Le sommeil, clé de notre santé

En plus de leurs interventions sur le sommeil, Fabien Mock et Romain Bertrand proposent un lit de sieste, conçu pour favoriser le repos hors de chez soi. |DR

Vevey
Entre mythes et réalité, des spécialistes ont expliqué jeudi dernier la place et la conséquence des écrans sur le sommeil lors d’une conférence.

Difficultés à s’endormir, réveils fréquents durant la nuit, insomnies. Des problèmes qui altèrent la qualité de vie et la capacité de concentration de près de trois millions de personnes en Suisse. Sans oublier l’augmentation de symptômes de dépression. 

En 25 ans, la prévalence des troubles du sommeil a augmenté, selon une enquête suisse sur la santé publiée ce mois. En 2022, un tiers de la population suisse souffrait de troubles du sommeil et sept personnes sur 100 consommaient des médicaments pour dormir.

Face à ce constat préoccupant, l’infirmier Fabien Mock et l’ergothérapeute Romain Bertrand, sous la houlette de leur entreprise Tissâge, ont organisé une conférence publique pour thématiser cet enjeu au prisme des écrans, désormais omniprésents. «Il faut cesser de penser qu’un médicament est la solution miracle, précise Fabien Mock. Il faut surtout apprendre à se déconnecter pour se reconnecter à soi.» 

Un réseau pour sensibiliser

Entre fausses croyances et réalité, les deux spécialistes ont mis en exergue certaines idées reçues. Un exemple: le filtre anti-lumière bleue. «Cela ne va pas tout résoudre, car il s’agit aussi d’une question de comportement, explique Romain Bertrand. Au-delà de l’écran, nous sommes stimulés par l’activité qu’on en fait.»

Pour autant, l’interdiction des écrans n’est pas la solution, selon Romain Bertrand. «Les écrans occupent désormais une place importante dans nos relations sociales. Il faut apprendre à mieux réguler nos usages.»

 «Les mécanismes d’addiction sont puissants, poursuit Fabien Mock. La présence abusive d’écran a un impact non négligeable sur le sommeil, et donc sur l’apprentissage. C’est pourquoi nous faisons désormais de la prévention dans les classes.»

Face aux résultats jugés «alarmants» de cette enquête, un réseau national va être lancé le 23 octobre à Berne. Nommé «Réseau sommeil suisse», son objectif  est de mettre en relation les professionnels et de sensibiliser le grand public «à la ressource importante que représente le sommeil pour la santé». 

Soigner la sieste

En invitant le médecin spécialiste du sommeil Réda Hassaïne, venu tout droit de Toulouse, l’attention était concentrée sur la corrélation entre environnement et sommeil. En d’autres termes, la manière dont notre mode de vie affecte la qualité de notre sommeil. 

La sieste fait partie des solutions pour prévenir les pathologies liées au manque de sommeil. «Celle-ci vient compléter la partie diurne et permet d’améliorer notre qualité de vie et nos performances», précise ce médecin comportementaliste.

GALERIE