Une station qui phosphore pour se réinventer

L’avenir des Mosses passe par le 4 saisons et de nouveaux investisseurs. Tous les acteurs s’accordent: le potentiel de la station est là.  Photo: F. Cella – 24 heures

Tourisme
L’ambition du 4 saisons, des projets en cours, un groupe de réflexion, mais aussi une offre en logements limitée et un hôtel phare aux enchères: au col, on se cherche un avenir clair.

«Je vous avais oubliée! Entrez avec plaisir et ne faites pas attention aux cartons, on est arrivés il y a à peine une semaine!» Fraîchement débarqués à la Pichette, nichée entre les vignes et le lac, Jean Grespan et Marie-Ange Barras commencent à investir leur nouveau foyer.

Le couple prend gentiment ses marques dans ce camping qui a ouvert ses portes vendredi dernier. «La météo mitigée nous a permis de prendre nos repères un peu plus sereinement. Mais les réservations s’enchaînent», détaille Jean Grespan, qui part répondre au téléphone. Entre appels et visites impromptues, il faut dire que le duo suscite la curiosité des résidents permanents de la Pichette. «Je venais simplement me présenter, bienvenue!», lâche avec enthousiasme une des résidentes sur le seuil de la porte.

«Nous nous sommes connus l’été dernier, reprend Jean Grespan. Je passais la saison estivale au lac de Taney comme cuisinier.» «Et moi je m’occupais de la Petite Auberge Baabuk, à quelques pas», complète Marie-Ange Barras. Une première rencontre qui débouche, quelques mois plus tard, sur la reprise en couple du camping de la Ville de Vevey.

Le choix du travail saisonnier

Horticulteur de formation, Jean Grespan a toujours eu le goût de l’évasion. «Du moment où j’ai commencé à travailler, j’ai toujours fonctionné par saisonnalité. Mon job n’était pas forcément ma passion, donc le voyage me permettait de faire des pauses.» Cela fait dix ans que le trentenaire occupe des postes de saisonniers, que ce soit dans un hôtel sur l’île espagnole de Tenerife ou derrière les fourneaux dans les Alpes valaisannes. C’est la première fois qu’il passe l’hiver en Suisse, «grâce à Marie-Ange».

Après la belle saison passée en altitude, Jean Grespan emménage chez son amoureuse à Vevey. Il tombe alors un peu par hasard sur une annonce de la Commune, à la recherche d’un repreneur pour son camping municipal. Il postule spontanément, sans trop y réfléchir. «Du moment où j’ai posé ma candidature, j’ai réalisé que c’était un projet qui me correspondait totalement, moi qui ai toujours rêvé de monter mon établissement de ce type.»

Dépassant un engagement à 100%, le poste convient mieux à un duo, afin de répartir le temps de travail. Le projet devient alors une perspective commune. Marie-Ange Barras va poursuivre son engagement comme monitrice d’art à l’école d’enseignement spécialisé d’Arcangier jusqu’aux vacances d’été. «Le choix de stopper ce travail que j’aime était difficile. Mais ce projet de couple fait totalement sens. Du moment où cette opportunité s’est présentée, tout s’est déroulé naturellement et facilement.»

Si l’instabilité du travail saisonnier la retenait, les conditions de la Pichette lui ont permis de faire le pas. «L’idée de devoir reprendre tout à zéro une fois le job terminé, que ce soit le logement ou le job, m’a longtemps empêchée de me lancer dans ce type d’engagement. Mais dans ce cas, nous avons un logement et un travail qui nous attendent à chaque début de saison. C’est une chance incroyable!» Même habitué par ce rythme de vie, Jean Grespan est aussi heureux de pouvoir compter sur cette nouvelle sécurité.

Une saison pour s’intégrer

Durant six mois, d’avril à fin septembre, le duo verra défiler les habitués et les touristes de passage. Une ribambelle de tentes, caravanes ou mobil-homes, installés sur les 23’000 m2 de la Pichette. Une saison «test» pour ce couple de trentenaires qui reprend le flambeau de Gérald Egg. L’ancien gérant n’est d’ailleurs pas bien loin. Il a élu domicile dans un mobil-home de ce camping qu’il a supervisé ces 30 dernières années.

«Quand on a des questions, on peut aller sonner directement chez lui, s’amuse Marie-Ange Barras. C’est rassurant de pouvoir compter sur son aide précieuse.» Nouveaux gardiens du lieu, ils n’ont aucune envie de révolutionner la politique du camping qui a fait sa réputation, à savoir aucune délimitation de parcelles, à l’exception des espaces dévolus aux résidents et aux saisonniers. «Cette première année va surtout nous permettre de prendre nos marques et de poursuivre sur la ligne établie par Gérald Egg.»

 

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