Quand les grands cuisinent pour les petits

En 1h30, les élèves ont réalisé une vingtaine de pots de confiture à destination des enfants de l’accueil pré et parascolaire. | J. Collet

Blonay-Saint-Légier
Des élèves ont réalisé des confitures «maison» à l’école pour agrémenter le petit-déjeuner de leurs camarades. Une action qui devrait perdurer.

Dans la salle de cuisine de l’établissement primaire et secondaire de Blonay-Saint-Légier, des élèves de dixième – issus des trois classes de voie générale – s’agitent. Passoire, planche à découper, balance et casserole surgissent sur les plans de travail. Âgés de 12 à 13 ans, les onze adolescents ont des gestes sûrs, hérités de l’expérience acquise au cours de l’année précédente.
Ce vendredi, ils ont débuté leur cours de cuisine par l’élaboration de confitures avant de concocter leur repas de midi. Les pots seront consommés lors des petits-déjeuners des enfants de l’accueil pré et parascolaire en remplacement des confitures industrielles. Cette initiative est portée par Sarah Mancuso-Reymond, directrice du Réseau Enfance Blonay-Saint-Légier (REBSL) et Christine Hilfiger, responsable durabilité de l’EPS.

Premier essai
Bien que la rentrée ne soit pas la période idéale pour trouver un surplus de fruits locaux, Angélique Bossey a préféré lancer le projet sans attendre. «Pour cette fois, j’ai acheté des fruits en grande surface, livre cette professeure d’éducation nutritionnelle. Des synergies avec des producteurs locaux sont à créer.»
Fraises, framboises, abricots… Chaque binôme se voit attribuer un fruit et une fiche avec la recette à suivre. De leur côté, Vasco et Meg préparent une gelée de groseilles. C’est une baie qu’ils connaissent tous les deux, car ils en ont dans leur jardin respectif. «J’ai déjà fait de la confiture de pruneaux avec mes tantes au Portugal, raconte Vasco. Récemment, on a récupéré des pommes tombées après la tempête pour réaliser de la compote avec ma mère.»
En face, Luca coupe des abricots tout en mangeant quelques quartiers. «Ce qui me motive dans la cuisine, c’est d’apprendre des recettes que je peux reproduire à la maison. Cela permet d’avoir plus de choix au moment de préparer ce que l’on va manger. J’ai déjà cuisiné des aubergines farcies, par exemple», partage avec fierté l’adolescent.

Apprendre par la pratique
Devant une grosse casserole pleine de myrtilles et de sucre, Nina patiente. «Je m’attendais à ce que ce soit plus compliqué, mais cela prend juste du temps», analyse la jeune fille tout en surveillant sa préparation. «Mon papa s’est formé à l’École hôtelière de Lausanne. Il cuisine beaucoup à la maison et je l’aide souvent. Ce que je préfère, c’est la pâtisserie», confie Nina.
Emilie, elle, zigzague entre les plans de travail de ses camarades avec un seul but: goûter toutes les préparations. «Ce qui me plaît dans la cuisine? C’est avant tout manger», répond spontanément l’adolescente. Elle se demande aussi, avec une petite frustration dans la voix, pourquoi ce projet n’existait pas quand elle était elle-même en unité d’accueil pour écolier (UAPE).
À terme, l’objectif est de pérenniser la fabrication maison de confitures. «On verra si l’exercice est reconduit de manière ponctuelle au cours de l’année ou de façon systématique. Dans ce cas de figure, le projet serait mené avec les classes de neuvième qui ont cours de 7h45
à 9h30», précise Angélique Bossey.

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