
Dans «Cap ou pas cap», la quadruple championne du monde de paraescalade, Solenne Piret se lance le défi de gravir en tête le Grand Capucin. À découvrir le 25 juillet lors de la 57e édition du FIFAD, devenu le FIFALP. | H. Clouzeau
Pour cette nouvelle édition, le grand rendez-vous cinématographique suisse consacré à la montagne s’offre un nouveau nom. Le FIFAD devient désormais le FIFALP – le Festival international du film alpin des Diablerets. «Nous nous sommes rendu compte qu’à part les habitués, peu de gens, surtout les jeunes, savaient que le D de FIFAD figurait pour les Diablerets, alors que Alp, c’est évident pour tout le monde. Ça renforce la dimension de la montagne», résume le directeur artistique, Benoît Aymon.
Si le nom évolue, l’ancrage demeure le même. «Les Diablerets restent notre camp de base, mais ça ne nous empêche pas depuis des années d’avoir des camps avancés à Villars, Château d’Oex et cette année en Valais pour la première fois, à Anzère.» Cette métamorphose s’est accompagnée d’un remaniement de l’identité visuelle du festival, imaginée en collaboration avec des étudiants de l’ERACOM.
Du 25 juillet au 1er août, 65 films documentaires seront projetés, dont de nombreux longs métrages. «Choisir un long format, c’est renoncer à deux courts métrages. Nous ne les retenons que lorsqu’ils sont vraiment excellents, pour éviter que les gens s’ennuient. En avoir davantage cette année témoigne de la belle vitalité du cinéma alpin», se réjouit Benoît Aymon.
Les premières de cordée sur grand écran
Cette édition fait notamment la part belle aux réalisatrices et aux femmes. «Les films faits par et sur des femmes sont nombreux cette année», confirme-t-il. Parmi les films d’ouverture figure «La Route», de l’anthropologue Marianne Chaud. Le documentaire montre les paysans des villages les plus reculés de l’Himalaya indien devenus aujourd’hui ouvriers d’une grande route qui traversera bientôt leur vallée de part en part. Un projet colossal de l’armée indienne.
«Marianne Chaud dévoile l’intimité de ces forçats de la route, avec notamment des femmes qui rient et se sacrifient pour payer les études de leurs enfants», confie Benoît Aymon.
Le moyen-métrage de Jérôme Tanon «Cap ou pas cap», consacré à la grimpeuse Solenne Piret, née avec une seule main, sera projeté le samedi 25 juillet, tandis que le mercredi suivant, le public découvrira «Via Alpina, sur la voie des pionnières», de Zoé Lemaitre.
Le vendredi 31 juillet, les habituels ciné-concerts laisseront place à un spectacle musical de la violoncelliste Sara Oswald, «Loretan et moi», une lettre d’amour à l’alpiniste fribourgeois décédé, Erhard Loretan. Le dernier chef d’œuvre du réalisateur Vincent Munier, «Le Chant des forêts», sera projeté le dimanche 26 juillet.
Récits de voyage
Autres temps forts à souligner: le mercredi 29 juillet sera consacré aux mots, aux récits de voyage et à celles et ceux qui racontent la montagne autrement. Les écrivains voyageurs seront mis en avant, dont l’auteur François-Henri Désérable, grand prix du roman de l’Académie française pour son roman «Mon maître et mon vainqueur». La journée sera également marquée par la remise des Prix du livre de montagne 2026, attribués à Silvia Avallone pour «Cœur noir» et à François-Henri Désérable pour «Chagrin d’un chant inachevé».
Autre nouveauté: une table ronde, organisée par Moving Mountains Forum, réunira le jeudi 30 juillet réalisateurs et producteurs autour d’une question: «Comment la montagne suisse peut-elle attirer le cinéma mondial?»
Quant au Mérite alpin 2026, il sera remis à Raphaël Mayoraz, ancien chef du Service des dangers naturels en Valais, à l’origine de la décision d’évacuer le village de Blatten juste à temps. Le festival se clôturera en beauté le 1er août avec la proclamation du palmarès, avant de laisser place aux célébrations de la Fête nationale.
