
Le premier marché-brocante des Mosses n’a pas bénéficié d’une météo clémente ce dimanche. Il n’en reste pas moins l’animation numéro un de la station à la belle saison. | F. Cella – 24 heures
«Je me plais ici. C’est comme si je partais en vacances de juin à septembre.» Bien à l’abri derrière son stand de «bric-à-brac», Capucine fait parfaitement abstraction de la pluie qui tombe en ce marché-brocante initial de la «belle» saison, le premier des seize prévus d’ici à septembre. «J’ai même vendu des faux lys kitch», s’amuse-t-elle. Malgré l’ambiance frisquette et de très rares visiteurs, celle qui déballe ses objets depuis 1997 au col fait partie des quelques commerçants qui n’ont pas bâché avant midi.
Juste en face, Ruth a déballé une partie de ses porcelaines et céramiques. La Valaisanne, qui entame sa deuxième saison, a aussi décidé de faire la nique à la météo. «C’est le premier jour, on ne va pas partir tout de suite. Et puis j’ai des super voisins: Pompon, Franz, Rose-Marie et Colette. En temps normal, c’est une centaine de stands qui s’alignent.»
André Bruguier, du Bouveret, fait partie des vieux de la vieille et compte parmi le tiers de marchands qui prennent systématiquement l’abonnement de saison. Il a tout de même décidé de plier bagage vers midi vu la maigre affluence.
«Là, je me suis mis n’importe où vu qu’il y a peu de monde, précise-t-il en chargeant sa voiture, mais sinon je suis en face du bar le Cosmos.» Un lieu stratégique, la récompense de la fidélité. «Pis je peux y manger une assiette à midi en gardant un œil sur mon stand.»
Concept redynamisé
Cet état d’esprit positif se retrouve un peu partout. Malgré des ventes de produits bien-être qui se comptent sur les doigts d’une main, Admir Likai y voit malgré tout un bon signe: «Ça promet pour les dimanches ensoleillés. Vous avez vu le cadre? C’est blindé ces jours-là», se réjouit le Montheysan, présent aux Mosses pour la première fois.
En effet, «le marché-brocante, c’est entre 80 et 120 stands au plus fort de la saison», selon son responsable Jonathan Kemmat. «C’est l’incontournable, une animation qui remplit la destination un jour par semaine. Sur une bonne journée, c’est jusqu’à 1’000 personnes qui s’y pressent, parmi lesquelles des randonneurs.»
D’où l’idée de stands alimentaires depuis l’an dernier, l’une des nouveautés que la Société de développement, organisatrice, a prévues pour «redynamiser» le concept. Le seul sourire et la bonne humeur chantante d’Ahmid, le maraîcher, valent un petit stop.
«Nous avons aussi mis en place un programme d’animations gratuites, notamment pour les enfants, et nous valorisons des savoir-faire locaux», reprend Jonathan Kemmat.
Alors certes, le pari de lancer cette année la saison deux semaines plus tôt s’est heurté à l’humeur maussade du ciel, mais il dénote la volonté de développer l’atout «quatre saisons» numéro un de la station.
Les précipitations n’ont d’ailleurs pas dissuadé Marcel et Karine Andrey de venir depuis le Nord vaudois. «La météo avait dit qu’il ne pleuvrait qu’à partir de midi… Mais on vient avant tout pour se ressourcer. Du coup, on va aller boire un verre.»
L’épicentre d’Olive
Cap, donc, sur la buvette, d’où proviennent de grands éclats de rire et des odeurs de raclette de circonstance. Sous le couvert de la Yourte d’Olive, la syndique Gretel Ginier sirote un verre de blanc en se faisant chambrer par l’un de ses concitoyens, tout heureux de lui montrer sa dernière caricature. À midi, toutes les tables sont prises.
Derrière le comptoir, Olivier Dancla change de demi-meule sous le réchaud. «L’Olive», c’est lui. Ici, on respire l’ambiance générale d’un marché des Mosses dans toute sa splendeur. «Le plus haut du canton, à 1’448 mètres», ajoute-t-il.
Dans la clameur des discussions, l’ancien boulanger du village, placeur des commerçants le matin et homme à tout faire, enchaîne: «Ici, on est dans l’épicentre du marché. On peut compter sur un noyau dur de bénévoles. Ils ne sont pas compliqués à motiver, faut croire que l’ambiance est bonne!» On se réjouit de découvrir celle des jours où le soleil aura décidé de se pointer.
