
Adrian Memeti (MS) et Franco Immediata (RM) se réjouissent des travaux à venir pour le terrain de Chailly. Mais ils craignent aussi de devoir être un peu à l’étroit sur les autres terrains lors du chantier. | X. Crépon
À Chailly, les souvenirs sont nombreux autour du rectangle vert. Tant de matches joués, tant de passements de jambes et tacles – accomplis avec plus ou moins de réussite – et surtout un nombre incommensurable de ballons au fond des filets. Depuis 1932, le stade emblématique de la ville tient fièrement sur ses quatre murs. Mais sa structure accuse aujourd’hui le poids des années.
Les derniers travaux y ont été effectués il y a près de 20 ans (construction de la buvette, rénovation des vestiaires, réfection d’une partie de la pelouse et pose de panneaux photovoltaïques). Mais plus grand-chose n’a ensuite été entrepris après 2014. Et dans les clubs, cela se ressent. «On est très chanceux de pouvoir disposer d’un stade mythique comme celui-ci, s’enthousiasme Adrian Memeti, président du Montreux Sports. Demandez aux footballeurs: jouer sur herbe de nos jours, cela devient presque une exception! Mais là, on doit parfois jongler avec les aléas de ce terrain.»
Et son homologue du Rapid-Montreux, Franco Immediata, de préciser: «Globalement on est super bien lotis. Mais pour ce qui est du stade de Chailly, c’est vrai que cette saison, au premier tour, on n’a pas pu l’utiliser un mois sur trois… À cause de la météo, il était devenu impraticable.»
Matches et entraînements déplacés
Ces travaux sont donc attendus par ses usagers. La Ville, elle, estime qu’ils doivent «être entrepris rapidement, afin de garantir l’exploitation du stade».
Dans les grandes lignes, elle prévoit d’améliorer le gazon pour accueillir plus d’équipes (ndlr: actuellement les Unes de Montreux Sports et de Rapid-Montreux y jouent et s’y entraînent), de changer le système d’éclairage vétuste pour du LED et de remettre en état plusieurs murs de soutènement. Des palissades en béton seront remplacées et deux sorties supplémentaires seront aussi créées pour pallier la problématique actuelle d’évacuation du public lors des matches nationaux et internationaux. Si l’enveloppe est octroyée ce soir, le chantier devrait s’étaler de mai à novembre de cette année. Le hic? La saison ne sera pas encore terminée – elle prend fin début juin, et la suivante commencera l’été suivant, alors que tout ne sera pas encore achevé.
Alors où pourront bien jouer ces équipes pendant ce chevauchement? «Les matches et les entraînements seront reportés sur les terrains synthétiques de la Saussaz», annonce la Municipalité. Les deux clubs devront donc peut-être jouer des coudes pour trouver un peu de place. «Au total, on cumule près de 600 joueurs dans nos deux structures. À Rapid, on n’a déjà dû refuser l’inscription de 50 enfants cette année, relève Franco Immediata. Et ça, c’est sans compter ce qui va arriver cette année avec la Coupe du monde qui crée toujours un certain engouement.»
Face aux extensions de ces clubs, le gazon pourrait, à terme, ne plus suffire, selon le président du Rapid-Montreux. «C’est clair que pour le confort, jouer sur herbe est davantage apprécié par les joueurs. Mais l’avantage du synthétique, c’est qu’il est en principe exploitable toute l’année. Un jour, on n’aura peut-être plus le choix de changer ce terrain.»
