Le projet de nouveau collège balayé par la population

Jongny
Estimé à plus de 12 millions de francs, le futur complexe scolaire a été clairement refusé en votation dimanche. Sa construction aurait impliqué la démolition du «Collège 1984».

Les urnes ont donc parlé, et plutôt franchement. À Jongny, la population ne veut pas du nouveau projet de collège. Dimanche, par 62% des voix contre 36%, les votants ont refusé le crédit de 12,5 millions de francs destiné à la réalisation d’un nouveau complexe scolaire. Porté et défendu par la Municipalité, ce nouveau bâtiment devait abriter six classes d’école, une UAPE de 120 places et une crèche de 44 places. Le projet prévoyait la destruction du «Collège 1984».

«L’attachement à ce dernier a sans doute été l’un des deux axes de notre succès», estime Markus Reinhart, président de l’association «Sauvons notre Collège 84». Il souligne que ce bâtiment a vu passer plus d’une quarantaine de volées d’écoliers. «La philosophie sociétale et politique actuelle est de revaloriser l’existant.» Autre facteur décisif selon lui: le coût du nouveau projet. «Investir autant pour une petite commune qui n’a pas d’industries, c’était incompréhensible pour beaucoup de gens.»

Syndique réélue ce printemps, Nicole Pointet ne cache pas sa déception. «Cela faisait des années qu’on travaillait dessus. Un crédit d’étude d’un million a été investi, mais il va falloir tout recommencer depuis le départ, avec le retard que cela impliquera.» De son point de vue, le calendrier a été défavorable au projet. «C’est survenu en même temps que les élections communales. Des personnes sont arrivées dans ce contexte avec des ambitions politiques (ndlr: deux nouveaux élus en mars sont issus d’une liste opposée au projet).» Et l’édile de regretter: «La campagne a été dominée par l’émotionnel et la peur des conséquences financières.»

«Je ne vais pas
démissionner»

Si le projet est enterré, les besoins demeurent. En témoignent les listes d’attente pour les places en crèche et en UAPE. «Nous avons une nouvelle Municipalité qui va pouvoir remettre l’ouvrage sur le métier. Les bases sont posées pour une bonne collaboration», estime l’édile. 

Une vision que ne partage pas Markus Reinhart. «À titre personnel, je ne suis pas convaincu de la légitimité à siéger des trois municipales réélues, lesquelles font partie de la Municipalité ayant porté ce projet. Le fait est qu’elles conserveront la majorité à l’Exécutif. Qui me dit qu’elles ne retomberont pas dans les mêmes travers? À mes yeux, la question de leur démission se pose réellement», lâche-t-il. 

«Je n’ai pas vécu le résultat de ce scrutin comme un désaveu, rétorque Nicole Pointet. Pour ma part, je ne vais pas démissionner. C’est le jeu démocratique, certains projets ne passent pas, c’est notre responsabilité de nous remettre au travail.»