Faute de local, la distribution des invendus alimentaires pourrait s’arrêter

Catherine, Sehrii, Patrick et Sara (de g. à dr.) font partie de la cinquantaine de bénévoles qui font vivre l’Association Anacare. 

Vevey
L’Association Anacare, qui écoule chaque année sur la Riviera 300 tonnes de nourriture, est à la recherche d’un site pour poursuivre ses activités.

«Ah, le voilà!» Il est 10h45, le camion vient d’arriver. Malgré le froid de ce dernier jeudi de mars, la poignée de volontaires se précipite pour décharger les dizaines de caisses de denrées et les amener à l’intérieur de la halle. Pour l’Association veveysanne Anacare, c’est un ballet qui se répète plusieurs fois par semaine. Et pour cause, c’est elle qui assure la réception, puis la distribution des invendus alimentaires sur la Riviera. Ces dernières ont lieu les lundi, mercredi et vendredi après-midi à Vevey, ainsi que le jeudi après-midi à Clarens. 

«Dans le canton de Vaud, nous sommes le principal point de distribution pour la Fondation Table Suisse, qui achemine ces aliments sauvés de la poubelle des grandes surfaces», expose Marie-Anna Carteron, membre du comité d’Anacare. «Chaque année sur la Riviera, nous écoulons 300 tonnes de nourriture à un total de 2’500 personnes inscrites, poursuit la Veveysanne. Il s’agit de personnes de tous âges et de toutes nationalités. Il y a des retraités, des jeunes, des étudiants, des familles suisses ou étrangères avec de nombreux enfants.» Des bénéficiaires dont le nombre, selon elle, ne cesse d’augmenter. 

Les cageots défilent, portés à bout de bras. Si la motivation se lit sur les visages des bénévoles, on perçoit aussi une pointe d’inquiétude. Et pour cause, hébergée depuis janvier à l’Église de La Passerelle, sur l’avenue de Gilamont, l’association pourrait bientôt se retrouver sans toit. «Notre contrat de sous-location va jusqu’en juin, précise Marie-Anna Carteron. Nous sommes à la recherche de nouveaux locaux, mais c’est compliqué.» 

Jusqu’à l’été passé, Anacare avait son quartier général à l’avenue Reller, dans l’ancien bâtiment Nestlé qui vient tout fraîchement d’être démoli. Elle s’est ensuite trouvé un abri durant quelques mois à la rue des Bosquets, avant d’atterrir à La Passerelle en début d’année. 

De l’énergie là, et pas ailleurs

Dans une conjoncture immobilière pas évidente, le comité se démène pour trouver un nouveau site. «Nous aimerions trouver une location stable et permanente. Idéalement une surface de 200 mètres carrés de plain-pied – ou avec monte-charges – équipée d’un point d’eau et d’électricité, détaille Marie-Anna Carteron. Un emplacement qui doit être facilement accessible en transports publics, et si possible à Vevey ou proches environs, car c’est là que se trouvent la plupart de nos bénéficiaires.»

La quête de ce nouvel écrin est une tâche énergivore. «Ça nous empêche de nous concentrer sur d’autres missions comme la recherche de fonds», souligne-t-elle. Un autre rude combat pour faire face aux factures d’électricité et aux loyers à payer. Et pour permettre, un jour peut-être, de doter l’association d’une personne salariée pour coordonner le tout. «Nous fonctionnons avec des bénévoles, mais on aurait besoin d’un poste à 80% au moins.» 

Qu’adviendra-t-il si Anacare ne se déniche pas un nouveau toit? «Nous n’aurons plus de lieu de distribution, répond la responsable sans détour. Ce qui signifierait la suspension de nos activités.» Une sombre perspective que ces bénévoles n’osent pas envisager. Et puis il y a encore du travail, ici dans la halle. Il faut trier, disposer, mettre au frais. Demain, des dizaines de bénéficiaires feront la queue pour remplir leurs cabas.