
Le commandant du SDIS Riviera Jean-Marc Pittet (à g.) et Nicolas Luyet, commandant des pompiers d’entreprise de Merck, ici au siège de l’ECA à Lausanne. | ECA
«Il y a quelque temps, nous sommes intervenus pour un ascenseur bloqué. Sur les cinq pompiers dépêchés sur place, trois venaient de chez Merck.» Pour le commandant du SDIS Riviera Jean-Marc Pittet, la formule a déjà fait ses preuves au cours des huit derniers mois.
Depuis le 1er juillet 2024, une convention inédite lie en effet l’Association Sécurité Riviera (ASR), le campus de Merck à Corsier-sur-Vevey et l’Établissement cantonal d’assurance (ECA). Un partenariat rendu public la semaine dernière.
Le principe? Permettre à des salariés de Merck – déjà pompiers volontaires sur leur lieu de travail – de rejoindre les rangs du SDIS Riviera durant leurs heures de bureau, soit du lundi au vendredi de 8h à 17h. Sur la vingtaine de ces soldats d’entreprise que compte la firme, cinq ont désormais cette double casquette. Ou plutôt, ce double casque.
Car le SDIS Riviera a beau totaliser quelque 200 volontaires, seule une cinquantaine d’entre eux sont mobilisables en semaine durant la journée. «Les autres ne peuvent tout simplement pas se libérer en raison de leurs activités professionnelles, ce qui fait qu’à ces moments, nos effectifs sont parfois ric-rac», explique Jean-Marc Pittet.
Direction Jongny ou Saint-Légier
En discussion depuis 2022 déjà, ce partenariat avec la multinationale allemande prévoit qu’en cas d’alarme, les cinq collaborateurs puissent, au besoin, quitter le campus de Fenil pour rejoindre les casernes de Jongny ou de Saint-Légier à l’aide d’une camionnette laissée à disposition par le SDIS. «Idéalement, nous aimerions augmenter ce contingent à une dizaine de volontaires», précise le commandant.
Également à la clé de ce partenariat, des échanges de savoir-faire et de connaissances. «Ces pompiers d’entreprises peuvent participer aux formations du SDIS, tout comme nous profiterons de cette proximité pour mieux connaître le site de Merck et les risques propres aux produits chimiques.»
Ristourne sur la prime d’assurance
En contrepartie – et c’est là que l’ECA entre en jeu – le géant pharmaceutique bénéficie d’une diminution de sa facture. «Il s’agit d’une réduction de prime, laquelle concerne uniquement le volet mobilier», précise Florian Cuche, inspecteur cantonal au sein de l’Établissement d’assurance. «Nous fournissons également la tenue feu de ces intervenants et les pagers permettant de les mobiliser.»
Cette convention tripartite est totalement inédite en terres vaudoises. «Il y avait déjà des partenariats entre certains SDIS et des entreprises, à l’image de Bobst, mais c’est la première fois qu’une collaboration va si loin», relève l’inspecteur, qui évoque déjà d’autres pistes ailleurs dans le canton. «Le site de Merck à Aubonne pourrait potentiellement être intéressé.»
Pour Florian Cuche, ce modèle est surtout applicable aux grandes sociétés possédant leurs pompiers d’entreprises, soit une vingtaine dans le canton. Selon lui, cette convention vient compléter le label «Employeur partenaire», décerné depuis 2022 aux entreprises qui emploient des sapeurs-pompiers volontaires.
C’est la proportion de sapeurs-pompiers du SDIS Riviera mobilisables durant les heures de bureau.
