin, responsable communication de Pays-d’Enhaut Région.

Sur le terrain, la coordination est de mise. Les équipes unissent leurs forces pour préparer leurs ballons au décollage: la nacelle est installée, l’enveloppe du ballon dépliée, puis un ventilateur souffle de l’air froid avant que les brûleurs propulsent de l’air chaud. Peu à peu, le ciel se pare de couleurs éclatantes, tandis qu’une multitude de sphères flottantes survolent les Alpes vaudoises, oscillant entre 500 et 1’800 mètres d’altitude.

Le plus jeune pilote suisse

Parmi les pilotes présents, Idriss Pasche se distingue. À seulement 21 ans, ce Lausannois est le plus jeune aérostier de Suisse romande. Sa passion pour les montgolfières remonte à l’enfance, lorsque ses parents l’ont emmené à Château-d’Œx. Cette année, il participe au festival pour la première fois en tant que pilote.

«La féerie du paysage, le calme que ça apporte, cette sensation de planer. C’est qu’en ballon que je ressens ça», confie-t-il. Idriss Pasche cumule déjà une septantaine de vols à son actif. Mais la passion seule ne suffit pas à en faire un métier. Son gagne-pain est la vente automobile. «On est tellement tributaires de la météo, que c’est dur d’en vivre pleinement.» 

Membre du club de montgolfière de Château-d’Œx, l’aérostier nourrit un rêve ambitieux: un jour, avoir son propre ballon, sponsorisé par une entreprise. Soudainement interrompu, il intervient pour prêter main forte à son équipe, dont le ballon vacille sous l’effet du vent. Ce matin, il s’apprête à voler en tant que co-pilote, aux côtés de l’expérimenté Nicolas Tièche, également membre du club damounais. Seul le vent décidera de la direction et de la destination de leur vol. «On ne sait jamais où on va atterrir, c’est l’aventure à chaque fois», s’enthousiasme Idriss Pasche.

Mille et une formes 

Les ballons traditionnels, en forme de goutte d’eau, ont laissé place à des formes pour le moins originales. Désormais, des animaux, un tournevis, une bouteille de gaz ou encore le liquide vaisselle «Handy» orange de Migros flottent dans le ciel. Sous les yeux émerveillés des enfants, dont Ileana, 4 ans et demi. «Regarde maman, la tête d’oiseau!», s’exclame-t-elle tout en pointant du doigt une montgolfière. Non loin de là, des mini-montgolfières prennent peu à peu forme. Valentin, venu tout droit du Verdun en France, s’affaire à l’installation de sa montgolfière miniature, confectionnée entièrement de ses mains. Une nacelle en rotin, tressée par ses soins, est accompagnée d’un système électrique pour télécommander la montgolfière depuis le sol. «Il m’a fallu une année complète, de la conception à l’assemblage, avant de pouvoir la faire voler», raconte ce passionné qui s’apprête à entreprendre la formation d’aérostier en France. La quiétude des montgolfières est dissipée par le vrombissement d’un avion acrobatique, captivant tous les regards.

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