Vers un « plan B » pour la Maison de la sécurité?

Regroupement sur la Riviera
Le vent serait-il défavorable à l’implantation de la future Maison de la sécurité à Montreux? À l’occasion d’une présentation de l’avancement du projet, devant le Conseil communal de Blonay, les responsables n’ont pas caché qu’il leur fallait garder une alternative sur un autre site.

Les policiers et les services de l’Association Sécurité Riviera (ASR) peuvent souffler un peu. Le bail des locaux qu’ils occupent à la rue du Lac, à Clarens, a été renouvelé. C’est ce qu’a indiqué Bernard Degex, président du Comité de direction et municipal à Blonay-Saint-Légier lors du Conseil communal de mardi dernier. Avec l’état actuel du bâtiment et le projet de la Maison de la sécurité en cours, l’inconnue régnait en effet sur la prolongation du contrat.
Souffler, c’est peut-être beaucoup dire. Comme l’a évoqué Frédéric Pilloud, le directeur de l’ASR, porter le gilet pare-balles et la tenue complète toute la journée dans des locaux non climatisés est difficile ces jours d’été. Le bâtiment n’apparaît en tout cas plus approprié à la situation. Quant au niveau carcéral, les normes ne sont plus adaptées. Ce n’est pas le seul immeuble des forces d’intervention vétuste. À Vevey, un échafaudage a été installé devant la façade de la caserne des pompiers, qui date des années 60, pour protéger
les piétons.
Dans ces conditions, le bail de Clarens offre un répit de courte durée. Selon Bernard Degex, il a été signé pour cinq ans. Le temps de progresser rapidement sur le projet d’établissement de la Maison de la sécurité, qui regrouperait les différents services d’intervention à «La Saussaz», proche de l’autoroute, à l’entrée de Montreux. Il est notamment soutenu par l’ECA, qui pourrait
y être associé et aussi avoir
des locaux.

À Saint-Légier ou Montreux
Mais une certaine part d’inquiétude semble également planer sur le site. Frédéric Pilloud a ainsi évoqué la nécessité de disposer d’une «alternative post Grand Prés», à la suite de la votation populaire intervenue à Montreux sur ce projet immobilier en juin 2023. Soit un «plan B» sur un ou deux autres emplacements potentiels.
Le premier, en raison de la proximité de l’autoroute, des temps d’intervention et de la surface nécessaire, soit environ 7’000 m2, se situerait sur des terrains au bas de Saint-Légier. Il s’agit d’une des variantes qui avait été «éliminée, puis repêchée», sur les huit emplacements possibles évalués dans la région à l’origine du projet. Au stade des réflexions, un autre second plan B visé se trouverait sur Montreux, a relevé le directeur de l’ASR, sans davantage de précision. Quant à la solution d’acheter un terrain, cette option n’a pas été retenue par la direction du projet, d’après Bernard Degex.
Syndic de Blonay-Saint-Légier, Alain Bovay se montre «un peu surpris» par la mention de ce «plan B». «Quand on pense à des terrains disponibles, on songe naturellement à Saint-Légier, puisqu’on sait qu’il y en a chez nous. Je comprends la préoccupation de l’ASR de trouver une solution le plus rapidement possible. Mais le projet de la Saussaz me semble actuellement rester la meilleure. La Municipalité n’a en tout cas pas été officiellement saisie ou n’a eu aucune discussion sur cette alternative.»