«Sans nous, la fête n’aurait pas la même saveur»

Grâce à ce petit véhicule électrique, le responsable de l’économat Nestor Knellwolf peut rapidement rallier les différents bars qui s’étalent sur les 2 km du site. | Y. Yemane

Montreux Jazz Festival
Ravitailler les différents bars: l’enjeu est énorme. Surtout avec la nouvelle configuration tout en extérieur cette année. Coup de projecteur sur l’économat, un secteur de l’ombre au cœur de la manifestation.

«Cette année, on part de zéro!» Car livrer un bâtiment sur sept étages, c’est une chose. Livrer des boissons sur un site qui se déploie sur deux kilomètres, c’en est une autre. «Tout ce qui concerne la boisson, c’est centralisé chez nous, résume le responsable de l’économat Nestor Knellwolf. C’est vrai que ça change beaucoup la donne! Les allers-retours s’effectuent sur une distance bien plus importante.» 

Pour cette édition spéciale hors-les-murs – la deuxième de Nestor Knellwolf à la tête de ce secteur logistique –, ce diplômé de l’École hôtelière lausannoise a déployé trucs et astuces pour que le grand ballet des livraisons soit bien huilé. Un travail amorcé en octobre dernier, déjà, ce qui montre bien l’ampleur des changements qu’il fallait anticiper au mieux.

«Nous sommes passés de 300 livraisons par jour au Centre de Congrès au double aujourd’hui. Rien que sur la scène du lac, il y a huit bars!» De la scène du Casino à la scène «El Mundo», à l’extrême opposé sur le quai de Vernex, les festivaliers peuvent s’abreuver à quelque 40 bars. Des lieux qu’il faut bien ravitailler.

Multiplier les vecteurs de livraison

Si quelques terrasses ont été déplacées de quelques mètres, l’entier du festival a été redessiné et redéployé sur les rives du lac. Une modification qui a radicalement changé l’organisation du département dévolu aux boissons et à la nourriture. Aujourd’hui, l’économat se trouve dans une cabane en bois à deux pas du lac, à proximité du débarcadère.

Après quelques jours de festival, les divers allers-retours se déroulent presque sans encombre. «On n’est jamais à l’abri de surprises!» La sonnerie de son téléphone retentit toutes les cinq minutes. «Encore une urgence?» Comme responsable, Nestor Knellwolf est un homme extrêmement sollicité. Interrompu tous les deux pas, l’humeur joviale et serviable du trentenaire fait rempart aux coups de stress qui rythment les journées. 

«L’an dernier, tout était encore concentré dans le sous-sol du 2m2c. Cette année, il a fallu construire des lieux pour stocker et garder au froid certains produits. Nous avons ainsi quatre containers froids qui sont répartis sur le site.»

Pour être le plus efficace possible, l’équipe de l’économat a démultiplié ses moyens de livraisons: transpalettes, transpalettes électriques et petite voiture également électrique. La diversité de locomotion vient en soutien à la cinquantaine de personnes dans leurs différents déplacements. «Il a fallu réfléchir à l’intégration au trafic, poursuit Nestor Knellwolf. Heureusement, la Grand-Rue est fermée de 17h à 1h, ça nous facilite la vie!»

Système D

Pour gagner en efficacité, il existe des chemins de traverse – qui resteront secrets – pour effectuer de petites livraisons. Mais parfois, si l’urgence le requiert, c’est la voie pédestre parmi les festivaliers qui est privilégiée. «Le 3e soir, nous avons dû faire un aller-retour <glaçons et champagne>. Un trajet sur les quais à séparer la foule… Quand faut y aller, tous les moyens sont bons!» À côté des paillettes, le système D. La magie de Montreux, c’est aussi ça. Petites mains de l’ombre, le travail de livraison est essentiel au bon fonctionnement de la manifestation. «Bosser dans les coulisses du Montreux Jazz, c’est à la fois valorisant et ingrat. Alors pour stimuler mon équipe, je leur dis que sans eux, la fête n’aurait pas la même saveur. Car sans bières et sans verres, l’ambiance ne serait pas la même.»