Vandalisée, l’église voit ses horaires restreints

 | P. Genet

Monthey
Victime de déprédations, l’édifice a vu ses horaires limités, le temps que soit installé un système de porte automatique.

C’est un lieu de prière qui ne peut plus, momentanément, accueillir tant qu’il le voudrait. Depuis une dizaine de jours, les paroissiens comme les visiteurs de passage de l’église de Monthey trouvent sur la porte un avis affichant des horaires restreints pour l’édifice réalisé par l’architecte montheysan Émile Vuilloud et consacré en 1855 sous le nom de Notre Dame de l’Immaculée Conception.

«En raison d’actes de vandalisme et dans l’attente de l’installation d’un système de fermeture automatique, la porte principale ne sera ouverte qu’aux horaires indiqués ci-dessous. Merci pour votre compréhension.» Suivent donc les horaires, de bureau en l’occurrence, à savoir de 8h30 à 17h en semaine – sauf les mercredis et vendredis, jours de messe, à partir de 7h45, le samedi de 9h à 18h30 et le dimanche de 9h à 17h.

«Ce n’est pas trop grave», tempère Nadine Paciotti, qui travaille au secrétariat des paroisses catholiques de Monthey-Choëx. Elle évoque deux personnes sans domicile fixe, connues des services de police. «Il ne s’agit pas de destructions majeures, ce n’est pas une bande qui vient pour démonter, mais le problème, c’est qu’ils fument, boivent, causent des déprédations et on ne peut pas les laisser, parce que s’ils mettent le feu, il n’y a plus d’église.»

« Cela fait mal au cœur »

En attendant l’installation d’un système automatique, les portes de l’église sont donc ouvertes le matin et fermées en fin d’après-midi par le personnel de la paroisse. Ce qui représente deux à trois heures d’ouverture quotidiennes en moins. «Malheureusement pour les gens, on est obligés de faire comme cela pour le moment, regrette Nadine Paciotti, qui nous répond en l’absence du curé Jérôme Hauswirth. Avant, c’était déjà fermé toutes les nuits, même s’il arrivait parfois que l’église reste ouverte. On sait que l’hiver, des gens ont pu rester dormir, parce que malheureusement il y a de plus en plus de gens sans domicile, qui dorment dans les voitures, et qu’il n’y a pas suffisamment de structures d’accueil pour ces personnes.»

La secrétaire déplore évidemment la situation. «Tant qu’il n’y a pas de déprédations, ça va, c’est toléré, c’est aussi le rôle des églises que d’être un lieu d’accueil, mais là, ça dépasse ce que l’on peut accepter. J’appelle des fois la Fondation Chez Paou (ndlr: structure d’accueil d’urgence à Chamoson, Saxon, Sion, Uvrier et Monthey), mais ils n’ont pas toujours de la place. Et on est malheureusement limités pour aider ces personnes; ça fait mal au cœur.»