Quand le Jazz dicte le tempo de la finance

Lilian Nordet (HUB+), Marc Lebel (Edelvault SA), Eric Rabl (Everything.inc et TEK), Yannick Fattebert (TEK). | DR

Montreux
En parallèle du festival de jazz, le réseau économique vaudois The Edelvault Series propose cinq rencontres pour comprendre la place financière suisse et son potentiel de réinvention.

Dans l’atmosphère conviviale et ouverte du Jazz, presque les pieds dans l’eau, il sera question notamment d’argent. Pas celui que l’on garde sous son matelas, mais celui qui transite, de plus en plus souvent, à toute berzingue, quasi à la vitesse de la lumière, entre banques, entreprises et investisseurs. Du 14 au 18 juillet, sur la terrasse TEK, l’entreprise Edelvault entend rendre accessible cette transformation profonde de la place financière au grand public. 

Car la gestion de fortune suisse entre dans une nouvelle ère. Intelligence artificielle, actifs numériques, tokenisation ou blockchain redessinent progressivement les métiers de la finance. 

Une place financière en évolution

Durant cinq après-midi, banquiers, historiens, entrepreneurs, juristes et spécialistes de l’intelligence artificielle vont partager leur vision de la finance, avec une ambition: expliquer simplement des sujets souvent perçus comme complexes. Pari un peu «foufou», certes: faire parler des calures sur des sujets réputés abscons, mais avec des mots compréhensibles. 

«L’idée est que chacun puisse venir écouter, poser des questions et comprendre les évolutions de la place financière suisse, explique Marc Lebel, fondateur d’Edelvault et organisateur de l’événement en partenariat avec HUB+, Crypto Valley Association, Women in Web 3 et Everything.inc. Il s’agit d’un événement professionnel, mais accessible à tous et gratuit.»

Pour le public, ce sera l’occasion de découvrir les coulisses d’un secteur et les enjeux sous-jacents de la gestion de fortune, un monde en pleine métamorphose. Car les nouvelles générations d’investisseurs n’ont plus les mêmes attentes que leurs aînés.

Une gestion de patrimoine 3.0

Si la Suisse a bâti sa réputation sur l’excellence de sa gestion de fortune, aujourd’hui ce savoir-faire historique entre dans une nouvelle phase. Intelligence artificielle, actifs numériques, blockchain, cybersécurité ou encore nouveaux modèles d’investissement: les métiers, les outils et les besoins des investisseurs se transforment progressivement. 

Une mutation qui ne remet pas en cause les fondamentaux du «modèle suisse», selon Marc Lebel, mais les prolonge en faisant émerger une véritable gestion de patrimoine 3.0, où l’innovation technologique vient renforcer l’expertise humaine.

«La blockchain est révolutionnaire»

Lorsque l’on évoque les cryptomonnaies, beaucoup pensent immédiatement à la spéculation. Une image réductrice, selon Eric Rabl, entrepreneur montreusien, fondateur d’Everything.inc et initiateur de la TEK. «Ce qui est vraiment révolutionnaire, c’est la technologie qui se trouve derrière, la blockchain. Elle permettra de simplifier énormément de processus qui sont encore très lourds aujourd’hui.» 

Aujourd’hui, lorsqu’une transaction financière passe d’un établissement à un autre, plusieurs intermédiaires interviennent. La blockchain permet de sécuriser et d’automatiser une partie de ces échanges, avec moins d’étapes, davantage de transparence et des délais ultra réduits. «Dans quelques années, les utilisateurs ne verront peut-être même pas la différence, poursuit-il. Ils continueront à utiliser leur banque ou leur application. C’est l’infrastructure qui changera. Et ce sera moins cher.»

L’humain au centre

L’autre grand sujet de ces rencontres sera l’intelligence artificielle. Là encore, les fantasmes sont nombreux. Les professionnels, eux, voient surtout un outil capable de leur faire gagner du temps. «L’IA ne remplace pas l’expertise, souligne Lilian Nordet, directrice de HUB+ (ndlr: une association indépendante qui fédère les principaux métiers de la gestion de fortune et du conseil financier). Elle permet surtout d’automatiser certaines tâches, afin que les professionnels puissent consacrer davantage de temps au conseil, à la stratégie et à la relation avec leurs clients.» 

Il ne s’agit pas ici d’une rupture, mais d’une «évolution logique». Avec une mission qui reste la même: accompagner les familles, protéger leur patrimoine et préparer les transmissions entre générations. Une manière de rappeler qu’au-delà des algorithmes ou de l’IA, la finance reste avant tout une affaire humaine. 

Se projeter en 2035

Comment l’argent circulera-t-il demain? Les banques fonctionneront-elles autrement? Les nouvelles technologies remplaceront-elles certains métiers ou permettront-elles surtout d’en créer de nouveaux? 

Pour tenter d’éclairer ces questionnements, les discussions débuteront par un retour sur plus de deux siècles d’histoire de la place financière suisse, avant de s’achever sur une question simple: à quoi ressemblera-t-elle en 2035? «La Suisse a toujours su se réinventer, déclare Marc Lebel. Chaque grande évolution technologique a été une opportunité. Nous sommes aujourd’hui à un nouveau tournant.»

Plus d’infos: edelvault.com/montreux-tek/

Le programme complet et les discussions seront aussi accessibles en ligne. Un rapport, publié en septembre, rassemblera les principales réflexions issues de ces rencontres.