
La route de Corbeyrier entre Vers-Morey et Vers-Cort est fermée certaines nuits et le sera durant deux journées complètes. Mise devant le fait accompli, la Commune s’en est agacée. | K. Di Matteo
La Municipalité de Corbeyrier est montée aux barricades face à ce qu’elle considère une «prise en otage» par la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR). La raison? La coupure complète (et déjà effective) de la route Yvorne-Corbeyrier entre les hameaux de Vers-Morey et Vers-Cort durant les nuits du 13 juillet au soir au jeudi matin 16 juillet entre 20h et 5h, et plus encore, à venir, l’entier des journées du mardi 21 et jeudi 23 de 6h à 20h, pour en refaire l’enrobé.
«Corbeyrier sera donc coupée du monde durant plusieurs heures de suite et cela n’est pas concevable», a notamment écrit le municipal des routes Steve Dind au Canton.
Délai trop court
L’élu ne conteste pas les travaux, ni que ceux-ci aient été discutés en 2023 déjà, mais «une des conditions, et pas des moindres, était que cette information lui parvienne deux, voire trois mois avant la date de réalisation des travaux». Or, le courrier de la DGMR est daté du 1er juillet.
Bien trop court, juge la Commune, pour préparer sa population, ses commerces et, plus encore, l’EMS Victoria. «Certains habitants auraient pu prévoir de partir en vacances ces jours-là ou d’aller résider ailleurs, par exemple.» Les réactions sont du reste vives sur le groupe WhatsApp du village, de même que les gestes de solidarité.
Contactée, la DGMR «reconnaît qu’une communication plus précoce sur les modalités définitives du chantier aurait été souhaitable». Elle se dit en contact étroit avec les autorités pour atténuer autant que possible les nuisances et précise que sur les 160 jours du chantier de réfection de cette route (et dont le gros a été réalisé l’an dernier), seuls six nécessitent sa fermeture totale.
La raison principale invoquée pour expliquer le retard de communication est liée à la «coordination préalable avec l’armée, afin d’identifier les périodes durant lesquelles aucun tir n’était prévu dans le secteur de l’Hongrin». Ce dernier offre en effet un itinéraire alternatif pour rejoindre Aigle depuis Corbeyrier en passant par le tunnel des Agittes, La Lécherette et le col des Mosses, moyennant une heure et quart de plus sur le trajet habituel.
Des bouts de solutions
En temps normal, ledit tunnel des Agittes, taillé dans la roche et trop étroit pour croiser, ne permet des traversées que dans un sens à la fois, et seulement 15 minutes par heure à la belle saison. «Mais après un échange avec la DGMR, il a été convenu que la route de l’Hongrin serait ouverte jour et nuit et que lors des journées de fermeture complète, deux personnes munies de palettes vert-rouge fluidifieront la traversée du tunnel en évitant de devoir attendre une demi-heure à chaque fois», explique Steve Dind.
Sur le plan sécuritaire, un protocole pour les pompiers a été défini et la Rega se tient prête par hélicoptère en cas d’urgence. Dernière mesure dédidée: ramener la fourchette horaire des travaux en journée de 7h à 17h, mais sur trois jours et non deux.
Au final, pour Steve Dind, cet incident doit servir de leçon à tout le monde. «J’aurais peut-être dû m’inquiéter de savoir si les travaux étaient prévus cet été, mais l’aspect communication revient complètement au Canton. C’est sa route, ses travaux.»
