
La bibliothèque publique de la Veveyse, déjà habituée aux jeux de société, s’ouvre cette année aux jeux vidéo pour le Biblioweekend. | Bibliothèque publique de la Veveyse
«Jouons!» Cette année, le Biblioweekend se décline en mode ludique. L’événement national fédère les bibliothèques et invite le public à franchir leurs portes, le samedi 28 et le dimanche 29 mars, pour découvrir des activités inédites. À la bibliothèque publique de la Veveyse, les jeux vidéo feront leur grande entrée.
«Cet événement nous permet de proposer des activités autour des jeux sur consoles, qui ne sont pas encore disponibles dans nos rayons, et de diversifier notre offre culturelle», explique la responsable Marie-Astrid Leclercq.
Installée au premier étage du bâtiment Gamma du Cycle d’orientation à Châtel-Saint-Denis, la bibliothèque publique profite aussi de ces portes ouvertes pour se faire connaître au-delà du cadre scolaire, tout en séduisant son public principal: les adolescents du CO.
Apprentissage vidéoludique
Si le programme du samedi reste plutôt traditionnel, avec une matinée dévolue aux jeux de société, le dimanche après-midi est entièrement consacré aux pratiques vidéoludiques. Plusieurs animations, encadrées par l’Association Noetic, permettront aux participants de découvrir et de s’initier à cet univers. «Nous défendons une approche du jeu vidéo basée sur la curiosité et l’accompagnement, tout en sensibilisant les jeunes à certains points de vigilance», indique Kevin Sanders, éducateur social et responsable chez Noetic Academy Fribourg.
L’association est composée de joueurs assidus qui, devenus adultes, ont enrichi leur expérience par des connaissances théoriques et méthodologiques sur les jeux vidéo. Cette double expertise, à la fois pratique et académique, leur permet de guider les enfants et adolescents dans leur apprentissage. «Quand un jeune vient nous dire: <Je n’arrive pas à m’arrêter après une défaite>, nous pouvons comprendre ce sentiment et le conseiller d’une autre manière que leurs parents, moins familiers de cet univers», explique le trentenaire.
Pratiques à risque et équilibre
Un jeune qui s’isole, annule des rendez-vous ou perd tout intérêt pour d’autres activités peut montrer des signes de pratique à risque. À l’inverse, une pratique saine repose sur un équilibre de la semaine, où le jeu vidéo reste un privilège et s’intègre avec l’école, les relations sociales et les activités culturelles ou sportives. «Cette approche vaut également pour les réseaux sociaux», souligne Kevin Sanders.
Ce dernier observe que les parents s’interrogent souvent sur leur rôle éducatif. «Est-ce que je fais bien? Mon enfant se développe-t-il normalement?, résume-t-il. Ils cherchent avant tout des conseils et des outils pour encadrer le temps devant les écrans à la maison.»
Au lieu de se focaliser uniquement sur le temps d’écran, il vaut mieux s’interroger sur ce que le jeu apporte à l’enfant. «L’intérêt ne doit pas être de surveiller, mais de s’ouvrir à la pratique avec curiosité. C’est paradoxal, car si l’enfant pratiquait n’importe quelle autre activité, nous serions naturellement là pour l’accompagner et en discuter avec lui, afin de comprendre ce qu’il a vécu et partagé», constate Kevin Sanders.
L’importance du débriefing
Après une session de jeu, l’expert recommande d’échanger avec l’enfant. «Le débriefing est un outil très efficace, que ce soit pour gérer les émotions, aider à surmonter la frustration ou simplement revenir sur l’activité. Souvent, ce moment n’a pas lieu, faute de temps ou parce que l’attention se focalise trop sur le rappel aux règles», relève-t-il.
En habitué à la médiation culturelle en bibliothèque, l’animateur proposera dimanche 29 mars, en plus d’une table ronde, une session de jeux collaboratifs parents-enfants avec des jeux vidéo suisses peu connus, ce qui permettra une expérience inédite. «Nous avons prévu un petit jeu compétitif, <Retimed>, développé par l’entreprise Maniax à Zurich, afin d’observer comment se manifestent la toxicité et le fair-play», dévoile Kevin Sanders, qui rappelle que le jeu, au-delà de la simple distraction, aide l’enfant à réguler ses émotions et à développer des compétences précieuses.
Biblioweekend à la bibliothèque publique de la Veveyse, 28 et 29 mars. Entrée libre, certaines activités sur inscription à la bibliothèque.
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