« L’éducation est la pierre angulaire de chaque enfant » Bastian Baker

Bastian Baker est devenu la première personnalité de Suisse romande à porter le titre d’ambassadeur du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).  | A. Bretscher

Engagement
Le chanteur d’origine villeneuvoise a été nommé ambassadeur de l’UNICEF Suisse et Liechtenstein fin mai. Une première pour la Suisse romande.

Il a vendu plus d’un million d’albums, donné plus de 2’000 concerts dans 50 pays sur des scènes prestigieuses et reçu de nombreux prix, dont sept Swiss Music Awards, trois Prix Walo et le MTV Europe Music Award. Mais l’auteur-compositeur-interprète Bastian Baker, né Bastien Kaltenbacher à Villeneuve en 1991, a été particulièrement ému au moment de se voir décerner, voici quelques jours à Zurich, le titre d’ambassadeur de l’UNICEF Suisse et Liechtenstein pour la Suisse romande. Une première pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance. Interview.


Bastian, à quoi devez-vous cette nomination? À quand remonte votre lien avec l’UNICEF?
– Il y a quelques années déjà, à l’occasion du 75e anniversaire de l’UNICEF, j’ai participé pour la première fois à une action où l’on pouvait acheter aux enchères un de mes showcases (ndlr: mini-concerts) en direct dans les studios de Rhône FM. C’est l’année dernière que l’on m’a demandé si j’étais intéressé à devenir ambassadeur d’UNICEF Suisse et Liechtenstein. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance cherchait un ambassadeur qui vienne de Suisse romande.
Quelle a été votre réaction en apprenant cette nomination?
– Très heureux, forcément, fier et honoré. Cela fait des années que je m’engage sur différents projets humanitaires, alors avoir la possibilité de travailler comme ambassadeur auprès de l’UNICEF, c’est merveilleux.
Comment cela va-t-il se traduire concrètement sur le terrain?
Quel sera votre rôle?
– Les enfants sont notre avenir et l’éducation est la pierre angulaire de chaque enfant pour qu’il ait une chance de bien vivre. C’est pourquoi le thème de l’éducation des enfants et des jeunes et de l’accès à l’éducation m’intéresse beaucoup. L’UNICEF effectue un travail important pour eux dans plus de 150 pays, particulièrement dans le domaine de l’éducation, mais aussi dans les aides d’urgence, la protection des enfants et la santé. Si ma présence permet de sensibiliser un large public au travail complexe de l’UNICEF, cela aidera l’organisation à se faire connaître et, donc, les enfants du monde qui ont besoin de soutien.
Comment jugez-vous l’action de cette organisation à la lumière des conflits qui embrasent la planète actuellement?
– Nous vivons une époque de conflits multidimensionnels qui durent de plus en plus longtemps et qui, associés aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles, rendent le monde moins sûr pour les enfants. Je pense que les grandes organisations comme l’UNICEF, qui fait partie de l’ONU, deviennent de plus en plus importantes dans ce contexte, parce qu’elles sont toujours sur place pour les enfants et les familles en détresse dans ces régions. Avant, pendant et après la crise, l’UNICEF est sur le terrain et améliore la vie des enfants. L’une de ses principales missions est de veiller à ce qu’ils puissent vivre dans un environnement protégé et sain. Et l’organisation ne renonce jamais à atteindre cet objectif. Je peux pleinement adhérer à ces valeurs, c’est pour cette raison que je suis devenu ambassadeur.
Revenons au volet artistique. Depuis le début de l’année, vous êtes de retour à des concerts plus traditionnels après des mois de tournée avec le cirque Knie. Comment avez-vous vécu les premières dates de ce «Solo Acoustic Tour»?
– Cela a tout d’abord été de longs mois de préparation. Je devais être certain de connaître l’intégralité de mon répertoire par cœur, vu que je propose une setlist (ndlr: liste des chansons interprétées durant un concert) «à la carte», pour pouvoir ensuite profiter sur scène. La première date aux Diablerets m’a fait l’effet d’une bombe émotionnelle, probablement l’un de mes meilleurs moments sur scène, un mélange d’émotions entre joie et nostalgie que je n’oublierai pas. Et depuis, je suis aux anges à chaque représentation.
Tourner seul à la guitare, c’est un retour aux sources pour vous?
– C’est comme ça que j’ai commencé, à écrire et à me produire, donc oui, on peut dire que c’est un retour aux sources. Même si la version acoustique du projet a toujours fait partie intégrante de mon identité. J’avais par exemple joué les 80 dates de la tournée mondiale avec Shania Twain en 2018 en solo. Je me sens libre et à l’aise ainsi.
Vous descendez de scène et vous n’avez plus vos musiciens autour de vous pour partager l’énergie de l’après-concert. Comment vous le vivez?
– Nous avons vécu des moments inoubliables pendant dix ans avec mon groupe. Nous avons atteint des sommets ensemble et mes musiciens ont toujours été un soutien important. Ils ne sont pas là sur cette tournée, mais je suis néanmoins toujours très bien accompagné, ma famille et mes amis sont là pour moi. Et puis j’aime le calme d’après concert. J’aime prendre un bon repas, tranquille, dans les loges.
A contrario, que gardez-vous de l’expérience de troupe avec le cirque Knie?
– Le cirque Knie a changé ma vision du divertissement en Suisse. C’est une famille fantastique et je me considère comme le plus chanceux des artistes d’avoir pu les accompagner pendant deux saisons. J’ai grandi et suis devenu un artiste plus complet grâce à eux. Ce n’est pas sur toutes les tournées qu’on peut s’amuser à faire du cheval en pleine représentation!
Vous n’avez que 33 ans, mais déjà une riche carrière derrière vous.
Comment fait-on pour durer dans ce métier? Avez-vous une recette anti-lassitude?
– Le public et l’amour de la scène me portent. Il y a des hauts et des bas, comme pour tout un chacun. Mais je suis conscient d’avoir le plus beau métier du monde. Quelle joie de permettre aux gens de s’évader de la réalité le temps de quelques heures…
Vous vous imaginez après 40-50 ans de carrière en Bruce Springsteen, enflammant encore les scènes durant des concerts de 3 heures?
– C’est mon rêve, en fait.
De quel(le) artiste vous sentez-vous le plus proche aujourd’hui? Quels sont les parcours artistiques, les carrières de référence pour vous ?
– J’ai un lien très spécial avec Shania Twain, qui m’accompagne depuis des années comme une deuxième mère, une confidente, et qui a toujours les réponses les plus sages à mes interrogations. Sa carrière fait office de référence pour moi. Et puis, en Suisse, il y a également Noah Veraguth, le chanteur du groupe Pegasus. Nous avons commencé notre carrière à peu près en même temps et plus les années passent, plus elles nous rapprochent; nous partageons la même mélancolie des débuts.
Vivre de sa musique, c’est encore possible aujourd’hui?
– Bien sûr. Mais c’est un métier difficile, avec beaucoup d’appelés et peu d’élus. Il faut vouloir travailler comme un forcené également. Il n’y a pas de week-end ou de vacances. Mais en même temps, c’est un métier de passionné. Durant toutes ces années, je n’ai jamais eu l’impression de travailler.
Quels conseils donneriez-vous au Bastien de 2012, qui arrive sur les ondes avec le morceau «Lucky»?
– Aucun. Je referais tout à l’identique, chaque décision que j’ai prise semblait la meilleure au moment de la prendre.
Que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre carrière?
– La santé!
Quels liens gardez-vous avec Villeneuve et la région qui vous a vu grandir?
– Elle reste ma région préférée au monde! J’y passe le plus clair de mon temps lorsque je ne suis pas en voyage. Je réalise à chaque instant la chance que j’ai eu de grandir dans cet environnement paradisiaque.

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