Un été des plus chauds pour les «feux bleus»

Patrick Follonier, Pierre Nicolau et Julien Décombaz.  | K. Di Matteo

Services de secours
Policiers, ambulanciers et pompiers n’ont pas été épargnés en ces temps de canicule, avec, notamment, trois fois plus d’incendies de forêt. La prévention reste le maître-mot.

Les chiffres de l’Établissement cantonal d’assurance au sujet des feux de forêt dans la région du Chablais vaudois sont sans appel. Les 7 interventions des pompiers du 1er janvier au 10 septembre 2025 ont bondi à 23 pour la même période de 2026. Tous types d’incidents confondus, Pierre Nicolau, responsable opérationnel du Service de défense incendie et de secours du Chablais, parle «d’environ 30% de hausse». «Habituellement, il y a des périodes creuses, mais pas cette année, c’est difficile à expliquer.» De là à faire le lien avec l’inhabituelle période de sécheresse, il n’y a qu’un pas. 

Policiers et ambulanciers constatent une tendance analogue, sans pouvoir la chiffrer précisément. Des représentants des trois services de secours de la région (au total, quelque 300 pompiers volontaires, 58 policiers et 34 ambulanciers) ont pu échanger sur le sujet avec le public samedi à Aigle, lors de la Journée des partenaires feux bleus de la région.

Pour expliquer la hausse, Julien Décombaz, responsable opérationnel du Centre de secours et d’urgence du Chablais et des Alpes vaudoises, avance le nombre élevé de manifestations et un changement d’attitude depuis le Covid. «Non pour charger les organisateurs, mais les rassemblements fréquents et le tourisme génèrent d’autant plus d’activité. Et depuis la pandémie, les gens ont tendance à rester davantage dans la région.»

Le message passe

En termes d’information, «il n’y a jamais eu autant de messages délivrés que cette année», note pour sa part Patrick Follonier, responsable opération de la Police du Chablais vaudois (EPOC). Et à entendre Pierre Nicolau, le résultat est là: «On a l’impression que les gens sont beaucoup plus attentifs à ce que font les autres, et le nombre d’appels est en hausse sensible.» 

Du reste, parmi les conseils de base, les trois hommes placent le même en numéro un: appeler dès que possible les 144, 117 ou 118, peu importe. «Les gens hésitent trop souvent, constate Julien Décombaz. Ils croient parfois, à tort, que la facture de l’intervention va leur parvenir, ou se disent qu’un autre va appeler.» Pierre Nicolau insiste: «Je préfère que cinq personnes le fassent plutôt qu’une seule, d’autant que dans la panique, certains raccrochent sans donner des informations cruciales, l’adresse par exemple!»

Expérience pour la suite

De leur côté, les services de secours s’adaptent: effectifs affectés différemment, renforcement de la collaboration avec les secours des zones voisines, boissons fraîches en suffisance pour les secouristes, plus grand accent mis sur leur santé compte tenu de la pénibilité accrue, etc. 

Est-ce à dire qu’on s’attend à ce que ce genre d’été devienne la norme? Les trois Chablaisiens ne peuvent l’affirmer, mais convergent sur le fait que «l’expérience de ces derniers mois servira pour l’avenir».

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