Suite et fin de la débâcle du Vibiscum Festival

La soirée hip hop «Carte blanche à Orelsan», le 8 juin 2023, sur la place du Marché de Vevey. Ce fut la deuxième et dernière édition du festival, annulé en 2024.  | O. Meylan – 24heures

Vevey
Criblée de dettes, la manifestation est déclarée en faillite. Place à l’Office des faillites désormais pour l’inventaire des actifs financiers de la fondation.

La fête est bel et bien finie. Après l’annulation de sa troisième édition, qui devait se tenir du 30 mai au 2 juin sur la place du Marché, la jeune manifestation est en faillite par décision du Tribunal de l’Est vaudois. Des dettes colossales, des créanciers en colère, des festivaliers en rogne et une liste de griefs aussi importante que l’ardoise laissée derrière la grand-messe musicale aux ambitions jugées démesurées par beaucoup.

Plusieurs prestataires, dont Avesco Rent, n’ont pas été payés. Pour se faire un ordre d’idée, cette entreprise active dans l’événementiel depuis plus de 20 ans réclame 150’000 francs à Vibiscum Festival. Son actuelle CEO, Cornelia Kuratli, préfère s’abstenir de tout commentaire, «beaucoup de choses (ayant) déjà été écrites sur cette affaire». 

Outre les prestataires privés, le festival doit aussi 120’000 francs à l’Association Sécurité Riviera (ASR) pour l’occupation de l’espace public veveysan. La part prépondérante de cette facture doit être rétrocédée à la Ville de Vevey, car il s’agit notamment du manque à gagner pour les places de stationnement. À noter que la Commune n’a pas renoncé à la perception de ce montant, soit quelque 42’000 francs.

«Énormes regrets»

Le tirage de prise était devenu inévitable en raison des multiples créances émanant d’artistes et d’entreprises, à la suite de l’annonce de l’annulation de la 3e édition. Contacté, le président du festival William von Stockalper précise qu’une grosse partie des dettes du festival concerne les cachets des artistes. 

Prochaine étape: la liquidation des actifs et la redistribution aux différents créanciers de la manifestation. Depuis cette déclaration de faillite, c’est aussi le soulagement pour William von Stockalper. «Bien sûr que c’est triste et que c’est douloureux pour beaucoup de personnes, et je suis le premier à mal vivre la situation. Mais c’est enfin une page qui se tourne, autant pour mes proches que pour moi-même. Nous en avons marre d’être harcelés.» 

Pour autant, celui qui est également président du club de football du Vevey-Sports laisse poindre une certaine amertume. «Ce sont aussi des énormes regrets, car il y avait la place de faire quelque chose…»

Entre les mains de la justice

Si la procédure a été si rapide, c’est que la requête émane de l’autorité de surveillance du festival. C’est ainsi sur sa demande de liquidation que s’est fondé le Tribunal de l’Est vaudois. «Ce n’est donc pas lié à une poursuite d’un créancier; cela explique la rapidité de la déclaration de faillite», confirme Jérôme Lagrive, substitut du préposé à l’Office des faillites de l’Est vaudois.

En pleine démarche d’inventaire des actifs de la fondation, ce dernier temporise. «La prochaine étape concernera l’appel aux créanciers et la détermination du montant qui pourra leur être reversé. Avec les délais de procédure, il n’y aura aucun chiffre articulé avant l’année prochaine.» 

Vevey reverra-t-elle un jour la couleur de son argent? Rien n’est moins sûr. Comme tout autre créancier du Vibiscum Festival, l’ASR attend les résultats de la procédure de recouvrement, et espère «une issue positive».