
Amies et agricultrices, Isabelle Dupertuis-Fuchs et Isaline Krieger forment le duo des «Isa’s» et partagent leur quotidien sur les réseaux sociaux. | DR
Au milieu des vaches, micro à la main, Isabelle Dupertuis-Fuchs interroge son amie Isaline Krieger sur son quotidien d’agricultrice. Derrière leurs sourires complices, la discussion se veut sérieuse et chaque mot est soigneusement choisi pour décrire la réalité de leur métier. Cette première vidéo, publiée fin janvier sur la plateforme YouTube, marque le début de l’aventure des «Isa’s».
«Les deux premières vidéos, où l’on se présente tour à tour, sont celles qui m’ont le plus marquée», partage Isaline Krieger, 28 ans, agricultrice à la Ferme du Creux-Guillod, à Attalens. Avec spontanéité, la jeune femme admet qu’elle ne s’attendait pas à ce que l’exercice soit aussi difficile. Sa partenaire de tournage a, elle aussi, été surprise par l’expérience. «Me voir, moi et mon écurie, d’un point de vue extérieur, cela m’a fait bizarre», glisse Isabelle Dupertuis-Fuchs, 37 ans, agricultrice à La Forclaz (VD).
«À chaque fois, on publie un bêtisier. Le montage est difficile, car on rit beaucoup», confient-elles. Derrière les vidéos, un autre duo leur prête main-forte. Marlyse et Marco Gamba, des clients d’Isaline Krieger, les accompagnent pour les tournages, le montage et la gestion de leurs réseaux sociaux. «Nous validons toujours le montage final», précisent-elles.
Deux amies, une même passion
L’amitié des deux influenceuses en herbe remonte à loin. Isaline Krieger se souvient de l’arrivée d’Isabelle Dupertuis-Fuchs à La Forclaz, où elle a grandi. À l’époque, elle avait environ 14 ans et rêvait déjà de devenir agricultrice. «Je suis ensuite partie faire ma formation, on s’est perdues de vue, se souvient l’Attalensoise. On s’est retrouvées il y a un peu plus de trois ans, lorsque j’ai voulu proposer le fromage que produit Isabelle, Le Chavonne, en vente directe à la ferme.»
Animées par la même passion pour leur travail, elles aiment aussi être féminines, se faire belles, sortir, danser et profiter de la vie. Le projet des «Isa’s» trouve d’ailleurs son origine dans leur envie de montrer leur quotidien et leur métier sous un autre angle. «On en a eu assez d’entendre en soirée ou de la part de nos pairs: <Ce n’est pas possible que tu sois paysanne, tu es super bien habillée, très féminine.> Cette remarque nous agace!»
Elles ne souhaitaient au départ réaliser qu’une seule vidéo humoristique, pour se jouer des clichés. Mais elles constatent finalement, au contact de leur clientèle, que leur métier reste encore mal connu. «Au magasin, on m’interroge souvent, explique Isaline Krieger. Par exemple, quelle est la différence entre un taureau et un bœuf? Le bœuf est castré, le taureau non.»
Un quotidien filmé avec humour et authenticité
Sur leur chaîne YouTube, neuf épisodes sont disponibles et donnent un aperçu de leur quotidien, souvent avec une touche d’humour destinée à «ramener un peu de joie et de rire dans la vie des spectateurs», souligne la benjamine du duo.
On y apprend notamment comment manger la soupe de chalet dans le dietzet (ndlr: récipient en bois), on y voit l’inalpe des Chavonnes, ou encore Isaline Krieger monter ses vaches à l’alpage d’Audon. «Cette vidéo m’a beaucoup touchée, révèle Isabelle Dupertuis-Fuchs. Isaline est tellement sûre d’elle quand elle conduit le tracteur avec les vaches dans la bétaillère. Je l’ai trouvée magnifique et courageuse. De même quand elle présente son magasin. C’est un soleil, cette fille.»
Son amie exprime la même admiration. «Isabelle est cheffe d’exploitation, elle trait ses vaches, fabrique elle-même son fromage et le vend. Elle assume l’ensemble des tâches de la ferme, avec la même polyvalence que n’importe quel agriculteur.»
Entre plaine et montagne
À travers leurs vidéos, «Les Isa’s» montrent que le métier d’agricultrice ne se résume pas à une seule réalité. Isaline Krieger travaille en plaine, dans une exploitation conventionnelle, où elle élève des vaches allaitantes, engraisse des porcs et des poulets fermiers. De son côté, Isabelle Dupertuis-Fuchs est agricultrice en montagne, en agriculture biologique. Elle élève des vaches laitières et fabrique elle-même son fromage.
«Filmer les vidéos demande une organisation complexe avec nos emplois du temps, mais c’est très sympa. C’est aussi le charme des «Isa’s», rien n’est parfait, mais tout est vrai», commente Isaline Krieger, qui prévoit le développement de formats courts verticaux à l’avenir. Elle ajoute que l’essentiel ne se mesure ni aux vues ni au succès. «On est vraiment sorties de notre zone de confort, et il n’y a rien de plus enrichissant.»
Plus d’infos:
YouTube: youtube.com/@lesisas
Instagram: instagram.com/les_isas/
