«Je me suis sentie soutenue par mes collègues municipaux»

Elise Kaiser a repris son poste début septembre après un traitement de trois mois. La municipale boélande est responsable des dicastères de l’urbanisme et des travaux publics.  |  J. Espi

La Tour-de-Peilz
Après son traitement pour un cancer du col de l’utérus, la municipale est de retour à son poste. Elle se confie sans fard sur son absence d’un collège déjà réduit.

Elise Kaiser, comment allez-vous? 

– Dans l’ensemble, ça va plutôt bien. J’étais contente de reprendre le travail début septembre. Mon traitement est terminé. Il a duré trois mois, comme prévu. Je vais passer de nouveaux examens ce mois-ci, mais pour l’instant la situation est encourageante.

Vous avez été très transparente concernant votre cancer. Avez-vous reçu des réactions à ce sujet ces derniers mois? 

– Oui, c’était assez impressionnant… J’ai reçu des messages de partout, de personnes de tous horizons politiques, d’amis ou de collègues. Cela m’a beaucoup touchée.

Votre décision d’annoncer votre traitement et votre cancer du col de l’utérus rappelle la démarche de la conseillère d’État Nuria Gorrite… 

– J’ai trouvé très courageux qu’elle mette cette thématique sur le devant de la scène. Le cancer touche énormément de monde. Cela permet de mettre un visage dessus, alors qu’on ne la connaît pas forcément bien. Mon cancer est spécifique, il ne touche que trois ou quatre femmes en Suisse chaque année. J’espère encourager les personnes à se rendre chez le médecin dès qu’elles constatent quelque chose d’anormal chez elles.

Le silence au sujet de la maladie, c’est aussi un moyen de conserver un statut lorsqu’on a une fonction politique? 

– Oui, mais cela peut être une force de montrer sa vulnérabilité. Certaines personnes ont évoqué le secret médical, d’autres se sont demandé si je l’annonçais de mon plein gré… C’est bien le cas. Il s’est passé deux semaines entre mon diagnostic et mon arrêt de travail, c’est peu. J’ai aussi voulu éviter des questions quant à ma santé.

A-t-il été question pour vous de ne pas arrêter de travailler?

– Cette possibilité m’a effleurée, mais je l’ai très vite écartée au vu des soutiens que j’ai reçus dans mes deux milieux professionnels (ndlr: Elise Kaiser est également conseillère en environnement). Cela a été une bonne décision, car être soignée, c’est un job à 100%. Je devais notamment me rendre tous les jours au CHUV. Quand on est malade, tout prend plus de temps également, de par la fatigue, et les soins en marge de la chimiothérapie et de la radiothérapie. 

Votre collègue Alain Grangier est absent depuis des mois, comment vous êtes-vous sentie de «laisser» cette Municipalité à trois membres? 

– J’étais assez confiante et je me suis sentie soutenue par mes collègues municipaux. Le fait que mon traitement se déroulait durant l’été m’a aussi aidée. Pour le collège municipal, des suppléances sont prévues. J’étais suppléante d’Alain Grangier et vice versa… La syndique Sandra Pasquier a repris son dicastère, Vincent Bonvin a repris le mien, tandis que Jean-Pierre Schwab s’est occupé de l’économie à la place de la syndique. 

Mais entre les heures supplémentaires et les absences ne faudrait-il pas augmenter les effectifs pour la Municipalité de La Tour-de-Peilz?

– La rémunération des membres de la Municipalité est un sujet sensible… Nos pourcentages sont fixes, ils ne peuvent pas être modifiés. Officiellement, je suis à 50%, mais je travaille entre 60 et 80%. C’est pareil dans le cas où nous devons suppléer des collègues.

Mais on ne peut s’empêcher de penser qu’à sept membres, comme cela est le cas à Vevey depuis 2021, il serait plus facile d’absorber le travail des municipaux absents.  

– Il y a également eu des discussions à ce sujet. Un postulat proposant de passer à sept membres a été rejeté cette année. Il a été jugé qu’une telle organisation n’était pas pertinente pour La Tour-de-Peilz. Il aurait fallu diviser certains services communaux, réduire les pourcentages des municipaux et embaucher du personnel supplémentaire. Ce n’était pas forcément pertinent pour notre Commune.