
Au 2m2c, des bâches extérieures ont dû être installées en urgence contre une grande partie du complexe, afin d’assurer son étanchéité. | P. Combremont
«C’est la Tour Eiffel de Montreux…», sourit sur les quais cet habitant, venu observer le chantier. À l’exception des ouvriers qui s’activent à barricader les échafaudages extérieurs, les travaux d’envergure semblent aujourd’hui à l’arrêt et le squelette des imposantes structures métalliques se trouve en effet presque à nu sur certaines parties du bâtiment. Et il faudra maintenant un certain temps avant que le géant ne retrouve ses parois vitrées.
Figurant parmi les entreprises engagées sur le chantier du 2m2c, la société de construction Progin, basée à Bulle et spécialisée dans ce type de façades, a été déclarée en faillite le 4 septembre par le Tribunal de commerce de la Gruyère. Le consortium comptait environ 160 emplois, parmi lesquels quelques-uns pour les travaux prévus à Montreux. Dans le sillage des négociations, une partie des employés a été reprise par l’entreprise Sottas, également impliquée dans le rénovation du Centre de Congrès.
Bâches posées en urgence
Qu’en est-il des ouvriers concernés? Et y a-t-il des conséquences directes sur le chantier? Le malaise est perceptible auprès des trois bureaux d’ingénieurs qui chapeautent l’ensemble, mais aussi au-dessus, au niveau du représentant du maître de l’ouvrage, ainsi que de ce dernier, le 2m2c. Personne ne souhaite répondre à nos sollicitations. À ce stade, c’est au niveau de la Ville que des éclaircissements sont apportés. Le municipal de l’urbanisme Caleb Walther gère cette situation d’urgence.
Cet événement survient alors que la phase d’études des façades vitrées était bouclée et que leur fourniture aurait dû commencer en octobre, nous apprend l’édile. Le prononcé de la faillite étant immédiat, l’entreprise a cessé ses activités du jour au lendemain. Premier problème: l’installation des façades «assure également la protection de l’intérieur». En urgence, il a donc dû être décidé de mettre en place des bâches extérieures contre une grande partie du complexe «pour assurer l’étanchéité».
Nouvelle entreprise sélectionnée
L’autre préoccupation soudaine a été de retrouver une autre société pour remplacer rapidement l’entreprise. «Nous avons aussitôt recontacté celles qui avaient participé à la soumission en les invitant à déposer un dossier. Il ne s’agit pas seulement d’avoir les compétences techniques pour le réaliser, mais aussi les disponibilités en temps et en personnel pour l’exécuter», précise Caleb Walther.
Selon le municipal, le mandat a ainsi été adjugé à la société de construction Morand. «La situation aurait pu être pire si Progin avait déjà commencé les travaux d’installation et arrêté en cours», poursuit Caleb Walther. L’entreprise peut ainsi faire une reprise d’études adaptée en fonction de ses propres compétences et paramètres. «Pour cette partie-là, oui, il y aura des retards. Pour le reste, il est encore trop tôt pour dire s’il y aura des conséquences. Mais le chantier est complexe et cela impliquera de le réorganiser et de le réagencer en profondeur. Il s’agira aussi d’analyser l’impact sur le calendrier et les finances.»
Montants avancés «récupérés»
Au niveau des montants justement, «la casse» a pu être limitée. «Dès que le manque de liquidités de Progin a été connu, nous avons cherché à voir ce qu’il était possible de faire», souligne Caleb Walther. D’après lui, l’ensemble des montants avancés pour études et pour la fabrication du verre a ainsi pu être récupéré. Soit 900’000 francs.
Des sous-traitants n’ayant pas été payés par Progin, il s’agira encore de déterminer ce qui devra être payé et par qui. À Bulle, un commissaire à la faillite a été nommé. «Nous sommes peu exposés sur cette partie», estime le municipal.
Dans le cadre de la procédure de soumission, des garanties financières avaient été demandées. Cela n’a toutefois pas suffi sur le long terme. Les suites de ce cas ne font ainsi que commencer. Au niveau communal, on apprend d’ailleurs que la Commission de gestion a été saisie.
