
L’artisane et artiste Bertille Laguet cherche du soutien pour s’installer dans une nouvelle forge. | M. Kluka
«C’est la douche froide.» Cet été, la forgeronne apprenait la résiliation de son bail commercial. «Je prends cette nouvelle comme une opportunité d’avoir ma propre forge», relativise aujourd’hui Bertille Laguet. Un coup dur qu’elle tente malgré tout d’infléchir avec une volonté de fer. «L’aspect émotionnel est difficile à gérer. Mon but reste de perpétuer cette tradition séculaire.»
Une décision également «dure à prendre» pour le propriétaire Philippe Naegele, qui incarnait la quatrième génération de forgeron installée à Chexbres. «Le cœur n’y est pas, mais rien n’est précisément prévu pour la suite», confie-t-il.
Connue sur la Riviera pour avoir notamment réalisé les couronnes et les hallebardes de la Fête des Vignerons en 2019, sous la houlette de Philippe Naegele, l’artisane souhaite désormais trouver un nouveau local dans les environs. «J’aimerais pouvoir acheter un espace aux alentours de Chexbres, afin de garder ma clientèle et mes fournisseurs.» Sauf que ce projet nécessite un apport financier personnel conséquent. «D’où ma campagne de récolte de fonds, rebondit Bertille Laguet. Si je récolte suffisamment d’argent, cela me permettra de poursuivre ma pratique et de concrétiser un rêve, celui d’avoir un lieu à moi.»
Nouveau départ
Seule au fourneau depuis un peu plus de quatre ans, cette gardienne d’un savoir-faire incarne le visage de la relève (Prix Relève des métiers d’art 2018). Établie depuis plus d’un siècle au centre du village, cette forge est ainsi devenue un creuset alliant tradition et formes contemporaines.
Si le couperet tombe en 2030, Bertille Laguet veut battre le fer tant qu’il est chaud et se donner les moyens de rebondir au plus vite. Quelques difficultés viennent toutefois joncher son chemin. Mettre toute une vie dans des cartons est déjà une expérience ardue, alors imaginez déplacer une forge… Il faut compter plusieurs tonnes d’enclume, de marteau-pilon et l’installation d’une cheminée. Un déménagement de titan qu’elle souhaite entreprendre afin de perpétuer cet artisanat, en alliant respect des traditions et modernité.
L’objectif visé de sa récolte de fonds, soit 100’000 francs, permettra de financer son déménagement et de lui fournir une somme nécessaire à l’achat d’un bien pour continuer à y frapper du marteau.
