Une politique pour des loyers plus abordables

La Municipalité souhaite harmoniser et protéger l’accès à des logements abordables. De g. à dr.: Pascal Molliat, Gabriela Kämpf et Antoine Dormond devant une parcelle de cinq immeubles au boulevard Henri-Plumhof, rachetés à Crédit Suisse en 2022.  | N. Desarzens

Vevey
Les autorités soumettent un nouveau règlement au Conseil communal. Objectif: éviter la gentrification et l’augmentation des loyers.

À deux pas du Léman, face aux crêtes majestueuses des Alpes, Vevey bénéficie d’un cadre de vie agréable. Mais cette attractivité se paie: le marché immobilier est particulièrement tendu, et cette pénurie pousse les loyers à la hausse. 

Elle est d’ailleurs loin d’être la seule ville victime de ce phénomène. Pour lutter contre cette carence, le Canton de Vaud soutient la construction de nouveaux logements correspondant aux besoins de la population. Comment? Avec la loi sur la préservation et la promotion du parc locatif (LPPPL), entrée en vigueur il y a 5 ans.

Un texte sur lequel se basent les autorités veveysannes. «Cet outil puissant nous permet de garantir des loyers accessibles sur l’entier du territoire», abonde le municipal chargé des bâtiments et de la gérance Pascal Molliat.

Quota de loyers abordables

Au carrefour des politiques publiques de la Ville, ce préavis propose ainsi de réglementer l’attribution des logements d’utilité publique (LUP) sur l’entier de son territoire. Une mesure pour garantir de surcroît la mixité socio-économique de sa population, et éviter les spéculations immobilières exponentielles.

«Les quotas LUP ne s’appliquent pas avec le règlement de construction actuel, précise Antoine Dormond. Il s’agit ainsi d’appliquer un contingent dans les futures constructions.» L’organisation de la ville et de ses quartiers, c’est justement l’une des missions du service de l’édile écologiste. «De plus, une mesure incitative, sous la forme d’un bonus de droits à bâtir, est prévue si le maître d’ouvrage réalise plus de LUP que ce qu’exige le quota.»

Une manière d’harmoniser et de protéger l’accès à des logements abordables, puisque ce règlement va s’adresser aux propriétaires et aux gérances privées. «Cette mesure doit permettre aux personnes seules, plus particulièrement les jeunes et les seniors, de trouver des logements adaptés à leurs moyens, détaille la municipale chargée de la cohésion sociale Gabriela Kämpf. Un autre objectif est d’inciter à libérer les grands logements sous-occupés au bénéfice de familles.»

Priorité aux Veveysans

Si le Service de l’urbanisme est chargé de la planification territoriale, le Service de la cohésion sociale peut identifier les besoins et déployer des mesures sur deux axes pour garantir une diversité sociale dans tous les quartiers.

«Avec un règlement d’attribution à l’échelle du territoire et l’exigence de quotas de logements d’utilité publique dans les plans et règlements d’affectation, il est possible de répartir cette mixité dans toute la ville», estime Gabriela Kämpf. La priorité sera donnée aux habitants de Vevey. Pascal Molliat le confirme: «Les habitants de la commune auront la prévalence dans l’attribution de ces logements.» Reste à savoir si ce nouveau cadre réglementaire saura convaincre l’assemblée législative. Verdict le 27 mars, lors de la prochaine séance du Conseil communal.

Pression sur le marché immobilier veveysan

Le taux de vacance de Vevey reste faible, avec 0,7 % d’appartements libres en 2022.

Le parc de la ville est constitué de 10’737 logements, avec trois quarts de logements collectifs de 3 pièces et moins. Cette catégorie connaît proportionnellement la plus importante hausse de loyer lors de rénovation ou changement de locataires.

30 % des ménages veveysans occupent un logement trop grand par rapport à la taille de leur ménage.